Ils se marièrent et eurent beaucoup

Ils se marièrent et eurent beaucoup de Philippe Dorin, mise en scène de Sylviane Fortuny, version bilingue franco-russe

 

ils-se-marierent-et-eurent-01-frank-berglund-792x520Les enfants, d’abord surpris d’entendre les comédiens parler russe, s’habituent très vite à ces sonorités étranges pour eux, d’autant que deux acteurs français leur font écho et se fondent dans la troupe du Théâtre Dourova de Moscou. Plus surprenante encore, la structure du spectacle : «Mes histoires ne commencent pas forcément par le début, et ne finissent pas par la fin, avertit l’auteur. Il faut prendre les choses comme elles viennent, une petite histoire se construira. »
Les pièces de Philippe Dorin ne se racontent pas, elles se vivent comme un rêve, et l’ordre bouleversé des scènes ne déroute pas le  jeune public. Ils se marièrent et eurent beaucoup se déroule comme La Ronde d’Arthur Schnitzler. Dans une suite de petits marivaudages où les couples se font et se défont : de la rencontre à la rupture, et aux retrouvailles, mais dans le désordre…
  Cœurs volages, baisers volés, et disputes vite oubliées. Un jeune homme pleure sa fiancée partie à l’autre bout du monde, une jeune fille passe par là et l’embrasse. Dépité, mais non moins séduit, il l’envoie rendre ce baiser à son aimée. Elle obéit, mais d’autres prétendants s’annoncent…
La pièce, montée en Russie en 2013, vient sur les scènes françaises, plus chorale qu’à l’origine:  quatre comédiens quand Sylviane Fortuny l’a créée en 2004 et huit à présent.  Comme dans une salle de bal aux chaises disposées de part et d’autre du plateau, et sous les belles lumières de Jean Huleu,  les courts tableaux colorés se succèdent sans interruption. Une légèreté poétique règne ici et les paroles ne portent pas à conséquence: on joue avec les mots et les situations…

Les comédiens moscovites, très physiques, s’emparent avec gourmandise de cette comédie acidulée et lui apportent leurs chants et la sonorité de leur langue qui persiste quand ils passent au français.Pour le plus grand plaisir des enfants (à partir de dix ans) et des adultes.

 Mireille Davidovici

 Théâtre des Abbesses, jusqu’au 3 avril.

 

 


Archive pour 31 mars, 2016

Africa de Peter Verhelst et Oscar Van Rompay

Africa  de Peter Verhelst et Oscar Van Rompay, mise en scène de Peter Verhelst

 

Africa-sans-contoursOscar Van Rompay mène une double vie : acteur  à NTGent, théâtre de Gand, il gère aussi une plantation d’eucalyptus au Kenya. Il est donc d’ici et là-bas. Dans un monologue autobiographique, il retrace la tentative désespérée d’un homme blanc pour se fondre dans la vie africaine  et y trouver sa place sans se perdre lui-même. Peter Verhelst, auteur et metteur en scène, compose, avec les mots du comédien, un diptyque contrasté. Le portrait d’un être clivé. « Il y a deux Oscars : l’Oscar en Belgique, l’Oscar au Kenya. »
Sur le plateau, un petit coin d’Afrique : latérite, végétation luxuriante, bande-son avec éclats de voix et rumeurs sourdes… Dans la pénombre, nu comme un ver, le comédien s’asperge de peinture noire et se glisse dans la peau d’un Africain. Sous ce masque, il se coule dans la langue swahili, mêlée de pidgin  et adopte les gestes et le petit nègre des Kenyans, quitte à frôler la caricature.
Peu à peu, la négritude l’emporte : il «danse pour n’être plus qu’un corps», jusqu’à la transe, puis rampe comme un animal  sur le sol «rouge sang», avant de s’enfoncer au cœur des ténèbres pour ne faire qu’un avec la terre et la nuit,  «une des ces nuits terriblement noires où on peut être assassiné ».

  Sculpté par les lumières rasantes signées Denis Diels, le corps, souillé de poussière et luisant de sueur, il est comme transfiguré, statue possédée par les esprits sauvages. Rien qu’une illusion dans le clair-obscur et la touffeur de l’air… Le texte, poétique, un peu ressassant, évoque la rivière, les collines, les vastes paysages,  et l’acteur  a un jeu d’une grande virtuosité. Nous partons avec lui dans ce simulacre violent et fascinant, mais quelque peu agacés par les clichés qu’il véhicule.
Mais il suffira d’une douche, prise devant le public pour que l’artifice et le malaise se dissipent. L’acteur sort alors de la figure qu’il a fabriquée, et devient un petit Belge banal qui, campé à l’avant-scène, raconte son arrivée au Kenya, en 2001, à dix huit ans, et ses premières impressions de jeune Blanc, son installation progressive dans le pays,  le «plaisir du jeu et de la bagatelle» des femmes.

