La vie bien qu’elle soit courte de Stanislas Stratiev

La vie bien qu’elle soit courte de Stanislas Stratiev, mise en scène de Sophie Accard

AStanislas Stratiev, dramaturge et scénariste bulgare (1941-2000), connu dans son pays pour ses pièces et ses films, a aussi été joué dans toute l’Europe, la Russie, la Turquie et les Etats-Unis. Il a jusqu’à sa mort été directeur littéraire du Théâtre satirique de Sofia.
La vie bien qu’elle soit courte (1986) a reçu le premier prix du festival de Théâtre International de Maubeuge en 1990.
  On attend Stilianov, un architecte qui doit donner son agrément à une série d’immeubles, décision indispensable avant la livraison des appartements. Mais  décide de marquer ce jour d’une pierre blanche: il a pris conscience que tous ces immeubles-d’une laideur confondante-ne rendent service ni à l’architecture ni aux locataires.
Stilianov se rend compte qu’il fait partie de l’intelligentsia molle qui règne sur la ville ;  de toutes les premières au théâtre ou à l’Opéra, il  peut  discourir sur la vie culturelle de la cité.
 Oui, mais… il donne son agrément à ces architectures sans âme dans des périphéries inhospitalières. Il décide donc de ne plus le faire, quand elles dénaturent la ville !
Prenant  ses jambes à son cou, il court alors avec courage vers les immeubles où il est attendu, pour accomplir son acte de bravoure. En chemin, il doit sauter par dessus les flaques qui jonchent le sol défoncé. Et le malheureux Stilianov va en perdre le bouton de son pantalon et se retrouve donc condamné à le tenir des deux mains, de peur de se retrouver dans une situation plus qu’embarrassante, et indigne du grand architecte qu’il est.
Sans attendre, il se lance dans une tentative de réparation et va sonner aux portes pour  glaner une épingle à nourrice ou, mieux, du fil et un bouton.  Il pensait régler l’affaire au plus vite mais se trouve confronté à la méfiance, et au refus des habitants de ces immeubles qu’il a pourtant dessiné pour eux.
  Stilianov se croira sauvé en découvrant un atelier de couture   mais le personnel lui en fera voir de toutes les couleurs dans une spirale infernale qui manquera de le rendre fou.
On pense bien sûr, à l’œuvre de Franz Kafka, tant l’absurde est présent dans cette écriture, efficace, toute  en abyme….
  Il s’agit d’une version plus légère de la pièce qu’a choisi la comédienne et metteuse en scène Sophie Accard : «Bien sûr, dit-elle, à la première lecture, on pourrait croire qu’il nous dépeint seulement un monde inerte, échoué, où toute action serait vouée à l’échec. Cette première impression ne résiste pas à un examen plus attentif du texte. La Vie bien qu’elle soit courte n’est, à mes yeux ni un pamphlet politique ni un drame individuel mais le récit d’un rêve grandeur nature ».
   Blandine Vieillot a conçu une scénographie efficace, avec tubulures, fenêtre et grillages qui permet de créer des décors différents avec un minimum de manipulations et quelques éclairages.
  Avec un bon rythme, et quelques trouvailles dont un petit théâtre d’ombres qui illustre élégamment l’épisode de la perte du pantalon, la mise en scène, pleine d’humour, force un peu le trait (jeu parfois outré avec perruques et accessoires.) Ce qui fait un peu perdre au texte de sa coloration absurde. Dommage…
   Léonard Prain incarne un Stilianov assez magnétique, Sophie Accard et Tchavdar Pentchev jouent les autres personnages dans cette même tonalité, soutenus par la musique pop du groupe français Cascadeur.
Mais malgré ces réserves, une occasion de découvrir un auteur bulgare intéressant,  un choix audacieux pour la jeune compagnie C’est pas du jeu.

 Julien Barsan

Théâtre du Lucernaire, rue Notre-Dame des Champs, Paris (6ème) jusqu’au 7 mai, du mardi au vendredi à 19h. T. 01 45 44 57 34.

 

 


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