Don Quichotte

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Don Quichotte de Cervantès, mise en scène de Jérémie Le Louët

Trentième édition des fêtes nocturnes de Grignan  avec  pour cadre le magnifique château installé sur un promontoire, dont on trouve les premières traces dès 1035, et surtout connu pour les séjours qu’y fit Madame de Sévigné au XVIIème siècle. Le petit village provençal a conservé l’empreinte de la marquise avec un autre festival celui  de la Correspondance, chaque année en juillet.

Ces fêtes nocturnes consistaient au départ,  en une déambulation par petits groupes dans le château, avec parfois, un final sur une scène. Devant le succès grandissant, c’est désormais un gradin en arc-de-cercle de 600 places devant la cour d’honneur qui accueille le public. Après les créations d’Yves Faure, co-fondateur des fêtes nocturnes, on y a vu des metteurs en scène de plus en plus connus, avec des spectacles coproduits et repris. 
Hamlet par Jean-Luc Revol avec Philippe Torreton et Catherine Salviat, Mesure pour Mesure par Adel Hakim, Lucrèce Borgia avec Béatrice Dalle dans la mise en scène humide de David Bobée ou Le Roi s’amuse, par François Rancillac avec Denis Lavant. Avec chaque année, 40 représentations qui ne désemplissent pas.

Pour la trentième édition, c’est Jérémie Le Louët qui été choisi avec ce Don Quichotte, merveilleux texte intemporel, rempli de malice et d’intelligence. Le metteur en scène situe l’action sur le plateau d’un tournage de film (on connaît la malédiction qui pèse sur les adaptations cinématographiques du Quichotte (Orson Welles, Terry Gilliam!).
On assiste ici  à une conférence de presse, où Jérémie Le Louët, déjà en armure, peine à répondre aux questions de journalistes assis dans les gradins. Départ bien conventionnel! Mais on comprend vite qu’on a en face de nous le vrai Don Quichotte et cela en devient émouvant.
On glisse de notre réalité vers l’histoire de Don Quichotte. Entre le faux et le vrai, en particulier quand une voix synthétique nous fait un résumé historique : « Les meilleures feuilles de Cervantès ont été écrites à Grignan ! »

Jérémie Le Louet assume une mise en scène épique et baroque,: «J’aime que cohabitent dans un spectacle, tradition et expérimentation,  grandiloquence et réalisme trivial, moquerie satirique et hommage vibrant,  tragédie classique et  canular. Mes choix de répertoire sont toujours guidés par l’envie de décloisonner les genres, bousculer les codes, et contester la notion de format. Parce que son héros est un insoumis, Don Quichotte cristallise ce rapport au théâtre, ce rapport au monde »

Dans cette mise en scène protéiforme, on sent que tout peut arriver, de la participation du public, à l’aparté sur l’équipe du spectacle et les conditions de mise en scène. Cela a pour avantage de créer beaucoup d’inattendu. Le décor, faussement bricolé, est aussi tout à fait dans le thème, manipulé à vue par les techniciens…

De là, soit le spectateur, un peu comme Quichotte, imagine que ce cheval en bois et à pédales est un fidèle destrier, soit il ne voit, comme un Sancho, qu’une rosse bricolée. Ceux qui aiment Don Quichotte par dessus tout, seront touchés par la détermination du comédien Le Louët, complètement imprégné par son rôle. Dominique Massat, seule femme de la distribution, captive, avec une voix prenante et grave, et Julien Buchy campe un Sancho emprunté, gauche mais fidèle, idéal de bon sens  imaginé par Cervantès.
L’émotion fait place au rire, le rire à la tristesse, et tout s’enchaîne dans un beau bazar très organisé qui laisse peu de répit au spectateur durant ces deux heures. Seul petit bémol, d’initules apartés cassent le rythme du récit épique, par exemple, quand  Jérémie Le Louët reçoit un Molière… On sent une volonté de mise en abyme mais cela fait beaucoup et nous détourne du récit.

Mais quel bonheur de retrouver ce héros fondateur ! Jérémie Le Louët propose une mise en scène inventive, avec la recette qui a fait le succès des fêtes nocturnes de Grignan : un texte classique, une mise en scène « populaire » mettant en valeur le château. Contrat rempli ! Il faut seulement espérer que cela fonctionne aussi bien sur un plateau de théâtre…

Julien Barsan

Château de Grignan jusqu’au 20 août, à 21h.
Et  Théâtre 13/Seine, Paris, du 8 septembre au 9 octobre T. 01 45 88 62 21. Théâtre Jean Vilar, Vitry-sur-Seine le 14 octobre T : 01 55 53 10 60.  Théâtre André Malraux,  Chevilly-Larue le 18 novembre T : 01 41 80 69 60. Salle Lino Ventura, Athis-Mons le 10 décembre T : 01 69 57 81 10. Théâtre de la Madeleine,  Troyes le 13 décembre.  T : 03 25 43 32 10.