Le récit, simple, sincère, factuel et  posé, tranche avec la première partie et en lève l’ambigüité, explicitant l’impossibilité de combler le fossé des différences : «Le rêve s’amenuise chaque jour.»  Mais, la surprise passée, le spectacle perd un peu en tension dramatique, et le texte, en vigueur.
Oscar Van Rompay livre son combat avec un engagement corporel radical : une belle performance, exacerbée par la mise en scène et portée par la fiction, fût-elle comme ici, autofiction. Il se métamorphose en nègre fantasmé, puis se mue en Oscar, acteur de son propre personnage.

Le spectacle nous renvoie violemment à notre propre impuissance à approcher,  à comprendre l’Africain, et l’autre en général, et à ce qu’il y a de factice à vouloir se mettre dans la peau de l’autre.
Rien ne peut  guérir de «la maladie incurable, le rêve incurable d’être au cœur noir de l’Afrique, ce lieu qu’on n’atteindra jamais. » Le complexe de l’homme blanc et sa culpabilité participent de cette démarche : « Je me sens ridiculement petit et blanc, avoue Oscar. »

 Mireille Davidovici

Le Tarmac, à Paris,  dans le cadre des Traversées africaines jusqu’au 2 avril et Théâtre de Liège du 19 au 23 avril.
Prochains rendez-vous des Traversées africaines : Rupture, chorégraphie de Simon Abbé, les 7 et 8 avril. Machin la Hernie de Sony Labou Tansi,mise en scène de Jean-Pierre Delore, avec Dieudonné Niangouna du 13 au 16 avril.

Les Français, d’après A la Recherche du temps perdu

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Les Français, d’après A la Recherche du temps perdu de Marcel Proust, adaptation de Krysztof  Warlikowski et Piotr Grusczynski, mise en scène de Krysztof Warlikowski

 Rien à voir avec le pauvre Phèdre(s) créé il y a deux semaines à L’Odéon (voir Le Théâtre du Blog): le spectacle participe d’une autre intelligence théâtrale, d’une autre efficacité aussi, même et surtout sans vedette. Avec sept moments-clés du roman-culte, Un amour de Swann, La Prisonnière, Sodome et Gomorhe, Le Temps retrouvé, etc. , et une galerie de personnages  comme entre autres: le Narrateur, alter ego de Marcel Proust qui a une liaison avec Albertine qu’il soupçonne d’homosexualité.
Lui-même fait l’objet d’une véritable fascination du Baron de Charlus qui n’arrivera pas à le séduire.  Oriane, mariée avec Blaise de Guermantes qui la trompe  souvent, a une longue liaison avec Charles Swann, Dreyfusard donc exclu des salons et autre alter ego de Marcel Proust. Gilbert de Guermantes, aristocrate, époux de Marie de Guermantes, bi-sexuel, antisémite conservateur est l’amant du violoniste Morel.
Ruiné après la mort de Marie, il épousera Madame Verdurin,  deux fois veuve. Robert de Saint-Loup, neveu préféré d’Oriane, officier, ami du narrateur, et amant de l’actrice juive Rachel qui épousera Gilberte, la fille de Swann e d’Odette de Crécy ; homosexuel, il devient l’amant de Morel mais meurt à la guerre   Le Baron de Charlus, apparenté aussi à la famille des Guermantes, veuf d’une cinquantaine d’années, décrit comme intelligent, homosexuel, misogyne et antisémite. Il devient aussi l’amant de Morel mais il échouera dans une maison de passes, créée et financée pour lui par Jupien. Odette de Crécy, actrice de boulevard mais aussi prostituée de luxe. Après s’être séparée de son mari, elle épousera Swann, dont elle a une fille Gilberte. Après la mort de Swann,  elle se marie avec un aristocrate ruiné, le comte de Forcheville. Une seconde fois veuve, elle sera l’amante de Blaise de Guermantes. Charles Swann, autre alter ego de Marcel Proust, juif « assimilé « et riche amateur d’art, par ailleurs amant d’Oriane. Albertine Simonet, une jeune fille, grand amour de Marcel et l’amie de Madame de Vinteuil, lesbienne  et amatrice de scandales, mourra dans un accident de cheval, (un suicide ?) peu après sa séparation avec le Narrateur.
Elle a eu une liaison avec Sidonie Verdurin, très riche bourgeoise qui tient un salon où elle y invite de jeunes artistes; veuve-son mari meurt à la guerre-elle épousera le duc de Duras, ruiné. Veuve à nouveau, elle se remariera avec le duc Gilbert de Guermantes, veuf lui aussi, mais ruiné. Comme le dit finement Piotr Grusczynski : «Impossible de traduire le roman en langage de théâtre. Par la force des choses, l’auteur de toute adaptation doit se mesurer à cette impossibilité.»

