Institut Benajamenta

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Festival d’Avignon:

L’institut Benjamenta d’après le roman de Robert Walser, adaptation de Bérangère Ventusso et Pierre-Yves Chapalain, mise en scène de Bérangère Ventusso

Bienvenue dans cette pension pour jeunes garçons, qui forme au métier de domestique, « d’humble et de subalterne ». Tenu d’une main de fer par Monsieur Benjamenta, homme dur et peu sympathique…
Le jeune Jacob Von Gunten qui y arrive, reçoit un accueil froid du maître des lieux, à qui il doit céder tout son argent. Il s’y ennuie vite, refuse d’être dans la même chambre que ses trois autres camarades, trouve qu’il n’apprend pas grand chose et qu’il n’a pas souvent de devoirs, lui qui vient d’une «grande famille»,  comme il le dit souvent.
 Il fait la connaissance de Mademoiselle, sorte de préceptrice et sœur de Monsieur, que les autres garçons accueillent chaque jour avec plus de déférence que la veille. Il s’ennuie, et veut partir : cette école n’est pas à sa hauteur, mais peu à peu Monsieur Benjamenta devient plus proche de lui, le supplie de rester, et est même prêt à abandonner l’institut qui porte son nom, pour s’en aller loin avec Jacob.

La frontière entre le réel et l’imaginaire est présente dans l’écriture, et les marionnettes  bien adaptées. Celles des spectacles de Bérangère Vantusso, toujours impressionnantes de réalisme, représentent bien les traits des jeunes garçons mais sont constituées uniquement du tronc, des bras et de la tête.
Les manipulateurs les saisissent parfois et marchent avec;  on a alors vraiment l’impression que les jambes du manipulateur sont celles de la marionnette.
Devant un grand voile, juste une grande table et deux éléments en bois clair, les autres marionnettes sortent de boîtes de carton. Un décor très neutre qui doit faire travailler l’imaginaire du public.

Les précédentes créations ((voir Le rêve d’Anna dans Le Théâtre du Blog) de Bérangère Vantusso, une des marionnettistes les plus en vue avec sa compagnie Trois-six-trente, ont été marquantes. Mais ici, elle a voulu nous plonger dans le monde intérieur du jeune Jacob,  ce qui l’a conduit à réaliser un spectacle beau mais… lent et sans rythme. Elle dissocie voix et corps, et fait de Jacob un récitant principal jusqu’à glisser de la narration au jeu.
Les manipulations, inspirées du bunraku japonais, donnent lieu en effet à des tableaux où marionnettes et acteurs se partagent l’interprétation d’un seul personnage, dans une lumière homogène.
Mais le spectacle tourne lentement en rond pendant une heure trente, comme la tournette au centre du plateau… Ici Bérangère Ventusso joue sur le trouble, sur le fil qui sépare convention et illusion, pour  nous emmener  dans un entre-deux de conscience mais qui nous laisse au bord de la rive !
On a connu le travail de cette compagnie plus incarné et plus proche de nous, et bien plus humain…

Julien Barsan

Spectacle joué au Gymnase du Lycée Saint-Joseph du 8 au 13 juillet.
Et à Strasbourg, les 22 au 23 septembre ; Tours du 29 septembre au 7 octobre ; Épinal les 17 et 18 novembre ; Sartrouville du 22 au 24 novembre ; Draguignan le 3 décembre ; Nevers  le 9 décembre ; Lille du 1er au 9 février ; Thionville  du 8 au 10 mars ; Clamart les 24 et 25 mars.
Le roman, traduction de Marthe Robert, est publié aux éditions Gallimard, collection L’Imaginaire.

 

 


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