Les quatre-vingt-dix ans de la Martha Graham Dance Compagnie

Les quatre-vingt-dix ans de la Martha Graham Dance Compagnie

Martha grahamPour fêter un tel anniversaire, rare pour une compagnie  née au XX ème siècle, ses dix-sept danseurs et danseuses, rejoints par Aurélie Dupont pour le gala de clôture, ont présenté, en quatre soirées, quinze chorégraphies de 1914 jusqu’à aujourd’hui. Un véritable florilège ! Au début de chaque représentation, introduite par Janet Eilber, la directrice artistique, un diaporama résumait les quatre-vingt-dix ans de la compagnie en quatre-vingt-dix secondes…
  Le programme de la deuxième soirée, homogène, mettait en valeur le talent des artistes. Les costumes et la chorégraphie d’Appalachian Spring de Martha Graham (1944), nous plongent dans l’Amérique du  XlX ème siècle, sur une musique d’Aaron Copland, mélange de jazz et de folklore, jouée en direct par The Mannes Orchestra.
 Charlotte Landreau et Lloyd Mayor incarnèrent avec grâce de futurs mariés nouvellement installés dans les montagnes sous la protection d’un couple plus âgé.
Avec des danses  villageoises légères, cette pièce propose un voyage dans le temps à la gloire des pionniers.  A la soirée de gala, Aurélie Dupont, en longue robe saumon à volants, virevoltait joyeusement aux bras de Lloyd Mayor dans ce même duo des fiancés.

 Axe, une chorégraphie de Mats Ek que nous avions vue dans sa version originale avec Ana Laguna au Théâtre des Champs-Elysées, (voir Le Théâtre du Blog), nous plonge dans l’intimité, plus sombre,  d’un couple : un homme (Ben Schultz) fend du bois sur un billot, quand son épouse (Peiju Chien-Pott) apparaît, elle, plus  fragile, instable, et tente d’exister aux yeux de son compagnon qui, lui, poursuit, son labeur.
Sur le plateau vide, l’Adagio d’Albinoni accompagnait cette solitude à deux. Les personnages, interprétés par les deux danseurs-étoiles remarquables de précision, finirent par se croiser et s’enlacer maladroitement, avant de sortir à cour, l’un derrière l’autre, vers un destin incertain. 

  Night Journey, de Martha Graham (1947) s’inspire du mythe œdipien avec Peiju Chien-Pott ( Jocaste) et le sculptural Lloyd Knight (Œdipe). Les robes longues dessinées par la chorégraphe ressortaient curieusement sur les éléments de décor du sculpteur Isamu Noguchi installés au sol. Cette danse, d’une réelle beauté, montre les corps torturés et leurs liens avec la nature, et se rapproche des performances actuelles, sur une musique expressionniste de William Schuman jouée aussi par The Mannes Orchestra.
  IMG_9622Echo d’Andonis Foniadakis, qui terminait en beauté ce programme, s’inspire d’un autre mythe grec, celui de Narcisse et Echo. Conçu comme un tourbillon incessant, le ballet permet aux danseurs de montrer leurs qualités physiques et leur dynamisme. Ces chorégraphies, comme celles de Marie Chouinard, Nacho Duato et Pontus Lidberg, prouvent la grande faculté d’adaptation de cette compagnie.
Aurélie Dupont a repris pour le gala final, Lament, extrait d’Acts of Light (1981), une autre pièce du répertoire de Martha Graham. Virginie Mécène, l’une des responsables de l’école de la compagnie avait répété avec l’étoile française qui s’est produite, entourée de cinq danseurs, dans le costume ample et souple, immortalisé par Martha Graham dans ce solo à la forte théâtralité.
 La compagnie américaine fait partie du patrimoine de la danse contemporaine mais manque dans le paysage français. Le public moscovite, il y a cinq mois, lui a fait un triomphe. Pourquoi pas renouveler l’expérience et l’inviter à Paris ou dans un festival en France?

Jean Couturier

Le spectacle a été présenté au New York City Center du 14 au 18 avril.
www. marthagraham.org          

 


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