En fait, il y a trois thèmes dans ce spectacle que Krysztof  Warlikowski a superbement maîtrisés : l’antisémitisme, avec l’affaire Dreyfus qui coupa la France en deux et dont l’évocation qui fait encore froid dans le dos, revient ici en boucle: “Au nom du peuple français,ce jour, le 22 décembre 1894, le premier Conseil de guerre du Gouvernement militaire de Paris, (…)  déclare ce qui suit : le dénommé Dreyfus Alfred, capitaine breveté au 14e régiment d’artillerie, est coupable d’avoir livré à une puissance étrangère à Paris des documents secrets intéressant la défense nationale…”  149181-les-francais-_-tal-bitton_16 Second thème majeur: les relations amoureuses avec des phrases devenues cultes comme dans La Prisonnière : « On n’aime que ce en quoi on poursuit quelque chose d’inaccessible, on n’aime que ce qu’on ne possède pas » et sexuelles, qui parcourent tout le roman, avec ses jalousies, ruptures, mariages, remariages, prostitution, liaisons… et qui tiennent ici une place capitale. Avec aussi, en particulier, le leitmotiv de l’homosexualité masculine (avec une figure comme celle du Baron de Charlus) mais aussi féminine, thème encore rarement abordé en littérature, et que Marcel Proust observe de près.  Et enfin et surtout  le plus important de ces trois thèmes: la prise de conscience du temps, et l’incapacité pour nous tous à saisir le présent. Et où de très petits événements font surgir le passé à n’importe quel instant… Découverte formidable et Marcel Proust fera son miel de ses incursions dans la société de son époque. Ne reste donc, ni présent vite évaporé, ni futur inconnu, mais le seul passé, parent proche de la mort qui donne son unité à toute vie humaine, et obsession permanente chez lui.

Dans cette galerie de personnages, c’est même un dénominateur commun, et on ne compte plus les morts dues à la vieillesse, à la maladie, à un accident et encore à la guerre, voire aux suicides… «Cet homme-là, dit encore Piotr Grusczynski, voit les faux-semblants tapis sous la surface de la vie. Il voit la décomposition de la vie des corps, des relations et de la société. Il voit que les hommes et les nations sont des morts-vivants ».

Le spectacle tout entier dit cela de façon brillante et participe aussi en filigrane  d’une sorte d’aventure personnelle vécue dans un monde que Marcel Proust, l’ancien enfant à la santé approximative à cause de la guerre  (celle de 1870) savait comme lui des plus fragiles.
Mort en 1922, il aura connu celle de 14-18, avec ses cortèges de veuves mais il aura au moins eu le bonheur de ne pas voir la seconde guerre mondiale, alors qu’elle a frappé de plein fouet toute la Pologne et la famille de Krysztof Warlikowski. D’une guerre à l’autre, encore un point commun avec Marcel Proust: « Allemande, ma ville natale, Szczecin, est devenue polonaise après la guerre, dit-il. Donc une ville déroutée, nouvelle, sans traditions. Une ville où il y avait un grand brassage entre tous ces gens qui étaient, soit des Polonais envoyés pour « poloniser » la ville, soit des réfugiés : juifs, paysans venus de l’extrême Est, Africains (…) « J’étais une sorte d’enfant des rues, qui jouait au milieu des bunkers. Mes parents, mon père catholique et ma mère juive assimilée, n’avaient aucune tradition particulière à me transmettre. »

Comme dans A La Recherche du temps perdu,  Krysztof Warlikowski a construit sa mise en scène de façon musicale et poétique, sans souci d’une intrigue  théâtrale. Les personnages cités plus hauts, n’en finissent pas de se raconter, de réfléchir sur l’amour et la jalousie, l’art, la perception du monde, la mémoire des lieux et des êtres. Souvent assis, en position frontale, magnifiquement joués par ces acteurs polonais habillés en costumes actuels, et tout de suite crédibles dès qu’ils entrent sur le plateau où il y a juste l’essentiel: à cour, un canapé-banquette rétractable dans un mur couvert de miroirs, et à jardin, une sorte de galerie en verre, elle aussi rétractable, métaphore évidente des salons que fréquentait l’auteur, et à connotation sexuelle. Et en fond de scène, un bar chargé de verres et de bouteilles, d’une dizaine de mètres de longueur, copie conforme de ceux peints par Edward Hooper. Avec, au-dessus, un grand écran.La réussite du spectacle doit beaucoup à cette remarquable scénographie signée comme d’habitude Małgorzata Szczęśniak qui a aussi conçu les costumes.

