Objet principal du voyage, chorégraphie d’Herman Diephuis

Objet principal du voyage, chorégraphie d’Herman Diephuis

 

Le Tarmac, scène francophone à Paris, invite des équipes artistiques composites à unir leurs talents pour ces Traversée africaines, avec des spectacle de danse et de théâtre.* Le chorégraphie néerlandais, aujourd’hui installé en France, dit être «tombé artistiquement amoureux de ces jeunes danseurs burkinabé» auprès  desquels il mène des formations depuis 2010 à Ouagadougou : «Une révélation pour moi, tant sur le plan artistique qu’humain».
 Le titre, emprunté aux formulaires de demande de visa, donne la tonalité du spectacle : la rencontre entre deux univers, celui d’un Européen confronté à l’imaginaire africain. Loin de  danses traditionnelles revisitées,  Herman Diephuis coule son style contemporain dans les corps de ses quatre interprètes qui, tout de noir vêtus, se meuvent d’abord avec lenteur sur le jazz tendre et les drums de Max Roach, entrelaçant leurs gestes dans une douce intimité.
 L’un chute, les autres le relèvent. Les corps sont confiants : danseuses et danseurs forment un quatuor harmonieux. Puis  une querelle éclate, l’unité se brise, le groupe s’éparpille en duos et solos… Les blues de Memphis Minnie et Big Mama Thornton donnent lieu à des développements mélancoliques, où les artistes expriment physiquement leur solitude ou leurs rêveries amoureuses.
La discorde prend des allures guerrières avec les hymnes entremêlés du Burkina Faso, des Etats-Unis et de la France. Un désir violent parfois s’empare des danseurs qui se déchaînent au rythme du rock and roll, en solos, duos et trios… Mais bientôt les corps enfiévrés s’apaiseront.
Cette pièce pure et dépouillée se déploie avec une évidence simple. Sans fioritures, sans effets, par petites touches. Avec une économie qui maîtrise l’énergie émanant des artistes. L’argumentaire du ballet  évoque  les dernières émeutes au Burkina Faso, rapidement éteintes.« Je suis très fier des Burkinabé qui ont pris en main leur destin, sans violence, et avec détermination, dit le chorégraphe. Et le mouvement de contestation qui a commencé autour du rappeur Smockey, rejoint ensuite par de nombreux artistes, montre l’importance qu’ils ont dans ces sociétés. Ce qui est arrivé au Burkina, montre à quel point il faut continuer à  réaliser et à financer des projets culturels. » 

(À suivre…)

 Mireille Davidovici

 Traversées africaines se poursuivent jusqu’au 16 avril au Tarmac à Paris

 


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