Œuvrer, texte et mise en scène de Laure Bonnet

Jean-Christophe Bardot

Jean-Christophe Bardot

Œuvrer, texte et mise en scène de Laure Bonnet

 

  Dans le cadre de la même tournée des Tréteaux de France avec Le Faiseur de Balzac (voir Le Théâtre du Blog), on a aussi pu voir une petite forme sur le thème du travail. Bonnes questions : bosser, travailler, boulonner, est-ce la même chose que réaliser une œuvre ? Faut-il perdre sa vie à la gagner, devenir un drogué du travail, emporter ses dossiers chez soi, et travailler encore par la grâce d’un smartphone ?
Laure Bonnet croise une petite fiction-celle d’un jeune couple : «l’un est une sorte de baba-cool plus ou moins zadiste, confronté à la construction de sa maison et l’autre, une cadre dirigeante dynamique-avec des témoignages qu’elle a recueillis, le tout caressé par la main bienveillante d’un guitariste, qui jouera aussi le rôle du sans-papiers exploité par l’homme de bonne volonté… »

Cette phrase, bien compliquée ! dit assez où cela pèche : à vouloir trop dire, on introduit la confusion…
L’autre péché, plus fondamental : on n’a pas affaire ici à du bon travail, alors que le dispositif scénographique de Damien Caille-Perret aurait permis de construire quelque chose de simple et de beau sur le plateau, en temps réel. 
Ou alors, il fallait montrer que cet homme, prétendu «manuel» était un gros nul ? Non : on sourit quelquefois, attentif aux témoignages, mais on est en manque d’un bel ouvrage théâtral… Dommage!

 Christine Friedel

La grande escale des Tréteaux de France à Paris, au Théâtre de l’Épée de bois-Cartoucherie de Vincennes. T :01 48 08 39 74  jusqu’au 2 juillet.

 

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Archive pour juin, 2016

Le Faiseur, d’Honoré de Balzac, mise en scène de Robin Renucci

Le Faiseur d’Honoré de Balzac, mise en scène de Robin Renucci

 

le faiseurSi on voulait la résumer, la vie du célèbre écrivain tiendrait en quatre mots : il a voulu faire des affaires et gagner de l’argent pour pouvoir écrire tranquillement, ce qu’il a fait en permanence, mais comme un forçat, pour rembourser les dettes dûes à ces « affaires »!
La Maison Nucingen, César Biroteau, Gobsek, et cent passages dans ses divers romans ne parlent que de cela :  crédits, débits, spéculations et dettes en tout genre.
Le Faiseur, unique comédie de l’auteur de La Comédie humaine, et satire lucide d’un capitalisme boursier naissant et triomphant, renvoie aussi, avec un humour acéré, à ses propres déboires.
Comme dans ses romans, Honoré de Balzac crée ici un type. Mais ce « faiseur », le bien nommé Mercadet (étymologiquement: l’homme du marché) fait preuve d’une telle activité imaginaire, joue si bien la comédie à ses dupes (dont lui-même …) qu’il ne pouvait se jouer que sur les planches. Le rôle était écrit pour Frédéric Lemaître mais il ne l’a pas joué pour cause de troubles révolutionnaires qui perturbait alors l’économie des théâtres.
Mais, ne nous plaignons pas, aujourd’hui nous avons Bruno Cadillon, remarquable interprète  de ce drogué des affaires qui doit jouer la comédie mais aussi y faire entrer  son entourage, et donc compliquer l’intrigue, en visionnaire de la finance, en jongleur d’argent virtuel, jouissant de sa puissance fragile et incessamment renaissante.

 Bâtir des projets, saisir au vol la moindre occasion, la changer en opportunité, tomber, se relever, contourner, mentir, utiliser l’un contre l’autre, et jusqu’aux larmes sincères d’une jeune fille ni belle ni riche, ou la vertu de sa femme :  Mercadet mêlange ses dettes et le mariage de sa fille! En fait, la vitalité  de ce financier nous attache à lui, notre ennemi, et Balzac ne peut s’empêcher d’admirer en son personnage, sa propre vitalité à lui, tout en riant de ses échecs : le faiseur spécule sur des plantations d’ananas en Haute-Marne… comme lui-même l’avait tenté à Sèvres!
 Robin Renucci a placé sa mise en scène sous le signe d’Honoré Daumier, l’un des grands illustrateurs d’Honoré de Balzac. Et ça fonctionne à merveille : le jeu des comédiens, outré juste ce qu’il faut, et précis comme une gravure, dans les beaux costumes de Thierry Delettre, nous emmène dans une jubilation communicative. Même ce qui pourrait être de l’ordre du discours ou de l’explication (le cauchemar du théâtre… ) prend vie, en situation, resserré par la dramaturge Evelyne Loew.
  La scénographie de Samuel Poncet, ouverte et fluide, s’ouvre sur ce qu’il faut d’arrière-plans et de découvertes, où les comédiens, à côté sur le banc de touche, soutiennent leurs camarades pour que l’action ne s’arrête jamais. On y voit un intérieur bourgeois, entre emménagement et déménagement, tape-à-l’œil et cache-misère, clinquant et faux-semblants.
Bien sûr, la pièce résonne encore de façon terrible aujourd’hui, un peu appuyée quelquefois! Mais c’est la loi du genre.Bien sûr, Balzac donnera aux tourments de la famille un «fin heureuse» (quoique…), et un certain Godeau, que tous attendaient, arrivera selon un processus si inattendu qu’on l’avait deviné depuis un moment. Bien sûr, Balzac ne trichera pas et son Mercadet restera un faiseur jusqu’à la mort.

