De passage de Stéphane Jaubertie

De passage, de Stéphane Jaubertie, conception et mise en scène de Johanny Bert

 

De-Passage-©-Jean-Louis-FernandezIl était une fois… Un conte ultra-moderne, la trajectoire à grande vitesse et très intense d’un enfant-racontée par lui-même, arrivé à ses quarante-trois ans-du départ de Maman chaque soir pour l’hôpital où elle travaille jusqu’au noyau dur au centre de la terre et retour.
En passant par la maladie, le doute, le mensonge, la peur, la question des origines, l’amour, les fleurs de chaque saison, et la vie, la vie, la vie… Avec tout ça, l’écriture de Stéphane Jaubertie concrète, directe, adressée à l’enfant que nous restons, au fond. Pas de joliesses : la mort même, regardée en face et prise à bras le corps.
 Mais un rythme soutenu, vivace, qui représente l’enjeu même du conte : tenir, encore et encore. L’enfant ici est courageux et généreux (ce que l’on accorde plus rarement aux enfants) et attentif à employer les mots justes : prenons-en de la graine.
Pour De Passage, Johanny Bert a conçu un dispositif unique et original. Dans un cadre de scène aux centaines d’ampoules (à basse consommation), le conteur appelle les images, s’efface devant l’écran du théâtre d’ombres pour donner à chacune sa dimension, au fil des angoisses et des victoires de l’enfant.
 Parfois, il rejoint les acteurs de l’autre côté, dans ce spectacle, on ne peut plus vivant. Le conte nous est glissé dans l’oreille par des casques diffusant, sous la parole, une bande-son d’une grande délicatesse.
Tout cela réalisé avec une précision magique, pour ne pas dire infernale, et de cette exactitude naît la poésie. Johanny Bert, avec des spectacles étiquetés « théâtre d’objets »,  est en effet passionné par l’objet, et invente à chaque fois, jusque dans le moindre détail, la forme nécessaire à son propos.
On dira que c’est le travail de tout metteur en scène  mais tous n’ont pas choisi la liberté absolue (et les contraintes particulières) du théâtre d’objets. Chapeau donc à son théâtre d’ombres et aux comédiens qui s’y sont initiés avec lui.
Ah ! Et il y a encore une bonne nouvelle pour les enfants : huit d’entre eux pourront assister au spectacle de l’autre côté de l’écran, et profiter de toute la manipulation. L’envers vaut l’endroit, double magie ! De Passage est joué au Théâtre de l’Epée de Bois-au nom particulièrement bienvenu- pour La Grande escale des Tréteaux de France en région parisienne.
Cinq spectacles qui ont déjà éprouvé leurs forces dans tout le pays, comme c’est la vocation de ce Centre Dramatique National itinérant, vont se poser à la Cartoucherie : L’Ecole des femmes, de Molière, mise en scène (et jouée) par Robin Renucci, directeur de ce Centre Dramatique national et Le Faiseur de Balzac, œuvrer, de et par Laure Bonnet, sur nos rapport avec le travail et sa place dans notre vie, et l’inusable et terrifiante Leçon, d’Eugène Ionesco, mise en scène par Christian Schiaretti, directeur du T.N.P. à Villeurbanne.
Plus des rencontres, débats et ateliers de pratique théâtrale tous les week-ends : dans le très joli Théâtre de l’Epée de Bois, à la Cartoucherie de Vincennes : de quoi s’offrir un beau moment de théâtre populaire.

Christine Friedel

De Passage, jusqu’au 5 juin.
La Grande escale, jusqu’à 2 juillet. T : 01 48 08 39 74

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