Nous n’avons pas d’autre choix que de suivre le sur-titrage en français, et pourtant, miracle théâtral, le texte est passionnant. Mieux même: on « entend » la phrase de Marcel Proust, même sans doute quelque peu modifiée: “Tu comprends, dit Swann à Odette, je ne dis pas que si tu vas à l’Opéra, je cesserai de t’aimer immédiatement. Non, bien entendu, mais tu te rendras moins séduisante à mes yeux quand je comprendrai que tu n’es rien, que tu es au-dessous de toutes les choses, incapable de te placer au-dessus d’aucune! Évidemment j’aurais mieux aimé te demander de renoncer à Une nuit de Cléopâtre (puisque tu m’obliges à me souiller les lèvres de ce nom abject) dans l’espoir que tu irais cependant. Mais, décidé à tirer des conséquences de ta réponse, j’ai trouvé plus loyal de t’en prévenir. »

Au chapitre des réserves : des images vidéo avec le visage de personnages en gros plan comme partout (mais heureusement moins que celui d’Isabelle Huppert dans son Phèdre!)  avec  aussi des baisers entre humains, du même et de l’autre sexe, ou des accouplements d’hippocampes et des épanouissements de fleurs : tout cela, assez pléonastique et répété à l’infini, ne fait pas vraiment sens et aurait pu être évité.   Côté texte, le metteur en scène prévient avec honnêteté : c’est une adaptation, donc limitée aux seuls épisodes mondains du roman: ce que certains lui ont reproché mais comment faire!

Mais il maîtrise superbement l’outil théâtral: direction d’acteurs, scénographie, costumes et accessoires, musique (Jan Dszynski et Pavel Mykietin), lumière (Felice Ross), toujours très soignés, et il a pris grand soin de construire une dramaturgie où il met le focus sur les points essentiels de cette saga de personnages bien vivants  mais cosncients d’être si près de disparaître. Avec une remarquable fin où dans Le Temps retrouvé, ils ont tous là mais bien vieillis. Incarnés par ses acteurs polonais toujours étonnants de vérité, en particulier, Jacek Poniedzialek (Charlus), Maja Ostatzewska (Odette de Crécy).

Il y a quelques possibles difficultés pour qui ne connaît pas bien l’univers d’A la recherche du temps perdu, et le metteur en scène aurait pu nous épargner un inutile discours mal écrit et cinglant sur les différents peuples d’Europe mais curieusement, pas sur les Polonais, et assez convenu, et dont on voit mal ce qu’il vient faire là. Comme à la fin, quelques vers de la Phèdre de Racine qui, décidément, semble fasciner Krysztof  Warlikowski.   Bon, à part cela, quel spectacle! Même long: quatre heures et demi avec deux entractes! Donc mieux vaut ne pas y aller fatigué mais on vous le garantit: passionnante à plus d’un titre cette revisitation de Marcel Proust. Et auquel le public tarbais a fait une véritable ovation.

Ne le ratez surtout pas, quand il viendra à Chaillot, à la rentrée.

Philippe du Vignal

Spectacle vu au Parvis de Tarbes le 23 mars.

Et, sept mois après, qu’en est-il de la reprise de ce spectacle à Chaillot? D’abord, à cause d’une alerte à la bombe, une comédienne est arrivée en retard, ce qui a sans doute stressé les acteurs; du coup, le début était, disons, un peu laborieux! Puis, dans la première partie, les choses se sont vite mises en place avec les mêmes  fulgurances, avec la même façon brillante de recréer cette galerie de personnages proustiens, grâce au très grand professionnalisme des acteurs polonais.

Après le premier entracte, il y a eu quelques baisses de régime, comme si les comédiens semblaient moins à l’aise qu’à Tarbes, comme s’ils avaient un peu de mal à prendre leurs marques dans l’espace de ce grand plateau. Et visiblement Krysztof  Warlikowski  a aussi modifié quelques moments de sa somptueuse mise en scène. Mais les choses devraient vite se remettre en place.
Après le second entracte, la dernière partie, sans doute à cause de la fatigue du public que l’on sentait moins réceptif mais aussi des comédiens, était nettement moins efficace, et accusait ses défauts initiaux, notamment l’extrait de Phèdre qui nous a semblé interminable.

Et aux saluts, Krysztof  Warlikowski, sans doute lucide quant aux défauts de cette reprise, paraissait contrarié. Donc à voir quand même bien sûr, mais allez-y en bonne forme, et surtout pas après une dure journée de travail… la mode est aux spectacles longs, voire très longs. Mais le théâtre doit rester un plaisir. Ce qu’oublient trop souvent les metteurs en scène, même inspirés!

Ph. du V.

Théâtre National de Chaillot, Place du Trocadéro, Paris XVIème, jusqu’au 25 novembre.

 

 

 

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