La Cosa de Claudio Stellato

La Cosa de Claudio Stellato

Dès l’entrée, un odeur de bois frais parfume l’air ambiant. On s’installe de part et d’autre d’un carré pour découvrir de curieuses installations réalisées avec 1.600 bûches soit quatre stères !
Face à une belle arche, quelques bûches savamment empilées d’où dépasse une tête rappellent Ô les beaux jours du grand Samuel Beckett. De l’autre côté, un homme est couché, le ventre couvert de bois ; un autre repose sur des bûches alignées à la verticale. Dans un coin, on devine un comédien dissimulé sous un amoncellement de bois dont il s’extrait lentement jusqu’à ce que la construction s’écroule.
 Le spectacle repose sur le principe du jenga, jeu qui consiste à bâtir une tour avec des rectangles de bois, puis à les retirer un à un, retardant au maximum le moment ou tout tombe. A ce traitement seront soumises la grande arche et les bûches verticales qui supportent le comédien. Dans un deuxième temps, l’action s’accélère, les quatre performeurs entassent frénétiquement des bûches produisant une mélodie aléatoire, semblable aux carillons de bois creux. Ils bâtissent, en la gravissant,  une  pyramide de plus en plus haute.
Après une course effrénée autour de l’édifice, ils se jettent dessus, allant jusqu’à y balancer leurs partenaires pour gagner en vitesse! Puis, munis de haches, ils s’attaquent aux souches les plus grosses. Heureusement, le plateau du théâtre de la Cité Internationale est renforcé ! Dans leur folie, ils lancent les haches  qui se plantent dans le bois! Enfin arrive un tronc horizontal sur lequel la danse des lames produira là encore une belle musique et des gerbes de copeaux jailliront jusqu’aux premiers rangs : image saisissante.
Tendu, le public tremble pour eux jusqu’à la fin : poids du bois, échardes, glissades dans la sciure, chutes de bûches, le danger est partout! Et parfois l’un d’eux se coupe et saigne. Une belle poésie et de superbes images, parfois un peu absurdes, se dégagent de cet univers de brutes, dans une rencontre absolue avec cette matière noble, qui sert à nous chauffer, et à fabriquer nos meubles…
Les artistes ne se sont pas lancés à corps perdu dans ce spectacle,  élaboré en trois ans, à partir des sculptures éphémères exposées par Claudio Stellato : «Quand les trois autres interprètes sont arrivés, le travail a encore évolué. Nous avons gardé l’idée de construction/destruction mais nous y avons ajouté l’idée que tout devait se faire dans une coopération constante. Nous avons travaillé sur la douceur, le plus longtemps possible. La Cosa est sans  doute un spectacle un peu «bourrin» mais il a gardé un lexique très particulier, de sa traversée de la douceur. »
 L’étonnement va crescendo et le public, bien qu’assez proche, reste toujours en confiance. Bravo à Claudio Stellato, Julian Blight, Mathieu Delangle et Valentin Pythoud pour leur engagement total, sans compter leur talent, leurs sourires, et la part d’improvisation (et donc d’imprévu) inhérente à ce genre de performance. Ils tiennent leurs personnages comme ils tiennent le public en haleine durant cette petite heure.  On en sort lessivé !

Julien Barsan

Spectacle vu au Théâtre de la Cité Internationale

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