 Et tout cela fait du beau théâtre populaire, intelligent, aiguisé, drôle, pour le plus grand plaisir des acteurs et du public.

 Christine Friedel

La grande escale des Tréteaux de France, au Théâtre de l’Épée de bois à la Cartoucherie de Vincennes
T :01 48 08 39 74  jusqu’au 2 juillet.

 

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Festival international des écoles de théâtre au Théâtre de l’Union à Limoges

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Festival international des écoles de théâtre au Théâtre de l’Union à Limoges:


Must go on,
texte et mise en scène de Nathalie Fillion, chorégraphie de Jean-Marc Hoolbecq

 

“ Notre volonté, dit Jean Lambert-wild, le nouveau directeur du Théâtre de l’Union, est que la première édition de ce festival soit un point de ralliement, le lieu où une communauté, avide d’inventer, de penser et s’égarer, puisse se connaître, puisse se rassemble, se reconnaître et débattre, dans des jeux de regard où tradition et innovation s’allient pour vaincre les cécités”.
Avec des spectacles très différents, soit issus de textes des plus classiques comme Epreuve-Tchekhov par la faculté des arts du spectacle de Tbilissi avec une adaptation de quatre nouvelles du grand dramaturge par Gabriel Gochadzé. Soit d’auteurs contemporains, comme  Arrêt sur image de Gustave Akopko, mise en scène de Fargass Assandé, remarquable comédien ivoirien qu’on a pu voir comme acteur dans En attendant Godot mis en scène de Jean Lambert-wild (voir Le Théâtre du Blog)
Le Songe d’une nuit d’été de William Shakespeare par le Théâtre-Ecole d’Aquitaine, mise en scène de son directeur Pierre Debauche. L’Ecole de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe au Québec a présenté lui aussi un Skakespeare: un Atelier mis en scène par Frédéric Lebois avec, autour d’une table, quelques-uns de ses personnages comme Macbeth et lady Macbeth, Richard II et Anne, Hamlet et Ophélie… Mais aussi, dirigé par Frank Vercruyssen, le directeur du fameux tg stan flamand, une création collective avec les élèves de la haute école des arts de la scène de Lausanne, Si seulement, j’avais une mobylette…
Et Must go on, spectacle de sortie de promotion, avec douze jeunes  apprentis-comédiens de l’Académie de Limoges, deux de l’école de Saint-Hyacinthe au Québec et une autre du Studio d’Asnières. 

 Cela se passe dans une discothèque, où une femme entre avec une arme, interrompant les danses… Avec, si on a bien compris, une référence au mythe de Narcisse. “Must go on est une pièce à danser, dit Nathalie Fillion, où rêve et réalité se construisent en écho.”
  Sur la scène, rien d’autre qu’une petite estrade côté jardin, et une grosse boule à facettes suspendue à une poutrelle métallique, puis gisant comme épuisée sur le sol dans la dernière partie. Belle métaphore de rêves envolés, de passage du présent au passé. On croit même voir la toile  de fond se dérouler de cour à jardin: Charlotte Villermet la scénographe  et  Claire Debar, la conceptrice lumière ont visé juste et fort.
Nathalie Fillion sait créer de belles images et donner une dimension poétique et théâtrale aux mouvements de ces jeunes gens. Sa mise en scène doit beaucoup à la remarquable chorégraphie de Jean-Marc Hoolbecq qui a su mettre en valeur et bien diriger les jeunes apprentis-comédiens et les amener à un excellent niveau professionnel de spectacle. Bien entendu, il y a derrière trois ans d’enseignement. Mais il est rare de voir, quand il s’agit de travail d’école, une chorégraphie de cette qualité.
La balance entre son et voix, était encore, au soir de cette première, encore fragile mais devrait vite trouver son point d’équilibre. Côté bémols: un texte (au titre anglais, pour faire plus branché? on aurait aimé qu’il soit en français) qu’on entend mal,  et qui ne semble pas toujours être à la hauteur suffisante. Et les redoutables micros HF n’arrangent rien.
Même avec des citations de Paul Claudel ou des phrases inspirées d’Anton Tchekhov, le compte n’y est pas  si l’on veut donner du grain à moudre à des élèves qui se sont frottés pendant leur scolarité à des textes de grands auteurs. Comme disait le grand et regretté critique Bernard Dort: “Le théâtre contemporain ne rend pas souvent la monnaie de la pièce.”
Et comment alors apprécier en quelque soixante-quinze minutes, le travail personnel de ces quinze apprentis-comédiens?  Mais ils ont tous un gestuelle, remarquable de précision, et une aisance sur le plateau que bien des comédiens confirmés pourraient leur envier. A parler avec ces jeunes gens cultivés et intelligents qui ont visiblement  appris des tas de choses en trois ans, on se dit qu’ils n’auront pas trop de mal à pénétrer dans le milieu professionnel.
 Des noms? Ce serait injuste. Allez, tant pis, au moins un: Pélagie Papillon que le public regardait avec admiration, et il y avait de quoi. En tout cas, c’est une riche idée que ce  festival international des écoles à Limoges, donc loin du bruit et de la fureur parisienne, et Jean Lambert-wild avait déjà  aussi, pour cette première année, programmé débats, rencontres, stages… En écho à cette autre richesse locale, et tout aussi ouvert sur  l’étranger, que sont les Francophonies en septembre de chaque année.

