Les Noces de Figaro de Mozart

Les Noces de Figaro, de Wolfgang Amedeus Mozart, mise en scène de Silvia Paolio

 

Le-nozze-di-Figaro_Scena-1_Rocco_Casaluci_2016La Révolution arriverait-elle par les femmes ? C’est en tout cas ce que semblait déjà nous dire Beaumarchais et à sa suite le Mozart des Noces de Figaro où la lutte contre les privilèges de l’aristocratie s’engage dans une complicité entre femmes.
La Rosine du Barbier de Séville, devenue Comtesse d’Almaviva, et sa camériste Suzanne s’allient, toutes classes sociales confondues, contre le droit de cuissage que le Comte prétend s’autoriser en la poursuivant de ses assiduités peu avant les noces de celle-ci avec Figaro, lui-même au service du Comte.
Pourtant, en adaptant la pièce de Beaumarchais, Lorenzo Da Ponte, le merveilleux librettiste qui écrira encore pour Mozart le livret de Don Juan puis celui de Cosi fan Tutte, avait dû diminuer la virulence des critiques portées par l’écrivain contre l’Ancien Régime.
Mais la musique de Mozart comme l’œuvre d’Anton Tchekhov, dépasse la simple critique politique pour donner à chacun de ses personnages un espace de liberté et d’humanité. Dans Les Noces de Figaro, aucun personnage principal : chacun dépend de l’autre et, même si Figaro donne son nom au titre, Suzanne a plus d’importance sur le plan musical.
Dans la version présentée au Teatro Comunale de Bologne, la mise en scène est minimaliste : pas de grands effets, mais une rigueur dans les déplacements et un parti pris de distance ironique et joyeuse par rapport à l’action.

Le décor d’Andrea Belli se veut lui aussi résolument arte povera :  caisses en carton en guise de meubles, et quelques portes astucieusement placées qui s’ouvrent juste pour créer la surprise.
Mais le véritable bonheur est dans l’orchestre et les voix ; le chef Hirofumi Yoshida, emporte ses musiciens à un rythme soutenu et la distribution, très jeune, insuffle aux airs les plus graves un caractère d’allégresse insolente.
Alessandra Contaldo, vive et espiègle, comme l’exige son rôle, interprète une Suzanne enjouée, sensuelle, particulièrement rouée. A ses cotés, le Figaro de Lorenzo Malagola Barbieri apparaît très tendre et ingénu.  Alexandra Grigoras, dont le physique plébéien semblait de prime abord peu compatible avec le rôle de la Comtesse, emporte tous les suffrages grâce à une voix d’une grande pureté.
Quant au Comte, il sait jouer la séduction avec retenue. Seule, Shahar Lavi  (Chérubin)  donne par sa désinvolture trop appuyée qui confine à la vulgarité, une note tout à fait déplacée dans cette version qui pour le reste, est d’une simplicité élégante, cohérente et très attachante.

Sonia Schoonejans

Teatro Comunale de Bologne

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