Le Système Ribadier de Georges Feydeau

Le Système Ribadier de Georges Feydeau, mise en scène de Jean-Philippe Vidal

 

 5 A partir des caractères essentiels du vaudeville, Georges Feydeau en modernise le rythme ,en renouvelle le genre, en privilégiant la mécanique de l’intrigue et le caractère cocasse des situations et du langage. Sans grand intérêt littéraire, si ce n’est  par la dimension documentaire des milieux petit-bourgeois d’une époque étriquée et suffisante, l’œuvre de Feydeau développe scéniquement la force de la « pureté » mécanique d’un théâtre dont l’effet produit est un comique lumineux et bon enfant à la logique imparable, aussi rude que définitif.

On va voir les pièces de Georges Feydeau pour rire, de soi, des autres et du monde. L’auteur, amuseur de la scène française entre 1895 et 1914, écrit Le Système Ribadier en 1892, une comédie en trois actes qui s’inscrit dans la tradition du vaudeville. Infidélités, mensonges, bagatelles, et la palette de rencontres amoureuses dites hors-mariage scintille étrangement d’un calcul inouï de probabilités.

Et le public saisit la chance d’observer l’une d’entre elles dans son accomplissement scénique. Ribadier est le second mari d’Angèle (excellente Hélène Babu en jolie poupée vive) veuve de Robineau dont elle a appris les écarts conjugaux après-coup. Cette épouse meurtrie, soupçonne à présent tous les hommes, dont son mari actuel qu’elle surveille à tous crins. Mais Ribadier use d’un stratagème qui confine l’épouse dans l’erreur-un don inénarrable qui confine à la sorcellerie. Dans ce désordre, surviennent un ami de la famille Thommereux  (Romain Lagarde à la posture facétieuse et tranquille), fervent admirateur de Madame et revenu de Batavia, et encore époux de la maîtresse de Monsieur, Savinet (Gauthier Baillot à la présence sûre) prêt à en découdre et sûr de ses droits. Jean-Philippe Vidal pose ses pions avec grand soin et belle clarté, avec des costumes de Fanny Brouste amusants. Pour que la soirée vaudevillesque «prenne» véritablement, il aurait fallu au personnage principal, héros ridicule mi-figue mi-raisin, une verve aérienne, un envol céleste et une capacité à s’oublier.

Mais Pierre Gérard, qui a une silhouette très élégante, n’y parvient pas, comme retenu sur le terre-à-terre du plateau…

 Véronique Hotte

 La Pépinière-Théâtre, Paris III ème jusqu’au 16 juillet. T : 01 42 61 44 16

 

 

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