Danses élargies 2016

Danses élargies 2016

  danse-elargie_rvb_vimeoAvec ce concours imaginé par le Théâtre de la Ville à Paris et le Musée de la danse à Rennes dirigé par Boris Charmatz, nous partons à la découverte de nouveaux talents croisant souvent leurs disciplines. Règle du jeu: trois interprètes minimum dans une une pièce de dix minutes maximum.
Un jury d’artistes internationaux, et un autre de spectateurs décernent plusieurs prix. Ainsi, depuis 2010, des artistes émergents (chorégraphes, metteurs en scène, plasticiens, musiciens…) venant de plus de cinquante pays y ont été présentés.

  Dans le cadre de l’année France-Corée, la manifestation a élargi sa voilure cette année en s’associant au LG Arts Center de Séoul. Parmi les 480 dossiers reçus, trente-quatre compagnies retenues, et dix-sept invitées à se présenter dans chaque ville. Et en juin, les portes des deux théâtres ont été ouvertes à tous, en accès libre.
  Le format singulier de l’événement et le suspense de la compétition attirent un public de plus en plus nombreux, curieux de rencontrer ceux qui feront la danse de demain. La finale parisienne fut l’occasion de voir dix chorégraphies d’une grande diversité.
Une pièce  fluide comme Fact de Johanna Faye et Mustapha Saïd Lehlouh  empruntant à la break danse, son inspiration urbaine, et où les corps occupent harmonieusement l’espace, cohabite  avec des performances plus conceptuelles où la danse  est réduite au minimum. Par exemple Les gens qui doutent de Laurent Cèbe ou Blue Monday de Romain Pichard paraissent plus narratifs et verbeux.
En revanche, le  chorégraphe syrien Mithkal Alzghair a bien mérité son premier prix pour son émouvant  Déplacement, où trois hommes agitent lentement les bras en signe de détresse, et nous adressent une danse longiligne et silencieuse, discrète et forte, en prise sur l’actualité de leur pays.

 De même, on pense à la situation actuelle en Grèce avec Anthemoessa,  prix du public et prix des techniciens: Eirini Papanikolaou met en scène quatre voyageuses luttant dans la tempête, au large de l’île des Sirènes. La musique originale de Vagelis Kourastis accompagne les corps arcboutés au sol qui se balancent et qui cherchent leur équilibre dans la tourmente.
Tout le monde n’a pas été d’accord sur l’attribution du deuxième prix au collectif La Horde, de Marine Brutti, Jonathan Debrouver et Arthur Harel : leur To da bone  décline le même pas de jumpstyle pendant huit minutes sur un tempo d’enfer. La précision des mouvements collectifs, entrecoupés de solos d’inspiration multiple, résulte d’un décorticage bien orchestré des danses « post-internet», issues du « mainstream hardcore ». Une gestuelle d’ensemble sidérante mais très  fermée.
On a pu apprécier l’humour slovéno-portugais de huit danseuses-dont les chorégraphes Jasmina Krizaj et Cristina Planas Leitão dans A very delicious Thing XL qui met en boîte le sentimentalisme féminin dans une danse tremblée, proche de la pantomime sur des tubes d’Elvis Presley.

 Drôle aussi Glory, courte comédie de Lyon eun Kwon qui épingle la discipline implacable à laquelle se livre un danseur pour préparer un concours, seule façon  d’échapper en Corée au service militaire obligatoire de deux ans… à condition de gagner une récompense. Les efforts et exploits physiques de l’interprète lui ont valu le troisième prix et une mention spéciale du public.
Chaleureuses, ces rencontres offrent un panorama des tendances de la danse actuelle dont on remarque le sens des réalités : sismographe de notre monde, elle jette un regard sensible sur notre époque tout en gardant souvent ses distances.

Mireille Davidovici

Théâtre de la Ville, Paris  le 19 juin. Au LG Arts Center de Séoul, le Coréen Jong Seyoung a remporté le 1er prix à Séoul le 12 juin.


Archive pour 23 juin, 2016

Le Système Ribadier de Georges Feydeau

Le Système Ribadier de Georges Feydeau, mise en scène de Jean-Philippe Vidal

 

 5 A partir des caractères essentiels du vaudeville, Georges Feydeau en modernise le rythme ,en renouvelle le genre, en privilégiant la mécanique de l’intrigue et le caractère cocasse des situations et du langage. Sans grand intérêt littéraire, si ce n’est  par la dimension documentaire des milieux petit-bourgeois d’une époque étriquée et suffisante, l’œuvre de Feydeau développe scéniquement la force de la « pureté » mécanique d’un théâtre dont l’effet produit est un comique lumineux et bon enfant à la logique imparable, aussi rude que définitif.

On va voir les pièces de Georges Feydeau pour rire, de soi, des autres et du monde. L’auteur, amuseur de la scène française entre 1895 et 1914, écrit Le Système Ribadier en 1892, une comédie en trois actes qui s’inscrit dans la tradition du vaudeville. Infidélités, mensonges, bagatelles, et la palette de rencontres amoureuses dites hors-mariage scintille étrangement d’un calcul inouï de probabilités.

Et le public saisit la chance d’observer l’une d’entre elles dans son accomplissement scénique. Ribadier est le second mari d’Angèle (excellente Hélène Babu en jolie poupée vive) veuve de Robineau dont elle a appris les écarts conjugaux après-coup. Cette épouse meurtrie, soupçonne à présent tous les hommes, dont son mari actuel qu’elle surveille à tous crins. Mais Ribadier use d’un stratagème qui confine l’épouse dans l’erreur-un don inénarrable qui confine à la sorcellerie. Dans ce désordre, surviennent un ami de la famille Thommereux  (Romain Lagarde à la posture facétieuse et tranquille), fervent admirateur de Madame et revenu de Batavia, et encore époux de la maîtresse de Monsieur, Savinet (Gauthier Baillot à la présence sûre) prêt à en découdre et sûr de ses droits. Jean-Philippe Vidal pose ses pions avec grand soin et belle clarté, avec des costumes de Fanny Brouste amusants. Pour que la soirée vaudevillesque «prenne» véritablement, il aurait fallu au personnage principal, héros ridicule mi-figue mi-raisin, une verve aérienne, un envol céleste et une capacité à s’oublier.

Mais Pierre Gérard, qui a une silhouette très élégante, n’y parvient pas, comme retenu sur le terre-à-terre du plateau…

 Véronique Hotte

 La Pépinière-Théâtre, Paris III ème jusqu’au 16 juillet. T : 01 42 61 44 16

 

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