Philippe du Vignal

Académie de l’Union, Ecole supérieure professionnelle de théâtre du Limousin. T: 05 55 79 71 85.
Prochaines représentations au Théâtre de l’Aquarium, Cartoucherie de Vincennes: jeudi 23 juin à 19h, vendredi 24 juin à 21h,  et dimanche 28 juin à 18h. T:  01 43 74 99 61 (entrée gratuite sur réservation).

 

 

Buffet à vif, Etat premier suivi d’Etat second

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Buffet à vif, Etat premier suivi d’Etat second, de et avec Marguerite Bordat, Raphaël Cottin et Pierre Meunier

On connait bien maintenant le parcours atypique de Pierre Meunier qui occupe une place à part dans le théâtre français. Il a créé quelques spectacles tout à fait intéressants avec ses complices Hervé Pierre et Jean-Louis Coulloc’h (entre autres Eloge du poil, Vivant, Forbidden di sporgesi (voir Le Théâtre du Blog), souvent proches de la performance et de la sculpture in vivo, et en tout cas des arts plastiques.
Buffet à vif est dans la même ligne, avec une relation poétique à l’objet-petit ou encombrant, c’est le cas ici- et avec lequel il a raison d’avoir des comptes à régler, à la pesanteur, et aux tas de matériaux de toute sorte…

Cette performance créée au Festival d’Avignon/Sujets à vif ( photo plus haut) est reprise aujourd’hui au théâtre de la Bastille; «Détruire  en venir à bout mettre à mal la chose qui nous occupe nous obsède nous encombre nous provoque (…) jusqu’à ce que ça pète que ça craque que ça ne ressemble plus à rien (…) à deux pour s’épauler dans cette rude tâche (…) en avant ! « 
Tout est dit ou presque, de cet ovni créé par Pierre Meunier et ses deux complices ; ici, juste une scène au sol blanc, absolument nue, avec lumières simple sur la cène mais aussi dans la salle, et quelques accessoires comme un gros poste de radio, une masse, une hache de pompier, une autre hache et un boulet de fonte au bout d’une chaîne.
Les deux hommes, Pierre Meunier, assez baraqué et Raphaël Cottin, danseur, très mince-un peu Laurel et Hardy-arrivent par la salle (on entend les bruits de la vie de la rue la Roquette dont les portes de la salle resteront ouvertes) en poussant un diable rouge chargé d’une masse pesante mais indistincte parce qu’enfermée dans du papier bulle et solidement amarrée avec deux sangles à cliquets. Masse qu’ils vont quand même réussir à hisser sur le plateau, puis à porter de cour à jardin, pour finalement la placer au centre, sur des tapis de caoutchouc noirs  destinés à protéger la scène, qu’ils ont auparavant jetés, puis cérémonieusement disposés.

