Femmes des Suds

Les Femmes du Sud miroir

Festival d’Avignon:

Femmes des Suds, texte de Ricardo Montserrat, mise en scène et chansons de Catherine Lecoq

 Femmes de l’ombre sous le soleil du Sud, femmes de travailleurs des chantiers navals de La Seyne-sur-Mer, femmes au foyer, ou ouvrières, mères ou amantes… Femmes toujours vivantes malgré  l’économie de marché qui, en fermant les usines, a cruellement balayé une partie de leur passé.
 Leur parole a été recueillie par Ricardo Montserrat.  Et Orphéon, une compagnie varoise qui œuvre avec une merveilleuse obstination  à la transmission, l’a confiée à Catherine Lecoq, leur porte-voix, qui, au micro, nous conte les menues anecdotes du bonheur, à l’époque où se vendaient avec enthousiasme L’Huma et VO, (La Vie Ouvrière), où chaque coin de rue avait son boulanger et où les hommes sentaient la Gitane maïs.

Son récit, émaillé de chansons originales et d’airs célèbres (On dirait le Sud, Bella Ciao…) est soutenu par Marie Gottrand au piano et Aurélie Lombard à l’accordéon, en salopette bleue d’ouvrier.
Derrière elles, sur un fil à linge, de magnifiques torchons peints avec les symboles de cette vie simple : un poulpe (moins malmené que dans le spectacle d’ Angelica Liddell au cloître des Carmes, voir Le Théâtre du Blog), des oursins, un poumon, un cœur-estuaire, une cafetière italienne. Sur un guéridon, des journaux pliés en forme de bateau.

 La chanteuse, aux boucles flamboyantes et au sourire communicatif, déroule pour un public nostalgique (certains ont connu les quartiers des chantiers), une belle galerie de portraits : l’Italien fatigué, le grutier monté si haut, celui qui forge un bracelet inoxydable pour sa belle, une mère tunisienne qui ne veut pas que ses enfants fassent le ménage mais leurs devoirs… Chaleureux hymne aux gens heureux !
 Tout un monde où système D, débrouille dite «bricole », mais aussi débrayages, défense des acquis et  système A (amour, amitié) sont chantés ici. Avec des jeux de mots parfois faciles (les boules du mari), un ton un brin naïf, au diapason de ces temps de fraternité et  loisirs «cons mais conviviaux ». Catherine Lecoq, loin de la performance vocale, privilégie la sincérité et la simplicité de ces témoignages.

 Combats et revendications : SOS racisme, demandeurs d’asile, condition féminine, crèche… On fustige les crapules : capital et sous-traitance. L’ensemble fleure bon les métiers d’autrefois mais on aurait aimé davantage de connivence entre les musiciennes et la chanteuse, pour soutenir l’esprit de solidarité qui prévaut dans ce spectacle fleur bleue qui célèbre métiers humbles, et grand cœur des petites gens.

 Stéphanie Ruffier

Théâtre de la Rotonde, jusqu’au 18 juillet à 16h05. T : 06 46 51 89 29

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2 commentaires

  1. Stephanie Ruffier dit :

    Catherine,
    Merci pour votre retour. J’ai connu qq avanies avec mon ordinateur et mon téléphone, d’où ma réponse un peu tardive…
    Il me semble que les épines peuvent être encore plus piquantes. Les PBQ féministes et prolétaires sont évoquées, certes, mais encore un peu gentiment. D’où mon terme « fleur bleue ».
    Je serai ravie de revoir ce spectacle et l’évolution de votre trio (je vis dans le Var).
    Bien à vous, S.

  2. Catherine Lecoq dit :

    Bonjour Stéphanie

    merci de cet article si juste et sensible, j’émets néanmoins un petit rectificatif puisque c’est un blog et que l’on peut débattre, le spectacle ne me parait pas fleur bleue, ou alors les fleurs ont des épines, et la complicité avec les musiciennes il est vrai, a été travaillée au fil des représentations, opportunité que nous donne Avignon, de pouvoir jouer tous les jours et de continuer à chercher , et à trouver au mieux , la nuit, des pistes qui nous traversent. Il est vrai que le spectacle vivant surtout avec des musiciennes, est un exercice ardu ,parce que les musiciennes veulent jouer de leurs instruments, quand je joue du mien, la voix, mais nous continuons à perfectionner notre complicité , et de même que les textes sont maintenant uniquement en adresse public sans pupitre , les merveilleuses instrumentistes qui m’accompagnent s’intègrent de plus en plus aux chantiers …pour notre plus grand bonheur ! Mais nous avons si peu l’occasion de nous retrouver pour travailler sur le long terme …que ces moments là sont précieux pour l’avenir ! Revenez le voir si le cœur vous en dit lors d’une représentation dans la région, voire Avignonnaise dans l’année, je vous tiendrai au courant , et vous verrez que nous avons pensé la même chose au même moment…Merci d’avoir senti la simplicité que je veux donner à ces propos ouvriers . Bien à vous Catherine Lecoq

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