Les Trocks

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Les Trocks

 En quelque quarante ans d’existence, les Ballets Trockadero de Monte-Carlo, devenus Les Trocks, célèbre troupe de travestis basée à New York, n’ont cessé de parcourir la planète : du Japon qui les adore, à l’Europe où ils reviennent chaque année,  avec plus de 3.000 représentations dans plus de  six cent villes !
 A quoi tient un tel engouement ? Sans doute à un  parfait cocktail de professionnalisme et d’humour. Avec d’excellents interprètes capables de parodier les chefs-d’œuvre du ballet classique, sans pour autant les dénaturer. Leur répertoire comprend aussi Cafe of experience  de Pina Bausch, Lamentation of Jane Eyre de Martha Graham, Pattern in Space, de Merce Cunningham…
Mais ce sont surtout les codes et le vocabulaire du ballet académique qui se prêtent à un exercice parodique. Voir les Trocks, tous solidement musclés mais aux allures de diva avec de longs cils et la bouche en cœur, danser en tutu et sur des pointes,provoque bien sûr, le sourire, chose peu fréquente dans le monde chorégraphique actuel.

Mais cela n’empêche pas une impeccable réalisation de manèges, pirouettes, fouettés et autres figures difficiles,  et provoque vite l’admiration. Le directeur des Trocks, Tory Dobrin, lui-même ancien danseur de la compagnie de 1980 à 1990, veille au respect des règles classiques.
Ainsi, p
our Le Lac des cygnes, Giselle ou Don Quichotte, chaque entrée d’une pièce au répertoire est assurée par des artistes, russes le plus souvent, qui l’ont dansée et qui la transmettent au plus près de l’original. Et, après avoir complètement intégré pas et enchaînements, les danseurs y ajoutent leurs facéties, souvent trouvées au hasard des événements. Pour Paquita par exemple, que Marius Petipa avait créé en 1847 et qui leur a été enseigné par une interprète du Bolchoi dans le respect du style académique, un des danseurs est tombé lors d’une répétition, et sa chute entraîna celle de toute la ligne de ses camarades qui se sont écroulés l’un après l’autre comme un château de cartes, déclenchant ainsi le rire! Bien entendu, le gag fut conservé.
Dans ce programme, il y a, à la fois des moments qui ont fait la réputation des Trocks, comme le fameux acte II du Lac des cygnes, et d’autres plus récents, mais jamais présentés en France, comme cet extrait de Paquita.
Avant même le lever du rideau, la bonne humeur s’installe grâce à un artiste au fort accent russe (la tradition du ballet reste l’apanage de la Russie pour le grand public!) qui indique la distribution: Maria Paranova, Olga Suppozova et autres divas aux noms fantaisistes que portent ici de vraies étoiles d’aujourd’hui
Aujourd’hui, où la mode est à une sérieuse déconstruction des codes du spectacle, celui qui se contente de s’en divertir, s’expose à la critique des esprits chagrins qui lui reprochent d’être futile.
Mais Les Trocks, avec leur virtuosité et leur esprit ludique, amènent à la danse un public qui ne s’y serait peut-être jamais intéressé autrement. Bref, le territoire de l’art chorégraphique est assez vaste pour inclure l’original, sa déconstruction… mais aussi sa parodie.

 Sonia Schoonejans

 Spectacle vu à la Maison de la Danse à Lyon

 

 


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