  Puis ils enlèvent le papier bulle avec soin, en tournant autour du buffet et en l’enroulant, dans un petit ballet ridicule sur la musique de Radio-Nostalgie (joli clin d’œil vu l’âge de l’objet!).  Apparaît enfin la vedette de la soirée : un buffet deux corps, en bois clair collé sur une âme de contre-plaqué… comme on en vendait autrefois par dizaines chez M. Lévitan: « Bien l’bonjour, M’sieur Levitan, vous avez des meubles, vous avez des meubles, Bien l’bonjour, M’sieur Levitan vous avez des meubles…qui durent longtemps », petite pub imaginée par le grand Robert Desnos dans les années 30, chantait Charles Trenet à la radio».
Soit deux portes en bas et deux en haut séparées par  une autre plus petite au centre, avec aussi deux tiroirs sous une plaque de marbre reconstitué rougeâtre et un miroir rectangulaire vertical. Bref, un rare condensé de laideur, comme en voit encore parfois dans des fermes de la France profonde, version années cinquante du buffet Henri II, lui-même aussi d’une rare laideur, qui abritait  la vaisselle qui ne servait pour les fêtes, et dont les tiroirs recélaient un magma de factures, photos, billets de banque planqués, tournevis, couteau dit de poche, et vieille montre à gousset cassée.
 Raphaël Cottin, une fois que Pierre Meunier a défoncé un des côtés, pénètre dans le  meuble, tout en époussetant consciencieusement à l’extérieur, le tapis noir puis extrait du buffet, un dinosaure vert de quelques centimètres en plastique mou, oublié quand on l’a vidé. Et il nettoie, aussi encore et toujours aussi inutilement le pauvre buffet, voué à la mort comme dans un un ultime adieu. Il y a du Jacques Tati et du Pierre Etaix dans l’air…
Puis tous les deux, pantalon noir, chemise blanche et cravate ridicules, mais avec des gants de travail et munis de lunettes de protection-qu’ils vont aussi distribuer aux spectateurs du premier rang-vont s’attaquer plus radicalement au monstre et le fracasser à coup de hache et de masse. De la fumée s’échappe alors du bas du buffet suivi d’une explosion, comme si la bête se vengeait des attaques  qu’on lui porte avec une rare violence. Juste retour des choses, le manche en bois de la hache de pompier se cassera aussi !
Le monstre va basculer vers l’avant puis vers l’arrière puis revient vers l’avant. Avant d’arriver par miracle à un équilibre instable, grâce aux deux sangles à cliquet dont les compères vont l’entourer. A ce moment précis, le buffet a quelque chose d’émouvant, comme s’il refusait de mourir, soutenu tant bien que mal et plutôt mal que bien par Pierre Meunier.
  Tout se passe avec un bruit infernal: l’un fracasse le meuble avec une hache, l’autre avec une masse et va faire tourner à bout de bras un boulet en fonte qui va frapper violemment le bois avec un brui sinistre. Sans un mot, autre que ceux énoncés en sourdine par la radio qui accompagne cette mise à mort/destruction totale d’un vieux buffet qui surgit comme une belle métaphore de ce qui nous guette au quotidien…
  La seconde partie, leur complice-en pantalon et marcel noirs-Marguerite Bordat, scénographe descend d’une passerelle, et  va replacer les tapis noirs au centre de la scène, puis disposer de façon géométrique, pour une installation très éphémère, morceaux de bois, de marbre et de miroir. Aidée par ses deux complices et par les spectateurs que deux pancartes ont invité à venir les rejoindre sur la scène.
  Public partagé devant cette performance d’une heure dix mais un poil longuette. Certains spectateurs et une mienne consœur n’étaient pas trop d’accord pour que l’on casse un meuble même laid, mais fonctionnel comme on peut en acheter dans les Emmaus de province. Et d’autres  que c’était bien long: John Cage avait bien averti que l’ennui était inhérent aux happenings! Buffet à vif fleure bon ceux des années 70 où la destruction/reconstruction était déjà un thème souvent traité,  entre autres par les actionnistes viennois. On pense aussi à cette performance qui, à l’époque (1974) avait fait grand bruit au Festival de Knock-le-Zoute: la construction d’un fauteuil Louis XV, de Wieslaw Hudon, un artiste polonais, par deux ouvriers tapissiers pendant une heure…
Mais ce cassage en règle de ce buffet résonne curieusement, en ces temps troublés où le Manuel Vals de service, droit dans ses bottes, arc-bouté sur SA loi, accuse la C.G.T. d’avoir eu une « attitude ambiguë » vis-à-vis des casseurs pendant la manifestation à Paris contre le projet de loi Travail.
Ce Buffet à vif n’appartient pas sans doute pas au meilleur cru de Pierre Meunier mais bon… En tout cas, ne ratez pas Forbiden di sporgesi la saison prochaine, au Théâtre de la Ville, dont notre amie Stéphanie Ruffier vous avait dit ici le plus grand bien…

Philippe du Vignal

Théâtre de la Bastille, rue de la Roquette Paris XIème jusqu’au 1er juillet, relâche les 18, 19, 25 et 26 juin. T : 01 43 57 42 14

 

 

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Diorama chorégraphie de Marie Orts

 June Events, dixième édition (suite)

Diorama chorégraphie de Marie Orts

DIORAMA (Marie Orts JE 16)

