Simul/Histoire d’hommes

 

Simul/Histoire d’hommes chorégraphie de Redha Benteifour

image  »Créer cette pièce d’hommes est une nécessité, afin de parler de la position des hommes dans notre société et de ma propre perception du monde où les codes sont devenus une prison, et les clichés masculins des données ancrées dans un ordre social établi », écrit le chorégraphe en exergue du programme.
Prisonniers de leur enveloppe virile symbolisée par des vêtements sommaires qui leur collent à la peau et dont ils tentent de se défaire, huit danseurs se lancent dans une folle conquête du vide, à l’assaut de murs infranchissables, dans un méli-mélo chaotique.

Chacun venu de cultures, disciplines et horizons différents, développe, au départ, sa propre gestuelle (hip-hop, danse contemporaine et classique). Les styles vont se heurter, comme les corps, dans une série de courses-poursuites, d’empoignades et d’affrontements, entrecoupées de pauses où s’instille une sourde mélancolie.
 On croirait les danseurs sortis d’un film post-apocalyptique comme Blade Runner, The Road ou de la bande dessinée Rahan. D’un tableau à l’autre rythmés par des musiques et des chants d’origines variées (raï, pop anglais, chant hébreu…) et par des éclairages flirtant avec le contre-jour et le clair-obscur, ils trouvent des connivences, des points communs.
 De petits groupes se forment, puis se disloquent. Au milieu du désordre, naît un solo… A partir de cet assemblage hétérogène d’individualités, se dessine une danse cohérente, très sportive, qui met en valeur la plastique des interprètes et la disparité de leur physique. Cette sorte d’exhibitionnisme mâle risque cependant d’en choquer certains.
Redha Benteifour, alias Rehda, bien connu dans les milieux de show-biz où il met en scène Elton John, Zazie, Vanessa Paradis, etc., a aussi chorégraphié des événements comme la Coupe du monde de foot 1998, ou le Mondial d’Escrime 2010.
Il a aussi collaboré à des comédies musicales et signé des pièces pour la compagnie Alvin Ailey et le San Francisco Ballet.
Ici, s’expose sa fascination pour la beauté du corps masculin, en même temps qu’une critique acerbe de cette virilité brute, vaine et stérile, destructrice.
Dans cette ambivalence, réside l’intérêt dramaturgique de cette pièce, par ailleurs très bien construite, malgré quelques longueurs, et dansée avec vigueur et conviction. Une belle équipée sauvage.

 Mireille Davidovici

Spectacle présenté au Théâtre du Gymnase à Paris,  les 3 et 4 mai. www.orbitadance.com

 

 


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