Il Barbiere di Siviglia

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Il Barbiere di Siviglia, opera buffa en deux actes de Gioachino Rossini, livret de Cesare Sterbini, direction musicale de Marco Armiliato, avec l’orchestre et le chœur de l’Opéra de Vienne-Wiener Staatsoper

 

Créé à Rome en 1816, l’œuvre fut un four… avant de triompher bien vite sur toutes les scènes du monde. Apparu en Italie, au début du XVIII ème siècle, l’opera buffa tire ses sources de la commedia dell’arte et du réalisme comique du siècle précédent. Plus modeste que l’opera seria par ses moyens et son univers d’élection, bourgeois ou populaire, le genre donne un état brut de la vie quotidienne, avec une musique légère et dans un style enjoué et désinvolte.
  Gioachnino Rossini innove pourtant: la virtuosité musicale et chantée de cet opera buffa le rapproche, avec un bel équilibre, du genre noble de l’opera-seria : le Barbier de Séville possède en effet un rythme  éblouissant qui dépasse celui de toute parole, aussi vive soit-elle. Le livret s’inspire de la comédie de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais. Avec une trame burlesque qui s’amuse traditionnellement des poncifs: par exemple, des barbons qui veulent épouser les jeunes filles dont ils sont les tuteurs, tandis qu’enfermées, elles se pâment d’amour depuis leur balcon, pour des jeunes gens juste entrevus dans la rue, ou des nobles un peu sots qu’aident avec bonheur, des valets intéressés, habiles et facétieux.
Comme le fameux Figaro, ancien valet du comte Almaviva, l’amoureux de la belle qu’il se propose de seconder à nouveau, même s’il est barbier travaillant maintenant à son compte. Le jeune maître lui fait miroiter une bourse pleine d’or, et le tour est joué : Figaro n’aura de cesse de prendre grand plaisir à cette aventure, et de déguiser encore le jeune comte en autant de personnages extravagants et burlesques, dont un soldat et un maître de musique inédit…
 Le public de l’époque venait à l’opera buffa pour se divertir, comme ici. Avec des interprètes prêts à en découdre et sûrs de leur effet : Marco Caria en Figaro, baryton respectable et joyeux drille attachant. Et la voix de basse de Basilio (Ryan Speedo Green) comme celle de Paolo Rumetz, en barbon et docteur Bartolo, provoquent les applaudissements.
  Le ténor Pavel Kolgatine et Elena Maximova incarnent le comte Almaviva  et Rosina  son amoureuse,  avec délicatesse. Le domestique de Bartolo Ambrogio est joué, en silence et de façon burlesque, par le clown et mime Florian Tomaschitz.
  Le docteur Bartolo possède une magnifique demeure sévillane, un peu passée et désuète, avec balcons, jalousies, grilles en fer forgé et petits volets comme dans nos rêves enfantins,  villégiature d’antan dont on admire les pièces au rez-de-chaussée et aux étages.
  Une soirée réussie: cet Il Barbiere de Seviglia a fait franchement rire un public admiratif.

Véronique Hotte

Opéra de Vienne, (Autriche) le 3 mars.

 

 


Archive pour 5 mars, 2016

Il Barbiere di Siviglia

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Il Barbiere di Siviglia, opera buffa en deux actes de Gioachino Rossini, livret de Cesare Sterbini, direction musicale de Marco Armiliato, avec l’orchestre et le chœur de l’Opéra de Vienne-Wiener Staatsoper

 

Créé à Rome en 1816, l’œuvre fut un four… avant de triompher bien vite sur toutes les scènes du monde. Apparu en Italie, au début du XVIII ème siècle, l’opera buffa tire ses sources de la commedia dell’arte et du réalisme comique du siècle précédent. Plus modeste que l’opera seria par ses moyens et son univers d’élection, bourgeois ou populaire, le genre donne un état brut de la vie quotidienne, avec une musique légère et dans un style enjoué et désinvolte.
  Gioachnino Rossini innove pourtant: la virtuosité musicale et chantée de cet opera buffa le rapproche, avec un bel équilibre, du genre noble de l’opera-seria : le Barbier de Séville possède en effet un rythme  éblouissant qui dépasse celui de toute parole, aussi vive soit-elle. Le livret s’inspire de la comédie de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais. Avec une trame burlesque qui s’amuse traditionnellement des poncifs: par exemple, des barbons qui veulent épouser les jeunes filles dont ils sont les tuteurs, tandis qu’enfermées, elles se pâment d’amour depuis leur balcon, pour des jeunes gens juste entrevus dans la rue, ou des nobles un peu sots qu’aident avec bonheur, des valets intéressés, habiles et facétieux.
Comme le fameux Figaro, ancien valet du comte Almaviva, l’amoureux de la belle qu’il se propose de seconder à nouveau, même s’il est barbier travaillant maintenant à son compte. Le jeune maître lui fait miroiter une bourse pleine d’or, et le tour est joué : Figaro n’aura de cesse de prendre grand plaisir à cette aventure, et de déguiser encore le jeune comte en autant de personnages extravagants et burlesques, dont un soldat et un maître de musique inédit…
 Le public de l’époque venait à l’opera buffa pour se divertir, comme ici. Avec des interprètes prêts à en découdre et sûrs de leur effet : Marco Caria en Figaro, baryton respectable et joyeux drille attachant. Et la voix de basse de Basilio (Ryan Speedo Green) comme celle de Paolo Rumetz, en barbon et docteur Bartolo, provoquent les applaudissements.
  Le ténor Pavel Kolgatine et Elena Maximova incarnent le comte Almaviva  et Rosina  son amoureuse,  avec délicatesse. Le domestique de Bartolo Ambrogio est joué, en silence et de façon burlesque, par le clown et mime Florian Tomaschitz.
  Le docteur Bartolo possède une magnifique demeure sévillane, un peu passée et désuète, avec balcons, jalousies, grilles en fer forgé et petits volets comme dans nos rêves enfantins,  villégiature d’antan dont on admire les pièces au rez-de-chaussée et aux étages.
  Une soirée réussie: cet Il Barbiere de Seviglia a fait franchement rire un public admiratif.

Véronique Hotte

Opéra de Vienne, (Autriche) le 3 mars.

 

 

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