Postérieurs (le futur n’existe pas, mais des futurs insistent)

Festival Étrange cargo à la Ménagerie de verre à Paris :

Postérieurs (le futur n’existe pas, mais des futurs insistent) chorégraphie et mise en scène de Pauline Simon

 g_Menagerie16EtrangeCargo02bSimonOn l’aura compris avec ce titre qui joue la distance, mi-factieux, mi- jargonneux, cette nouvelle création construite sur le principe du temps qui se mord la queue, et truffée de références mythologiques et philosophiques, propose d’explorer le futur sous un angle nouveau, «comme caché dans notre dos, niché dans un angle mort», «un espace suspendu entre mythe et anticipation, où le temps est un martèlement ». Soit.
Sur le plateau nu d’un espace au plafond écrasant, sont ainsi convoqués des corps-matières échassiers en bretelles et fuseaux noirs, une femme barbue un peu Daft Punk, chevelure longue dépassant d’une visière opaque et un chœur qui cligne des yeux et lorgne en direction d’un chant de l’opéra chinois Dieu travaille.

  Dans un monde blanc post-apocalytique, entrées et sorties se multiplient, et, ici ou là, apparaissent un dauphin en plastique gonflé à l’hélium, un bébé-sac éventré, des résurgences de danse-contact et de batterie que la chorégraphe affectionne, un haka-flamenco… L’ensemble très référencé (trop) et l’ironie omniprésente provoquent quelques rires mais gênent une véritable adhésion à «l’objet».
Scène significative et pertinente : la conférencière donne à voir le fameux «sentiment océanique» de Romain Rolland, ce lien fort au grand tout pouvant être envisagé comme une expérience mystique, mais aussi, plus prosaïquement comme une sensation simple et extrême d’harmonie avec la nature. Avec un commentaire de tableaux chorégraphiques illustratifs tout à fait exquis : «On peut s’abîmer longtemps dans la contemplation d’un paysage de cette vigueur. »
Les spectateurs jubilent du décalage entre image et discours : la mer et la falaise, la niña et el nino, ainsi que l’ex-voto représentant Janus concentrent toute la grâce et le grotesque assumés du projet. On retrouve ainsi avec plaisir les recherches sur la médiation, la fausse traduction-drôlatique et poétique du sur-titrage de l’histoire d’un enfant qui s’appelle Kinder.. Des percussions, une dernière sarabande à l’instabilité intéressante, en ombres chinoises, et c’est tout.
Pas aussi audacieux et cohérent que Sérendipité, ce futur-là n’est guère lisible. Un peu fumeux comme une boule de cristal.

 Stéphanie Ruffier

Spectacle vu à la Ménagerie de verre à Paris le 6 avril.

 


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