Travaux des élèves de l’Ensemble 23 de l’ ’E.R.A.C.


Travaux des élèves de l’ensemble 23 de l’Ecole régionale d’acteurs de Cannes

Juste la fin du monde, de Jean-Luc Lagarce, mise en scène de Julie Duclos

C’est à la fois du théâtre en vraie grandeur et un exercice de sortie d’école. Pour les jeunes acteurs de l’E.R.A.C. : maintenant, c’est à vous de jouer. Le public est là pour vous, mais aussi pour voir un spectacle. Julie Duclos a élagué la pièce, ce qui est indispensable pour sa représentation, mais elle l’a aussi carrément rabotée!  Jusqu’à l’os du non-dit, et du mal-dit familial.
Cela donne aux acteurs, droits, engagés sans fioritures, l’occasion de montrer ce qu’ils sont capables de faire dans une psychologie du quotidien, mais non face au lyrisme très particulier de ce texte. Avoir découpé, en particulier, le monologue final n’a aucun sens, sinon de donner quelques mots à dire à Louis qui est venu, après de longues, années, revoir sa famille pour lui annoncer sa mort prochaine, et qui repart sans avoir rien dit.
On a le regret de préciser qu’on est ici juste face à une crise familiale ordinaire, qui se termine par une bouderie (?) de la sœur, la déjà remarquée Pauline Parigot. Le spectateur y perd, malgré quelques rires de temps en temps –on s’y reconnaît- et Marina Cappe, Lorry Hardel, Antoine Laudet, Florent Pochet y gagnent, mais il y aurait quelque chose de plus pour eux à gagner, que d’être employés dans un jeu quotidien assez inoffensif…

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Suzy Storck de Magali Mougel, mise en scène Jean-Pierre Baro

À cette histoire d’un  épuisement au travail et d’une folie née de l’enfermement d’une femme dans son rôle, Jean-Pierre Baro donne une autre dimension. Il part du quotidien, mais ne s’en tient pas là, puisque, thème même de cette pièce, le quotidien peut tuer. Ici, il tue intérieurement la femme, il tue les enfants, et il n’y a pas de coupable.
Le mari n’est pas un assassin ou une brute, juste un mari, qui demande le service conjugal minimum: ménage, maternité et sexe inclus. Autour de Leslie Granger, tous ont la liberté d’aller loin, même dans le rôle d’un “chœur », même en garçon barbu jouant la gérante d’un magasin de puériculture (Maxence Bob et Glenn Marausse).
C’est évidemment pour l’actrice principale, un formidable cadeau, et du coup, ses camarades, Johanna Bonnet, (la sœur), et Julien Breda (le mari) jouent juste et fort leur partition, et rendent à la pièce la force qu’elle leur donne. La scénographie du metteur en scène et de Mathieu Lorry Dupuy est à la hauteur du texte :  sol jonché de chutes de tissu multicolores, traces d’une activité de couture qui aurait permis à cette « mère de famille » de s’épanouir, mais, aussi et surtout, images de son propre émiettement dans une vie qu’elle n’a pas choisie. L’arrière-plan scénique derrière une toile plastique translucide avec lessive qui sèche sur un fil et poussette, dit le reste…

Bilan : une pièce de Magali Mougel impressionnante, comme ses interprètes.

Christine Friedel

Théâtre National de la Colline,  Paris du 15 au 18 juin.

 

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