Revolt. She said. Revolt again

Festival d’Avignon:

 

Revolt. She said. Revolt again,  d’Alice Birch, traduction de Sarah Vermande, mise en scène d’Arnaud Anckaert

 revolt_grdDans la patinoire d’Avignon, un espace clos et nu aux murs jaunes, juste quelques gradins. Un lieu esthétiquement très simple, conçu pour la représentation de la pièce. En fond de scène, des chaises, une table, des costumes, quelques objets disparates, et côté cour : une batterie et quelques instruments.
Et suspendue, omniprésente : une enseigne lumineuse, rouge et noire où, à chaque changement de séquences, apparaissent en clignotant, des slogans : «Révolutionnez le langage », « Ne vous mariez pas » etc…
Ce maître-mot: révolutionnez, reviendra à plusieurs reprises, scander le rythme des fragments dramatiques de ce spectacle musical qui à la fois drôle et féroce, attire  notre attention  sur les femmes et les hommes de la société occidentale du XXIème siècle qui vivent  dans un monde globalisé.

Avec une dramaturgie parfois déconcertante et une écriture non narrative, cette auteure britannique de vingt-neuf ans crée un univers vrai, sans concession, et d’une grande théâtralité. Le public ressent ici, à travers les situations existentielles (professionnelles, sentimentales, sexuelles…) une étonnante complicité avec les personnages. Arnaud Anckaert a imaginé une mise en scène sobre, et sans aucun effet sophistiqué, et il réussit à faire  exploser malaises retenus, désirs frustrés, violences intimes, et inégalités, déguisées mais quotidiennes, de ces personnages. «Les comédiens sont véritablement au centre de la représentation. Des hommes sont amenés à jouer le rôle des femmes, des femmes changent de rôle, rien de sage; j’ai voulu  respecter l’écriture d’Alice Birch. »

Jeu sensible, convaincant de Mounya Boudiaf, Antoine Lemaire et Pauline Jambert,  soutenu par la musique de Benjamin Collier.  Ce  théâtre ne cherche pas à faire illusion  et le public touché par cette langue, juste, parfois très crue, jamais vulgaire,  rit aussi ! C’est une des forces de cette pièce.
«Que montrer des rapports hommes/femmes ? Que faire ? Que révolutionner ? Dans un monde globalisé ? ». Nous sommes invités, malgré tout, à ne pas suivre le mollusque, grand manitou de la société de consommation et du simulacre. Et à continuer de pouvoir rêver, créer, entreprendre en toute liberté….

 Elisabeth Naud

La Manufacture (Patinoire) du 6 au 24 juillet. Rencontres théâtrales Charles Dullin le 24 novembre au Théâtre de Rungis.


Archive pour 29 juillet, 2016

Revolt. She said. Revolt again

Festival d’Avignon:

 

Revolt. She said. Revolt again,  d’Alice Birch, traduction de Sarah Vermande, mise en scène d’Arnaud Anckaert

 revolt_grdDans la patinoire d’Avignon, un espace clos et nu aux murs jaunes, juste quelques gradins. Un lieu esthétiquement très simple, conçu pour la représentation de la pièce. En fond de scène, des chaises, une table, des costumes, quelques objets disparates, et côté cour : une batterie et quelques instruments.
Et suspendue, omniprésente : une enseigne lumineuse, rouge et noire où, à chaque changement de séquences, apparaissent en clignotant, des slogans : «Révolutionnez le langage », « Ne vous mariez pas » etc…
Ce maître-mot: révolutionnez, reviendra à plusieurs reprises, scander le rythme des fragments dramatiques de ce spectacle musical qui à la fois drôle et féroce, attire  notre attention  sur les femmes et les hommes de la société occidentale du XXIème siècle qui vivent  dans un monde globalisé.

Avec une dramaturgie parfois déconcertante et une écriture non narrative, cette auteure britannique de vingt-neuf ans crée un univers vrai, sans concession, et d’une grande théâtralité. Le public ressent ici, à travers les situations existentielles (professionnelles, sentimentales, sexuelles…) une étonnante complicité avec les personnages. Arnaud Anckaert a imaginé une mise en scène sobre, et sans aucun effet sophistiqué, et il réussit à faire  exploser malaises retenus, désirs frustrés, violences intimes, et inégalités, déguisées mais quotidiennes, de ces personnages. «Les comédiens sont véritablement au centre de la représentation. Des hommes sont amenés à jouer le rôle des femmes, des femmes changent de rôle, rien de sage; j’ai voulu  respecter l’écriture d’Alice Birch. »

Jeu sensible, convaincant de Mounya Boudiaf, Antoine Lemaire et Pauline Jambert,  soutenu par la musique de Benjamin Collier.  Ce  théâtre ne cherche pas à faire illusion  et le public touché par cette langue, juste, parfois très crue, jamais vulgaire,  rit aussi ! C’est une des forces de cette pièce.
«Que montrer des rapports hommes/femmes ? Que faire ? Que révolutionner ? Dans un monde globalisé ? ». Nous sommes invités, malgré tout, à ne pas suivre le mollusque, grand manitou de la société de consommation et du simulacre. Et à continuer de pouvoir rêver, créer, entreprendre en toute liberté….

 Elisabeth Naud

La Manufacture (Patinoire) du 6 au 24 juillet. Rencontres théâtrales Charles Dullin le 24 novembre au Théâtre de Rungis.

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