Montpellier danse 2016

Montpellier Danse 2016

 

syndrome-ian-une-marc-coudraisEncore une belle édition à mettre au palmarès de son directeur «historique» Jean-Paul Montanari. On ne compte plus les succès de ce festival International de la danse, devenu au fil des années, un des plus importants en Europe.
Un des atouts de Jean-Paul Montanari tient à ce qu’il a toujours maintenu un parfait équilibre entre les spectacles grand public et des propositions très pointues, programmant des célébrités, de Maurice Béjart à Merce Cunningham, tout en accompagnant la création contemporaine.
Le public a suivi et les salles sont pleines, presque à chaque représentation. Cette année, il y eut plusieurs temps forts, dont la venue du Dresden Frankfurt Dance Company, sorte de renaissance du Frankfurt Ballet, longtemps dirigé par William Forsythe qui lui avait imprimé son style, et aujourd’hui placé sous la houlette de Jacopo Godani, un de ses anciens danseurs.
 La compagnie possède des interprètes hors-pair qui, dans Primate Trilogy,  traduisent merveilleusement Forsythe,  même si le spectacle est signé Godani, en attendant que leur directeur se soit libéré de l’influence du maître.

Parmi les créations les plus intéressantes de cette trente-sixième édition : Le Syndrome Ian de Christian Rizzo: une plongée dans les clubs londoniens des années 80 que fréquentait me chorégraphe, et où coexistaient danses disco et post-punk, les premières tout en lancinantes ondulations, les secondes nettement plus agressives.
Le contraste entre ces différentes danses, et ces différents corps, et ce qu’il en reste maintenant a intrigué le chorégraphe qui a trouvé un écho dans le monde aujourd’hui où certains s’enfoncent dans la distraction festive, et où d’autres s’apprêtent au combat.

Emmanuel Gat, familier du festival, a créé Sunny : une pièce en effet, lumineuse. Avec des  danseurs emportés dans un mouvement qui ne s’arrête jamais, à deux, à trois, en groupe ou en solo, accompagnés dans leur élan par la musique électronique du DJ Awir Leon, ancien danseur de Gat. Notons l’absence d’un autre familier de Montpellier Danse, Raimund Hoghe, l’ancien dramaturge de Pina Bausch, qui nous avait habitué à admirer ses longues plages aux mouvements lents, toujours rigoureusement construites, et avec une attention particulière à la musique.
Un focus sur les artistes iraniens a permis de découvrir quelques très jeunes chorégraphes qui, avec courage, ont bravé la censure religieuse de leur pays. A voir cette si riche programmation et les manifestations qui l’entourent, comme les grandes leçons de danse, les séances quotidiennes de projections organisées par Arte, et les conférences de presse, Montpellier Danse échappe à la morosité d’un contexte culturel, quand les subventions sont rognées de tous côtés.
Mais le festival peut compter sur quelques fidélités avec, au premier rang, la Fondation BNP-Paribas qui, en soutenant plusieurs artistes présents et en assurant la résidence de certains d’entre eux, participe à la qualité de l’événement.

Sonia Schoonejans

 

 


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