6 A.M. how to disappear completely

Festival d’Avignon

6 A.M. how to disappear completely  d’après Friederich Hölderlin, conception et mise en scène du Blitztheatre group

 

 BLITZ_6AM_ELG7926_site_© ELINA GIOUNANLI_0Ce collectif grec de création a été formé en 2004 par Angeliki Papoulia, Christos Passalis et Yorgos Valais, avec comme principe fondateur: “Appréhender le théâtre comme un espace essentiel de rencontres et d’échanges d’idées plus que le lieu de la virtuosité et des vérités préfabriquées.
Le groupe avait fait parler de lui en Europe, quand il avait monté Guns! Guns! Guns! une revue sur les révolutions du XX ème siècle, en écho aux  manifestations populaires dans les rues d’Athènes. Il a aussi créé en 2012 Late night, un bal au milieu des gravats, métaphore évidente d’une Europe en train de basculer à jamais…
Ici, il s’agit, si on a bien compris d’une sorte de performance, teintée du pessimisme le plus noir, qui doit tout autant aux images scéniques qu’à la poésie du grand poète allemand.  Régulièrement, à Bordeaux avec Jacques Albert-Canque (voir Le Théâtre du Blog) ou ailleurs, le grand Hölderlin a inspiré nombre de metteurs en scène, depuis le mémorable spectacle de Klaus-Michaël Grüber Winterreise (1977) dans ces années de terrorisme qui suivirent  le“suicide”en prison d’Ulrike Meinhof et Andreas Baader).
Un comédien y courait sur  la piste, en  proférant le texte du poète jusqu’à  son effondrement. Donné à l’immense Olympiastadion de Berlin absolument vide, lieu symbolique des Jeux Olympiques sous le régime nazi en 1936, ce spectacle/performance aura sûrement influencé ce collectif.

  Sur scène, une jeune comédienne dit avec beacoup d’intelligence et sensibilité des extraits du poème Ménon pleurant Diotima de Friderich Hölderlin, très bien traduit en français par Philippe Jaccottet. Ensuite, trois quarts d’heure durant,  des acteurs évoluent  sur un plateau nu mais encombré de structures métalliques et d’installations sur plusieurs niveaux. On pense à des spectacles comme La Tour de l’argent du fameux Living Theatre dans les années 70. Avec un recours à une association entre musique électronique, gestuelle, et texte du poète dont certaines phrases  reviendront plus tard en boucle. “Nous essayions d’emmener le public, disent les membres de ce collectif”, dans des voies cachées, inconscientes, subconscientes, sans tenter de l’aborder de manière frontale ou directe, sans prendre le temps de justifier ou d’analyser ce qui est en train de se passer”.
  Mais cela ne marche pas vraiment et en fait, tout se passe comme si ce collectif avait eu le plus grand mal à associer un environnement très prégnant: machines en métal, praticable tournant sur roulettes, arbustes et gravats tombant des cintres comme ces triples nœuds coulants, brumes épaisses , etc. par ailleurs assez réussi sur le plan visuel, avec le poème de Friederich Hölderlin.
Avec cependant un final réussi: juste un ironique panneau en lettres lumineuses fluo comme ceux d’artistes, entre autres, Joseph Kosuth, Martial Raysse ou Mario Merz:  ENTHOUSIASME en lettres cyrilliques. Mais bon, règne quand même sur l’ensemble du spectacle, un certain ennui comme dans tout happening qui se respecte, aurait dit John Cage.

  Bref, cela ne  dure que soixante-dix minutes, mais on reste un peu sur sa faim…

 Philippe du Vignal

 Opéra d’Avignon jusqu’au 10 juillet à 18h.

 


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