© Patrick Berger

  Cette performance commence par une promenade à travers de l’hôtel de Guénégaud, musée de la Chasse et de la Nature, vaste cabinet de curiosités qui montre animaux et chasseurs, dans leur relation à la nature. Gibiers à poil, à plumes, à écailles, en peintures, en trophées, naturalisés côtoient des vitrines d’armes de tout style et de toute époque.
Çà et là, des installations contemporaines entrent en dialogue avec les collections surannées, volontairement laissées dans leur jus à la rénovation du musée, lors de son extension dans l’hôtel de Mongelas, son voisin, en 2007.
Imprégnés de cette atmosphère -des cris d’animaux sont diffusés sur notre passage-nous nous installons dans le Salon rouge où rugit, silencieux, un tigre empaillé, sous le regard de nombreux chasseurs, figés dans leurs cadres dorés sur les murs cramoisis.
Avec sa complice Lina Schlageter, Mari Ots nous entraîne dans une danse, inspirée des dioramas photographiés par Hiroshi Sugimoto au musée d’Histoire Naturelle de New York. Ces reproductions panoptiques, invention de Daguerre, superposent un sujet et un décor, de manière à donner une image en trois dimensions.
Le procédé a fait florès au XIXème siècle dans les muséums, avec une mise en scène d’animaux dans leur milieu.
A l’instar des dioramas, le geste crée l’action et les sons évoquent l’environnement naturel : mouvements des danseuses et cris ou ambiances créés par Julie Michel se chevauchent pour donner vie aux bêtes. On assiste ainsi  à un combat de cerfs, tous bois dehors, ou à l’attaque rampante d’un phoque qui défend sa proie, menacée par un ours…

Même si tout n’était pas entièrement lisible, les jeunes spectateurs présents ont paru sensibles et attentifs à ce jeu de simulacres. Une fois encore, la danse sait faire vibrer l’espace muséal : elle enrichit la visite, après s’être elle-même nourrie des œuvres exposées.

Mireille Davidovici

Performance vue le 15 juin au Musée de la Chasse et de la Nature, 62 Rue des Archives, 75003. Paris T: 01 53 01 92 40
June Events se poursuit jusqu’au 18 juin dans les théâtres de la Cartoucherie de Vincennes.

 

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Diorama de Hiroshi Sugimoto

Les Villes tentaculaires

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Les Villes tentaculaires d’Émile Verhaeren, mise en scène de Jean-Michel Van Den Eeyden

Le Théâtre de l’Ancre, lieu de diffusion de spectacles à Charleroi, abrite aussi une compagnie dirigée par Jean-Michel Van Den Eeyden. On se souvient de son poignant Un homme debout où il donnait la parole à un détenu sorti de prison, après une très longue peine (voir Le Théâtre du Blog), ou de Né poumon noir, une évocation slamée de Charleroi.
  Cette fois, il a choisi d’incarner Les Villes tentaculaires d’Émile Verhaeren (1895), un pendant des Campagnes hallucinées, sorti deux ans plus tôt. Dans ce texte bouillonnant, il montre avec plusieurs dizaines d’années d’avance, les mégapoles monstrueuses, les tentacules que sont les routes et voies ferrées allant toujours plus loin vers les périphéries.
Les poèmes s’articulent par thèmes :  on retrouve l’évocation de la plaine, antichambre de la ville ; le port, espace de commerce agité et métallique, les usines-monstres, le cabaret où le spectacle constitue aussi une forme d’illusion, la Bourse, lieu de la fièvre de l’argent… Enfin la mort qui, avec l’angoisse, reste le fil rouge de ce texte magnifique et visionnaire.
  Nicolas Mispelaere dit avec simplicité les premiers vers, puis arrache le rideau de tulle qui cachait des cubes blancs, rectangulaires ou carrés et une grande porte en fond de scène : autant d’écrans pour le «mapping vidéo», un procédé qui consiste à projeter des images sur des volumes pour créer des décors en trois dimensions. Travail très réussi : couleurs, contours, volumes mouvants, et  formes géométriques sont en parfaite adéquation avec les thématiques, sans tomber dans l’illustration naturaliste.
Un quatuor à cordes joue une belle partition, au service du spectacle : pas de grande symphonie irrespirable ! S’y mêle, par nappes, de la musique électronique ; son enregistré et son direct se fondent alors  très vite, et on ne fait plus la distinction.
  Les Villes tentaculaires a reçu le prix de la critique 2014,  pour la meilleure création artistique et technique.  Pas une image ne bave grâce à un éclairage simple et efficace: une prouesse quand on sait la difficulté qu’il y a à faire coïncider des faisceaux de lumière et d’images par vidéo-projecteur !
 Grâce à ce dispositif sophistiqué, l’enchaînement des poèmes ne  semble pas long. Ici, il y a autant à voir qu’à entendre, mais, distrait par les projections, on perd parfois le texte. Mais, après tout, un spectacle se doit d’être total ! L’interprétation, parfois en force et scandée ou criée, aurait gagné à être plus nuancée.  Même si la poésie porte une certaine fureur, quelques bémols dans le rythme auraient en effet permis de laisser souffler le spectateur qui se trouve dans une tension quasi- permanente…
Avec son costume très classique, le comédien paraît un peu décalé, comme jailli du passé, dans une mise en scène résolument  contemporaine. Mais bravo à Jean-Michel Van Den Eeyden de nous offrir la poésie puissante d’Émile Verhaeren : avec ses mots simples, porteurs d’images, son écriture n’a pas pris une ride.
On y entend parfois le Jacques Brel du plat pays. Un spectacle passionnant, qui donne envie de relire cet auteur belge un peu oublié chez nous. A conseiller aussi aux plus jeunes.

