La saison 2016-2017 du Théâtre de l’Aquarium

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La saison 2016-2017 du Théâtre de l’Aquarium

Menacé -on s’en souvient- toute une année par le cabinet de l’ex-Ministre de la Culture, Fleur Pellerin, d’être offert en cadeau à une (brillante) jeune compagnie, le Théâtre de l’Aquarium, dans son ouverture et sa générosité, a tenu, grâce à son public, grâce à ses amis artistes, et aussi…  à la presse.
François Rancillac et son équipe pourront donc nous offrir une nouvelle saison, baptisée Fictions réelles. Et ce qui marche bien ici : un rapport réel, direct, au théâtre, à ceux qui le font, à ceux qui n’iraient pas, si on ne les y invitait pas personnellement. Dernier point  assez méprisé par la politique officielle (à supposer qu’elle existe vraiment !) menée par la Direction générale de la création artistique (D.G.C.A.) qui « (sic) définit, coordonne et évalue la politique de l’État relative aux arts plastiques et au spectacle vivant, en l’inscrivant dans une logique plus large d’aménagement et de développement du territoire. »
Nous, nous aurions plutôt envie d’appeler cela création. Jugez-en. Pour l’anniversaire de Shakespeare, l’Aquarium invite le Roméo et Juliette  fabriqué par l’équipe de Serge Sandor, avec pas moins d’une cinquantaine d’adolescents « des quartiers », et «  de province », encore : de ceux qui ont besoin que le théâtre vienne à eux, mais qui, une fois que c’est fait, lui rendent au centuple ce qu’il leur a donné.
Roméo et Juliette meurent des querelles des adultes : ça ne nous rappelle rien ? Il y aura aussi un Hamlet transgression, secoué par Jacques David, Dominique Jacquet et Laurence Malherbe (superbe chanteuse) et le prodigieux Richard III-loyaulté me lie, à quatre mains et beaucoup de technologie inventive, pointue et enfantine à la fois (dont des projections sur barbe à papa…) créé par Jean-Lambert Wild à Limoges (voir  Le Théâtre du blog, janvier 2016).
Et encore du théâtre furieux : Quand le diable s’en mêle, troisième visite de Didier Bezace, de retour  à la maison  dont il fut directeur, aux farces conjugales de Feydeau,  « juste pour rire… tant ces pauvres hères désirants et affolés nous ressemblent », dit-il. Et L’Orchestre Titanic de Hrsito Boytchev, par l’équipe de Philippe Lanton : quel train attendent-ils, ces irrésistibles bouffons , et dans quelle Europe ?   Plus important que ce collier de spectacles : les fidélités, les enracinements, précisément ce qui fait l’attachement à un théâtre.
Donc, Aurélie Van Den Daele, après Angels in America, va tenter l’impossible : Les Métamorphoses d’Ovide, avec des effets spéciaux purement poétiques et artisanaux à inventer. L’autre équipe d’artistes associés, La Revue Éclair, rendra compte en un feuilleton de sept épisodes de ses rencontres avec Les Habitants du bois.  Oui, le bois de Vincennes recèle des fantômes et des fées, mais surtout  notre monde très réel de SDF, de prostitué-e-s, joueurs de boules mais aussi promeneurs et enfants aventureux.
Et pendant ce temps, en silence, des auteurs lauréats du prix RFI théâtre, Julien Mabiala Bissila et  Hala Moughanie, seront invités à vivre et à créer dans le petit studio caché au cœur du théâtre. Et sans aucun doute les bruissements magiques du bois se feront sentir dans leur écriture…
L’Aquarium ne changera pas ses bonnes coutumes qui gagnent les cœurs : les concerts réguliers du quatuor Leonis, les dimanches de création de l’ensemble Aleph, le festival des écoles de théâtre au début de l’été, les ateliers de théâtre pour tous, avec aussi de la gastronomie interactive ( ?)…
Encore une fois, la réussite de l’Aquarium tient au fait que le «spectacle vivant» l’est aussi pour le public, s’il le désire. Ce qui fait une belle fraternité.

Christine Friedel

 

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