Valentina-Tchernobyl

Valentina-Tchernobyl d’après La Supplication de Svetlana Alexeievitch, mise en scène de Laure Roussel

 

  valentinaCe solo, “librement inspiré » de l’œuvre du Prix Nobel de Littérature 2016, raconte l’histoire d’une jeune femme et de son mari, victime des radiations atomiques après avoir travaillé  sur les lignes électriques de cette ville désormais martyre après l’explosion en 1986 d’un réacteur de sa centrale nucléaire.
Elle voit se dégrader de jour en jour le corps de celui qu’elle continue, bien sûr, à aimer. Les infirmières lui ont montré comment le nourrir avec de la nourriture moulinée qu’elle fait descendre au moyen d’un entonnoir dans un tube qui remplace son larynx détruit par les métastases qui ont commencé à à envahir son corps! L’écrivaine russe dit très bien l’immense solitude de cette jeune femme confrontée à la souffrance au quotidien de son homme, le seul de son équipe à être encore du monde des vivants. Cela fait froid dans le dos!
  Coralie Emilion-Languille est juste, précise et raconte cette histoire sans pathos, avec une grande sobriété. On sort de là encore plus persuadé que nous aussi nous allons avoir aussi notre Tchernobyl, malgré les grandes déclarations il y a quelque quarante ans de Valéry Giscard d’Estaing qui avait poussé au tout nucléaire en France.. En 1976, la construction du super-générateur nucléaire avait été décidée comme la Compagnie générale des matières nucléaires, (COGEMA) et l’Institut de protection et de sûreté nucléaire (I.P.S.N.). Et on l’a oublié: cette stratégie du tout nucléaire est soutenue par les ingénieurs des grandes écoles, et par l’ensemble de la classe politique, y compris le Parti communiste qui y voient la création massive d’emplois, et par la C.G.T, à qui E.D.F. qui reverse 1% de son chiffre, approuvent le plan. Comme les régions qui profitent de la taxe professionnelle…
Mais  en 1974, 400 chercheurs dénoncent de façon très lucide le manque de transparence, les risques de fuites dans les centrales, ce que nie le gouvernement, et le problème,  insoluble des déchets…Bien vu!
La catastrophe de Fukushima seule rendit les gens plus lucides en particulier le P.S. et Martine Aubry. En attendant, les écrans plasma inondent de plus en plus le métro, les pharmacies et les galeries commerciales; les lumières des vitrines restent éclairées la nuit, comme les lampadaires de tout petits villages qui ne voient passer personne au-delà de 21heures, les magazines épais en couleurs et les quotidiens gratuits se multiplient, et les terrasses de café à l’air libre,  à deux pas du théâtre de la Manufacture des Abbesses sont chauffées par de puissantes plaques électriques!
Ce spectacle arrive à point nommé comme une terrible mais efficace piqûre de rappel. Merci Laure Roussel. Chez nous, quel sera notre Tchernobyl?  Les paris sont ouverts. Même si ce gouvernement comme les autres ne semble pas vraiment se préoccuper de cette inflation de dépense énergétique!

Philippe du Vignal

 

Manufacture des Abbesses,  7 rue Véron 75018 Paris. Métro Abbesses ou Blanche.
 

 


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