Julien Barsan

Spectacle vu au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris.
http://www.ancre.be/diffusion/Les_villes_tentaculaires

June Events

June Events/ dixième édition (suite)

Motifs chorégraphie de Pierre Pontvianne

PierrePontianne©cieparc_motifs_HD_5  Les danseurs, isolés dans la pénombre, de chaque côté d’un filet de lumière rayant le plateau, composent quelques figures statiques. La bande-son diffuse voix entremêlées et flots de paroles dont émergent quelques phrases intelligibles et récurrentes.
Un couple va bientôt se former pour ne plus se séparer, à l’exception de quelques cassures de rythme amenées par des percussions qui brisent le continuum pour figer leurs gestes.
Le chorégraphe a conçu un duo qu’il danse en osmose avec Marthe Krummenacher. Le dispositif quadri-frontal plonge le public au cœur du mouvement et lui permet de suivre au plus près les subtiles variations d’un pas de deux ininterrompu, glissé et fluide, porté par la musique de Benjamin Gibert. Les sons électroniques et instrumentaux superposés, tantôt liquides, tantôt secs, épousent les ruptures dans les entrelacs harmonieux des corps en symbiose, et leur soudaine fixité.
Cette fugue, construite et interprétée avec délicatesse, au bord de l’émotion, traduit à merveille l’approche esthétique de Pierre Pontvianne, à la recherche d’ « un état de simultanéité du faire et du défaire».
« L’instant présent me semble compact, dit-il. Comme un nœud je cherche à le desserrer. »On pourra revoir Marthe Krummenacher dans Janet on the roof, un solo qu’il prépare avec elle.

Spectacle vu le 11 juin au Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes

CCNR de Rilleux-La-Pape (69) les 24 et 25 septembre.

Janet on the roof : du 5 au 6 juillet, Festival des 7 collines (Saint-Etienne) ; du 10 au 14 octobre L’ADC (Genève) et le 4 novembre, Espace Le Corbusier (Firminy.

 

Jamais assez, chorégraphie de Fabrice Lambert

©  L’Expérience Harmaat - Laurent Philippe - Jamais Assez de Fabrice LambertDans le noir rampent des ombres, silencieuses. Elles s’agglutinent en une masse obscure, se divisent telles les cellules d’un même organisme. Lente progression d’une inquiétante animalité. Quand soudain, une clarté aveuglante révèle un groupe de dix danseurs qui forment une ronde irrégulière autour d’un onzième demeuré au sol.
Dans cette lumière solaire, commence un ballet nerveux  et une voix métallique annonce que nous sommes dans un endroit dangereux : « This is not a place for you to live (…) I would say that you should stay away from this place. We call it Onkalo. Onkalo means hiding place » (Ce n’est pas un endroit où vivre (…) Je dirais que vous ne devriez pas vous y aventurer. On l’appelle Onkalo. Onkalo signifie cachette).
Extrait de la bande-annonce d’Into Eternity, ce commentaire retentit sur Radioactivity (1976), la célèbre musique du groupe Kraftwerk. Jamais assez  a en effet été inspiré par le documentaire du danois Michael Madsen sur Onkalo (Finlande), un site où seront enfouies deux cent cinquante mille tonnes de déchets nucléaires qui brûleront dans les profondeurs de la terre pendant cent mille ans.
Sur ce défi lancé à la matière et au temps, à l’instar du documentariste, le chorégraphe s’interroge : «C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité qu’un projet sur une telle échelle voit le jour, explique-t-il. J’ai voulu rapprocher ce projet du mythe de Prométhée (…) La pièce se situe entre Prométhée et la quête de l’énergie, aujourd’hui si précieuse. (…) Et c’est ce terrain commun que j’ai voulu partager avec les danseurs. »
La tribu investit l’espace, et turbulente, se rassemble ou se déploie en atomes incontrôlés, s’entrechoquant ou se repoussant avec une énergie redoutable. Les lumières crues, chaudes ou vacillantes de Philippe Gladieux, d’une grande invention, soulignent le vertige qu’on éprouve à se projeter aussi loin dans le temps, l’inquiétante étrangeté des abysses d’Onkalo : «une cachette tout au fond de la terre ».
Le rythme s’emballe dans une folle et interminable farandole qui dessine sur le plateau, le symbole mathématique de l’infini. Clin d’œil final à l’ubris tragique des hommes qui jouent avec le feu : dans ce Jamais assez, ne faut-il pas entendre : toujours plus ?
Créé avec un grand succès au festival d’Avignon 2015, ce feu d’artifice d’une heure est loin d’avoir fini sa carrière…

Mireille Davidovici


Spectacle vu le 11 juin, au Théâtre de l’Aquarium, Cartoucherie de Vincennes.
Le 10 novembre à la Comédie de Clermont-Ferrand ; 13 décembre,à l’Onyx, Saint Herblain ; 15 décembre, au Grand R, La Rochelle ; du 18 au 21 janvier, Centre Georges Pompidou Paris avec le Théâtre de la Ville ; le 7 février, au Centre Culturel Jean Moulin de Limoges ; le 9 février, aux Treize Arches de Brive la Gaillarde  et le  28 février, au Centre des Bords de Marne, Le-Perreux-sur-Marne.

