Le Mois de Marie, précédé de L’Imitateur

Le Mois de Marie précédé de L’Imitateur de Thomas Bernhard

  mois-de-marieSoirée diapos : un Bavarois en costume traditionnel de randonneur, avec hautes chaussettes et harnais de cuir (Pascal Rozand), projette sur un petit écran, balcons fleuris jusqu’à la gueule, vaches fleuries aussi, spécialités culinaires, et chalets de bois devant de grandes étendues verdoyantes : autant de clichés que l’on a de cette région…

Régulièrement, l’image d’un cimetière s’intercale entre deux photos, prétexte  à raconter un fait divers, plutôt macabre, et souvent sans « chute ». Des récits de morts, plus stupides les uns que les autres. Comme par exemple, celui  de ces habitants rendus fous par le brouillard qui sévit six mois de l’année dans leur village, ou ce père de famille, peut-être un lointain ancêtre de Xavier Dupont de Ligonnès, qui trucide ses enfants. Toutes ces horreurs débitées par notre montagnard comme des souvenirs de vacances. Drôle et terriblement cynique, et qui annonce bien la suite !

Apparaît une sorte de petit castelet à plat, sorte de plateau avec décor et nuages où sont installées deux vieilles en costumes et mantilles identiques, vamps version bigotes. Perchées au-dessus de leur village, elles pourraient aussi bien  être assises sur un banc toute la journée. Elles portent le même nom et devisent sur la mort d’un certain Monsieur Geissrathner qui, en sortant de chez lui sans regarder, s’est fait écraser par un Turc.
 Le racisme ordinaire n’est jamais loin, entre Turcs et Yougoslaves.
L’auteur épingle aussi l’hypocrisie de son pays où les gens se regardent, s’épient et se critiquent en s’adressant de larges sourires ! Malgré la drôlerie des propos, la mort rôde : d’ailleurs le personnage déclare, non sans humour : « Quelqu’un qui se tue, c’est quelqu’un de dangereux … mais on ne le sait qu’après. »

 Frédéric Garbe réussit à mettre en scène cette farce, sans lui enlever de sa teneur sordide. Accompagné de Gilbert Traïna, il incarne aussi l’une des deux commères qui flottent au-dessus du village et de sa petite route où passe l’ambulance. Leurs voix et surtout leurs gestes, très précis, se répondent en écho, par exemple, quand ils ajustent leurs mantilles. Cette chorégraphie accompagne leurs paroles et aussi leurs silences, tout aussi remplis de sens. Un excellent spectacle qui nous faire rire tout en nous glaçant le sang

Julien Barsan

Théâtre des Halles à 16h30 (relâche les 18 et 25) T.04 32 76 24 51

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