Un gros gras grand Gargantua

Festival d’Avignon:

Un gros gras grand Gargantua, texte de Pascale Hilion, mise en scène d’Isabelle Starkier

 gargantua-miniature-horizontaleEn entrant, les spectateurs se retrouvent nez à nez avec un personnage tout en rondeur. Son nom : Alcofribas Nasier, (anagramme de François Rabelais). Ici, tout est en place pour attaquer  la journée : console de jeux et casque sur les oreilles, énorme gobelet rempli de soda avec paille géante, et grand sac plein de popcorns… : l’univers quotidien et les jeux préférés d’Alcofribas.
Seulement voilà, ce jeune héros de 11 ans, à la chevelure ébouriffée et habillé de couleurs vives, a un problème existentiel. Il mange trop, beaucoup trop ! « Tu dois maigrir, Aricofils ! Avec un nom comme ça, lui dit sa mère, tu devrais être mince comme un fil ! »,.

Mais les oreilles bouchées par le casque, Alcofribas n’entend rien. Triste,  enfermé dans son monde, avec, pour seule compagnie, sa boulimie et ses jeux électroniques. Cela ne peut continuer ainsi. «Tu as un frigo à la place du cerveau ! » lui déclare sa mère. Et, au grand désespoir d’Alcofribas, ses parents décident de lui offrir comme cadeau de Noël, une cure d’amaigrissement à la clinique de Thélème.
Désemparé, et contre sa volonté, Alcofribas y entre mais reçoit heureusement la visite d’Eudemon, l’infirmier : «Je viens discuter avec toi et nourrir ton esprit ». Lui-même « ex-grand gosier », révèle à notre jeune ami, comment il a été sauvé par l’histoire d’un géant.
Cette confidence va bouleverser la vie d’Alcofribas !
« Devenir un grand gosier heureux sera désormais possible » précise l’auteure Pascale Hilion, pour laquelle et pour la metteuse en scène, il s’agissait à partir de ce deuxième roman (1534) de François Rabelais, d’écrire un texte,  et de créer un spectacle original et contemporain pour petits et grands.

L’écriture de Pascale Hilion maintient toute la profondeur et l’humour présents dans la langue rabelaisienne. «Sous le burlesque énorme, dit-elle, se cache une protestation courageuse ». La mise en scène fait appel à la commedia dell’arte, aux marionnettes et au film d’animation.
La musique, très beau travail de «métissage des genres musicaux » de Raphaël Starkier, entre en résonance avec l’étrangeté et le burlesque des situations dramatiques, et crée l’émotion.
 Le public suit avec ravissement le parcours initiatique de ce jeune adolescent un peu paumé et attachant. La magie théâtrale opère, et nous assistons à une rencontre ludique et profonde entre ce récit du XVIème siècle, et cette version théâtrale.

En cette période estivale, Un gros gras grand Gargantua nous invite dans l’univers enchanteur, mais très actuel et sans détour de la jeunesse et les relations humaines. C’est aussi une occasion de retrouver, ou de découvrir le monde truculent, si moderne de François Rabelais.

 Elisabeth Naud

 Théâtre du Centre, jusqu’au 30 juillet. 13 rue Louis Pasteur. T: 06 64 91 55 67. 

 

 


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