June Events se poursuit jusqu’au 18 juin.

 

Petits contes d’amour et d’obscurité

Petits contes d’amour et d’obscurité, texte et mise en scène de Lazare

Petits-contes-380x253Auteur, mais aussi metteur en scène d’une œuvre (voir Le Théâtre du Blog) que l’on a dit inclassable, à la fois pleine de fantaisie et qui flirte avec les arts plastiques, Lazare aime créer un théâtre avec des matériaux très divers, d’inspiration surréaliste, parfois proches de Tadeusz Kantor. Ces Petits contes tiennent d’une épopée du sentiment amoureux. Avec une mise en abyme du corps des acteurs, ici très sollicité.
De formation diverse, Anne Baudoux, Laurie Bellanca, Axel Bogousslavsky, (le remarquable acteur de Marguerite Duras et Claude Régy) Laurent Cazanave, Julien Lacroix, Claire Nouteau, Philippe Smith, accompagnés par Florent Vintrigner musicien, disent avec une grande virtuosité, ce texte parfois difficile qui tient plus d’un long poème, et qui devient prétexte à images, dont certaines de toute beauté, comme cette acrobate suspendue par les pieds à une poutrelle, ou cette jeune femme derrière une fenêtre, ou encore ces scènes d‘amour dans un gros cube tout éclairé de bleu.
Avec des éléments de décor sans doute récupérés: grandes cordes suspendues, miroirs sans tain, vieille armoire à glace des années cinquante en plaqué chêne, fenêtre sur un châssis à roulettes, ce qui introduit une fragmentation intéressante de l’espace scénique.
« Pour les Petits contes d’amour et d’obscurité, dit Lazare, j’ai voulu pouvoir donner place à cet ailleurs de la pensée, à des reflets déformants de notre réel, à notre subjectivité et notre imaginaire. Puis d’un seul coup, toutes choses disparaissent derrière des voiles noirs, et la présence de l’être-là au monde, en face de nous, dans un récit et une adresse directe au spectateur ».
C’est un spectacle intéressant mais souvent bavard et qui reste un peu confidentiel… Tout se passe comme si Lazare s’écoutait un peu trop écrire. Et ces Petits contes d’amour et d’obscurité, que l’on pourrait qualifier de « travail en cours », par ailleurs bien réalisé,  et sans doute bâti à partir d’improvisations, reste malgré de vraies qualités, encore assez brut de décoffrage et concerne plutôt les amateurs de Lazare…

Philippe du Vignal

Studio-Théâtre de Vitry (en collaboration avec le Cent-Quatre), 18, avenue de l’Insurrection 94400 Vitry-sur-Seine. T : 01 46 81 75 50,  jusqu’au 16 juin.

 

Festival des Caves à Besançon

Festival des Caves à Besançon:

Pour saluer Melville, librement inspiré de Jean Giono, mise en scène de Gilles Bouillon

 

c0003-00_02_27_24Le Festival des Caves fête ses dix ans, et a pris une  dimension impressionnante, avec du 30 avril au 30 juin, quelque treize spectacles présentés dans cinq villes de la région Franche-Comté-Bourgogne, et aussi dans cinq autres: Centre-Val de Loire, Hauts de France (quel vilain nom!), Ile-de-France, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Provence-Rhône-Alpes-Côte d’Azur, Rhône-Alpes-Auvergne. Et en Suisse à Neuchâtel….
Fondé par Guillaume Dujardin, metteur en scène, et professeur, ce festival fait appel à des habitants qui mettent à la disposition du public, la cave de leur maison, pour faire découvrir des textes rares, interprétés par une équipe de fidèles comédiens.

Les jauges très limitées (une quinzaine de spectateurs) imposent une gestion fine, avec rendez-vous pris à l’extérieur (sur le parvis de l’église de la Madeleine ce soir-là). Nous suivons notre guide dans un dédale de petites rues, et  il faut se pencher pour entrer dans la cave, en compagnie d’un public aux cheveux plutôt grisonnants.
Ce roman de Jean Giono, inspiré de Moby Dick (1851) d’Herman Melville (1819-1891) oublié à sa mort,  et redécouvert dans les années 1920. Il y raconte le retour du romancier, essayiste et poète américain qui, après ses expéditions, est confronté à une jeune femme, Adelina White dont il semble tomber amoureux, et qui se transforme en ange.

Le jeu-quelque peu sentencieux-d’Anaïs Mazan et Luc Schillinger nous garde éveillés, grâce à la proximité avec le public, mais il reste bien loin du terrible voyage du capitaine Achab à la poursuite de la baleine maudite qui avait dévoré sa jambe. Un travail théâtral qui reste figé dans la bienséance: nos rêves d’enfants s’échouent !

