Gratte-Ciel

Gratte-ciel, texte de Sonia Chiambretto, conception et mise en scène de Pascal Kirsch

   Sonia Chiambretto a collaboré depuis 1999 à la programmation des Rencontres cinématographiques de Digne et des Alpes de Haute-Provence, et a jusqu’en 2006, conçu avec Vincent Hanrot et Christèle Huc, des dispositifs mêlant publics, artistes, réalisateurs, écrivains, metteurs en scène. Elle recueille sous forme audio ou vidéo des témoignages de fuites, de traversées européennes et de passages aux frontières. Et elle écrit CHTO, 12 Sœurs slovaques et Mon Képi blanc, et un texte pour la création numérique, La Guerre au quotidien, du metteur en scène berlinois, Rolf Kasteleiner en2008). Elle a aussi collaboré à un projet de recherche autour des écritures de la danse et des nouvelles technologies et a conçu le texte de Traversée, de la chorégraphe Kitsou Dubois créé au Manège de Reims.
Gratte-ciel  qu’avait monté Hubert Colas à Marseille, se passe, si on a bien compris, au bas d’une tour  signée Le Corbusier qui imagine un nouvel espace de société, avec un texte «en trois séquences historiques, dit Pascal Kirsch : Décennie noire, Guerre d’Algérie, Demain. C’est une impression, une photographie, une radiographie, qui fait apparaître notre monde, tel qu’il devient et d’où il vient. Un même groupe de jeunes gens  traversent les trois parties et gardent le même âge, c’est à dire dans des circonstances historiques différentes».

Le metteur en scène utilise documents d’archives, notes et plans qui sont filmés sur une table lumineuse à l’avant-scène et reproduites sur un grand écran en fond de scène. Cela parle de la guerre coloniale, de l’amour de la religion mais aussi du terrorisme.
  Belle occasion de faire travailler les quatorze élèves la dernière promotion de l’ESAD, même si les garçons sont ici plus nombreux que les filles on ne sait pourquoi, «sur un dispositif expérimental mêlant reconstitution récits, choralité, singularité » précise Pascal Kirsch.
Et cela donne quoi ? Un ensemble parfaitement maîtrisé sur le plan vocal et gestuel, mais du côté du texte comme de la mise en scène avec emploi de la vidéo, d’un bel académisme,  contemporain certes mais tout aussi redoutable: grossissement des visages, caméra infra-rouge, etc. Plus grave : impossible de voir ces jeunes apprentis-comédiens dans des rôles, sauf à la fin dans celui d’un capitaine , car ici les élèves ne sont plus que des récitants au service d’un texte assez ennuyeux aux deux fausses fins. On veut bien que cela soit expérimental mais il y a des limites…
Bref, Sonia Chambrietto n’évite pas le bavardage ! Et comme la chose dure presque deux heures, avec une mienne consœur et quelques autres spectateurs, profitant lâchement d’un noir, nous avons déserté. On a connu Pascal Kirsch beaucoup plus inspiré quand il montait dans une petite merveille de mise en scène : Pauvreté, richesse, homme, bête de  Hans Henny Jahnn ( voir Le Théâtre du Blog). Dommage !

 Philippe du Vignal

Spectacle vu le 25 juin au Festival des Ecoles du Théâtre Public (septième édition) au Théâtre  de l’Aquarium, Cartoucherie de Vincennes.

 

 


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