Métamorphoses de la scène

Métamorphoses de la scène, réalisée par l’Association Jean Vilar et  la Comédie-Française

 

Maquette de Stéphanie Mathieu de "Juste la fin du monde". (P. Lorette/collection Comédie-Française

Maquette de Stéphanie Mathieu de « Juste la fin du monde ». (P. Lorette/collection Comédie-Française

Il y a dix ans, la Maison Jean Vilar avait exposé cinquante-six des plus beaux costumes, des débuts du Festival  en 1947 jusqu’à la dernière mise en scène de Jean Vilar au Festival d’Avignon en 1963. On doit à Paul Puaux, son proche collaborateur puis son successeur d’avoir su rassembler cette collection exceptionnelle de plus de 1.200 costumes.
Soigneusement gardée au Palais des papes, c’est en France une mémoire exceptionnelle de ce que fut la grande aventure du Théâtre National Populaire ; on retrouve certains de ces costumes à l’entrée de l’exposition dans le hall de la Maison Jean Vilar. Formidablement vivants même si on n’a pas le recul nécessaire pour les apprécier, puisqu’ils étaient conçus pour être vus dans la salle du palais de Chaillot de plus de 2.000 places ou dans la Cour d’honneur. Certains semblent comme hypertrophiés mais comment juger, en les ayant si près des yeux ! Mais quelle émotion car on ne les voit que très rarement.
Et est aussi exposés une très belle et grande maquette, qui passionne les visiteurs, de la Cour d’honneur à la création en 1947 de Richard II. Avec une scène relativement petite et de simples chaises de jardin, au lieu de l’impressionnante série de gradins actuelle… Emouvant car bien rares sont les Avignonnais et les autres encore vivants qui ont pu voir le spectacle…
Pus à l’étage, sont présentées quelque soixante maquettes de spectacles créés à la Comédie-Française, et étonnamment bien conservées. Ces esquisses de spectacle, réalisées en volume et pour l’essentiel en carton, balsa et papier, sont aussi éphémères, et subissent les effets de la poussière, du soleil et/ou disparaissent souvent.

  La plupart de qualité inégale.  On peut voir celle de décorateurs comme entre autres, Christian Bérard qui avait beaucoup travaillé avec Louis Jouvet surtout, de Georges Wakhévitch ou  Suzanne Lalique, très influencés par la peinture souvent classique. Mais aussi celle d’André Acquart, Jean-Paul Chambas, ou Eric Ruf metteur en scène devenu depuis administrateur de la Comédie-Française. Mais pourquoi ne pas avoir présenté en même temps des photos des spectacles concernés, et des programmes : volonté de discrétion ?
On s’explique mal en tout cas le peu d’éléments de lecture offerts aux visiteurs qui, pour la plupart, n’ont jamais vu les spectacles présentés et ne peuvent donc qu’avoir une idée très approximative des spectacles. Si bien que malgré la qualité de la présentation, on reste sur sa faim. Dommage!

Philippe du Vignal

Maison Jean Vilar, rue de Mons,Avignon. L’exposition a été ouverte tous les jours  pendant le festival  et le restera  de 9h à 20h, en août et septembre, de de 10h30 à 19h.  
Entrée : 5 € , catalogue : 7,50 € . Forfait entrée + catalogue : 10€ 
9,50 € avec la visite du Palais des papes.

Cahiers de la Maison Jean Vilar n° 99


Archive pour 10 août, 2016

Duncan Chisholm

Festival Interceltique de Lorient :

Duncan Chisholm

(C)Somhairle MacDonald

(C)Somhairle MacDonald

 Habitué des scènes du Royaume-Uni, d’Europe et des Etats-Unis, avec sa rigueur et son sourire franc, Duncan Chisholm,  a, au  F.I.L., maintes fois eu l’occasion de jouer avec son groupe de rock celtique Wolfstone et avec celui de Julie Fowli. Originaire d’Inverness (Highlands),  on le considère comme l’un des grands solistes   au violon (ou « fiddle ») d’Écosse.
Duncan Chilshom est accompagné par de brillants instrumentistes aux guitares, violons, violoncelle et piano, et par Jarlath Henderson aux « uillean pipes » et à la flûte traversière, Patsy Reid, à l’alto et au piano.
Cet ensemble de cordes et cuivres donne une couleur profonde à ses douces mélodies  et privilégie des sonorités variant à l’infini, autour de la prestation à la fois précise et précieuse du « fiddle » de Duncan Chisholm qui fait se succéder les traditionnels écossais
« reel » et gigue, à des compositions personnelles, dont la teneur poétique ouvre largement au souffle des Highlands.

Le violoniste,  en véritable montagnard de cette contrée écossaise, joue de la musique traditionnelle depuis l’âge de huit ans, et donne à entendre à un public fervent des extraits de sa trilogie Strathglass qui regroupe ses derniers albums, dont le dernier, Affric, (2012) fait référence aux paysages d’où son clan est natif depuis sept cents ans, non loin d’Inverness.

Nul besoin de mots pour dire l’indicible beauté du ciel et de la terre,des montagnes et fleuves, aux couleurs changeantes. Les sortilèges de sa musique instrumentale vont droit à l’imagination, et les moindres plaintes et gémissements des cordes de Duncan Chisholm touchent le cœur du public très attentif de ce déferlement de vagues inventives et sensuelles roulant sur les crêtes de l’imaginaire. Douleur des âmes,  joie et fantaisie des jours qui emportent la vie, sont au rendez-vous de ces noces fastes, aux  sonorités musicales.

Les Highlands, symbole de la Nature,   avec leurs formidables paysages épiques et se déploient comme des fresques ancestrales déroulées  par-delà les siècles, ont élu domicile pour un soir, à l’Espace Marine.
Le maître de cérémonie qu’est ce joueur exceptionnel de « fiddle », comme un des musiciens de Brême selon le conte des frères Grimm mais à sa façon, emporte, longtemps après le spectacle, un public fasciné.

Il avoue que jouer à six sur la scène est un bonheur pour ses musiciens et lui, car chacun y va de sa note singulière pour raconter une histoire que le public se réapproprie à sa manière et qui lui permet d’atteindre l’universel: un pari artistique élevé mais magnifiquement tenu.
Avant cette réussite musicale,  il y avait, en première partie, CherryGrove, un groupe de musique traditionnelle et contemporaine, dont le violon et l’accordéon ont donné à cette soirée exceptionnelle, un rythme festif et enlevé…

Véronique Hotte

 

Espace Marine, le 9 août.

 

 

 

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