Edith Rappoport

Spectacle vu à Besançon le 11 juin. A Besançon 14 juin, et à Vesoul 16 juin. T : 03 63 35 71 04
www.festivaldecaves.fr/

 

Le travail des élèves de deuxième année au Conservatoire national

Le travail des élèves de deuxième année au Conservatoire National

 

Intérieur Jour Extérieur nuit, scènes d’Alfred de Musset, mise en scène de Sandy Ouvrier

 

 080616_PF_8903L’équation relève du défi: comment rendre compte en fin d’année, du travail de neuf filles et neuf garçons. En donnant le même morceau de gâteau à tous et convenant à chaque personnalité, avec une certaine unité dans les textes, et sans que cela dure cinq heures! En privilégiant la notion d’exercice, à la fois individuel et collectif- avec la quasi-obligation de doubler les personnages, mais sans nuire à la mise en scène qui doit être des plus solides, avec musiques, éclairages, éléments de décors et costumes dignes de ce nom. Bref, un exercice de haute voltige…
Sandy Ouvrier s’en tire remarquablement avec des scènes et textes d’Alfred de Musset. Soit dans une première partie des extraits d’A quoi rêvent les jeunes filles, Fantasio, Lorenzaccio, ces derniers particulièrement réussis avec la marquise Cibo (Louise Chevillotte), le duc Alexandre (Florent Hu) le cardinal Cibo (Jean-Frédéric Lemoues) Philippe Strozzi (Marceau Deschamps-Segura) et Lorenzaccio (Sonia Carvalho de Almeida).
Costumes contemporains mais de qualité assez inégale, mobilier des années cinquante: gros fauteuils de cuir usé, poste de radio à lampes, et quelques châssis/éléments de décor montés sur roulettes et que déplacent les apprentis-comédiens selon les scènes. 
Imaginés par Frank Echantillon et François Rey qui font un clin d’œil au tournage de films avec de gros projecteurs eux aussi sur roulettes, et participent avec une rare efficacité à la réussite du projet.
 Fil conducteur très malin: une voix off qui relie les différentes scènes d’une même pièce. Il y a aussi un extrait de La Nuit de mai, pas très convaincant et qui ne rend pas service à leurs interprètes et un morceau du Chandelier qui reste d’une étonnante actualité, non loin de François Truffaut.
 080616_PF_9209L’étonnant dans l’histoire: l’apparente facilité (mais il y a sûrement un gros travail derrière) et le plaisir évident avec laquelle ces élèves se coulent dans les phrases de ce dramaturge décidément inoxydable qui a toujours fait la joie des apprentis-comédiens. Diction et gestuelle parfaites: la moindre des choses dans un Conservatoire national mais  qui devient une denrée de plus en plus rare.
 Seule réserve: une nette tendance à la criaillerie, inutile car le théâtre possède une acoustique des plus formidables, même sur un plateau nu et sans aucun pendrillon. Comme le rappelle une plaque sur la façade du théâtre, c’et ici que les Parisiens découvrirent la musique du jeune Ludwig van Beethoven…
 La deuxième partie est consacrée de nouveau à Fantasio  et à La Nuit de mai mais aussi et surtout, à  l’incontournable On ne badine pas avec l’amour, qui clôt la soirée avec  bonheur. On y  retrouve les mêmes qualités de jeu et avec, pour une fois, celui des garçons à la même hauteur que celui des filles : notamment les trois Perdican: Selim Zahrani, Marceau Deschamps-Segura et Charlie Chabert)  Rosette (Louise Guillaume) et les deux Camille: Hanne Mathisen Haga et Louise Chevillotte  sont tout aussi bien.
On ne peut citer tout le monde et on sera sans doute injuste…
Cette présentation de travail s’apparente à un vrai spectacle, et Sandy Ouvrier a réussi à créer des images qui donnent une belle tonalité à l’ensemble comme, entre autres, cette jeune femme derrière une fenêtre éclairée de l’intérieur (bon travail de Lauriano di Rosa), ces fleurs éparpillées sur le plateau, ou cette marche en rythme sous la neige qui tombe comme dans les spectacles de Jérôme Savary), de cour à l’arrière jardin, très “pinabauschienne”, avec filles et garçons munis d’un parapluie qu’ils ouvrent en entrant sur la plateau et qui laissent échapper des feuilles mortes: remarquable…
  Seule réserve: cet ensemble de scènes tout à fait intéressant, réalisé avec intelligence et sensibilité, est, malgré un entracte, d’évidence beaucoup trop long. Pourquoi ne pas avoir fait deux volets? En tout cas, ces jeunes gens rêvés par Alfred de Musset semblent des plus actuels, et cette relation à un monde depuis longtemps évanoui, est sans doute, grâce à Sandy Ouvrier et à ses élèves, le plus émouvant dans cette présenatation…
 
Philippe du Vignal

Conservatoire  National Supérieur d’Art Dramatique 2 bis Rue du Conservatoire, 75009 Paris. T:  01 42 46 12 91

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