King Kong Théorie

Festival d’Avignon:

 King Kong Théorie, extraits du livre de Virginie Despentes, mise en scène d’Emilie Charriot

 E Charriot - King Kong Théorie_ 1 © Philippe  Weissbrodt«J’écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal-baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du marché à la bonne meuf.» Le texte, écrit en 2006 par une auteure controversée, et présenté par certains comme le manifeste d’un nouveau féminisme, reste d’une actualité bouleversante. Ce que cette mise en scène minimaliste nous fait entendre ici, dans toute sa force déstructurante.
Sur le plateau nu, se succèdent une danseuse, Géraldine Collet, et une comédienne, Julia Perazzini, dans trois solos dont le passage sur la prostitution est dit en coulisse,  alors que sa partenaire reste immobile.
Peu ou pas de gestes illustratifs, à part quelques pas de danse, mais des regards insistants vers le public qu’elles prennent à témoin et forcent à une écoute attentive. Les phrases, lancées comme des flèches, nous obligent donc à un effort de concentration. 

 Ce récit cru, mélange de souffrance et de liberté, où l’auteure décrit son viol et son passage à la prostitution, nous dérange. Debout au milieu du plateau,  fragiles en équilibre sur un fil imaginaire, ou sûres d’elles et combattantes, les interprètes de King Kong Theory nous bouleversent. Vers la fin, une chanson de Nina Simone libère notre émotion. Puis vient le silence,  un long silence, rare aujourd’hui au théâtre et encore plus rare dans la vraie vie, qui nous fait prendre conscience de l’importance du verbe et de son sens.
«J’ai échoué à être une femme convenable, dit Virginie Despentes. »
Cette mise en scène épurée nous fait ressentir pleinement cet échec et les multiples fractures humaines qui y sont associées.
Un moment rare dans ce festival.

 Jean Couturier

 Théâtre Gilgamesh jusqu’au 24 juillet à 17h 50.

 


Archive pour 12 juillet, 2016

Mirong,le sourire de la perfection

Festival d’Avignon. 

 

Mirong, le sourire de la perfection par la compagnie coréenne See-sun.

 

mirongDeux histoires et deux univers se croisent ici ,avec une belle énergie communicative et une parfaite beauté de gestes. Une aventure amoureuse entre des danseurs de cour, la femme, Choyoung et l’homme, Doil,  est contrariée par la jalousie de Changha, leur maître de la danse. Doil, alors obligé de quitter la cour, rejoint une troupe de saltimbanques. Le but de ce récit est la recherche du Mirong, un sourire qui marque l’apogée de la danse de cour (Chunaengjeon).

 Un tulle en fond de scène, à cour, et à jardin, permet de beaux jeux d’ombres. Le style des artistes rappelle celui de la commedia dell’arte, d’autant que les baladins, interprétés par des hommes et masqués, interagissent avec le public. 
Les allusions au sexe ponctuent cette aventure : priapisme, accouplement, castration, souvent bien plus expressives que la nudité, trop fréquente sur nos scènes.
 Le spectacle, réduit à cinquante minutes pour son exploitation à Avignon comporte de très beaux moments de danse, en particulier lorsque les deux amants se retrouvent après quarante années de séparation. La précision des gestes est valorisée par des costumes traditionnels et une musique harmonieuse.

 Choyoung, est une danseuse principale fascinante de fragilité et de grâce, et les autres artistes s’engagent totalement dans leur jeu.  Le public a beaucoup apprécié la ferveur et la générosité de ces comédiens venus de loin, dans le cadre de l’année France/Corée. 

Une belle occasion de voir un spectacle à midi trente dans le Off.

 Jean Couturier

 Présence Pasteur jusqu’au 30 juillet à 12h 30.

 

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