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Archive pour 16 août, 2016

Don Quichotte

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Don Quichotte de Cervantès, mise en scène de Jérémie Le Louët

Trentième édition des fêtes nocturnes de Grignan  avec  pour cadre le magnifique château installé sur un promontoire, dont on trouve les premières traces dès 1035, et surtout connu pour les séjours qu’y fit Madame de Sévigné au XVIIème siècle. Le petit village provençal a conservé l’empreinte de la marquise avec un autre festival celui  de la Correspondance, chaque année en juillet.

Ces fêtes nocturnes consistaient au départ,  en une déambulation par petits groupes dans le château, avec parfois, un final sur une scène. Devant le succès grandissant, c’est désormais un gradin en arc-de-cercle de 600 places devant la cour d’honneur qui accueille le public. Après les créations d’Yves Faure, co-fondateur des fêtes nocturnes, on y a vu des metteurs en scène de plus en plus connus, avec des spectacles coproduits et repris. 
Hamlet par Jean-Luc Revol avec Philippe Torreton et Catherine Salviat, Mesure pour Mesure par Adel Hakim, Lucrèce Borgia avec Béatrice Dalle dans la mise en scène humide de David Bobée ou Le Roi s’amuse, par François Rancillac avec Denis Lavant. Avec chaque année, 40 représentations qui ne désemplissent pas.

Pour la trentième édition, c’est Jérémie Le Louët qui été choisi avec ce Don Quichotte, merveilleux texte intemporel, rempli de malice et d’intelligence. Le metteur en scène situe l’action sur le plateau d’un tournage de film (on connaît la malédiction qui pèse sur les adaptations cinématographiques du Quichotte (Orson Welles, Terry Gilliam!).
On assiste ici  à une conférence de presse, où Jérémie Le Louët, déjà en armure, peine à répondre aux questions de journalistes assis dans les gradins. Départ bien conventionnel! Mais on comprend vite qu’on a en face de nous le vrai Don Quichotte et cela en devient émouvant.
On glisse de notre réalité vers l’histoire de Don Quichotte. Entre le faux et le vrai, en particulier quand une voix synthétique nous fait un résumé historique : « Les meilleures feuilles de Cervantès ont été écrites à Grignan ! »

Jérémie Le Louet assume une mise en scène épique et baroque,: «J’aime que cohabitent dans un spectacle, tradition et expérimentation,  grandiloquence et réalisme trivial, moquerie satirique et hommage vibrant,  tragédie classique et  canular. Mes choix de répertoire sont toujours guidés par l’envie de décloisonner les genres, bousculer les codes, et contester la notion de format. Parce que son héros est un insoumis, Don Quichotte cristallise ce rapport au théâtre, ce rapport au monde »

Dans cette mise en scène protéiforme, on sent que tout peut arriver, de la participation du public, à l’aparté sur l’équipe du spectacle et les conditions de mise en scène. Cela a pour avantage de créer beaucoup d’inattendu. Le décor, faussement bricolé, est aussi tout à fait dans le thème, manipulé à vue par les techniciens…

De là, soit le spectateur, un peu comme Quichotte, imagine que ce cheval en bois et à pédales est un fidèle destrier, soit il ne voit, comme un Sancho, qu’une rosse bricolée. Ceux qui aiment Don Quichotte par dessus tout, seront touchés par la détermination du comédien Le Louët, complètement imprégné par son rôle. Dominique Massat, seule femme de la distribution, captive, avec une voix prenante et grave, et Julien Buchy campe un Sancho emprunté, gauche mais fidèle, idéal de bon sens  imaginé par Cervantès.
L’émotion fait place au rire, le rire à la tristesse, et tout s’enchaîne dans un beau bazar très organisé qui laisse peu de répit au spectateur durant ces deux heures. Seul petit bémol, d’initules apartés cassent le rythme du récit épique, par exemple, quand  Jérémie Le Louët reçoit un Molière… On sent une volonté de mise en abyme mais cela fait beaucoup et nous détourne du récit.

Mais quel bonheur de retrouver ce héros fondateur ! Jérémie Le Louët propose une mise en scène inventive, avec la recette qui a fait le succès des fêtes nocturnes de Grignan : un texte classique, une mise en scène « populaire » mettant en valeur le château. Contrat rempli ! Il faut seulement espérer que cela fonctionne aussi bien sur un plateau de théâtre…

Julien Barsan

Château de Grignan jusqu’au 20 août, à 21h.
Et  Théâtre 13/Seine, Paris, du 8 septembre au 9 octobre T. 01 45 88 62 21. Théâtre Jean Vilar, Vitry-sur-Seine le 14 octobre T : 01 55 53 10 60.  Théâtre André Malraux,  Chevilly-Larue le 18 novembre T : 01 41 80 69 60. Salle Lino Ventura, Athis-Mons le 10 décembre T : 01 69 57 81 10. Théâtre de la Madeleine,  Troyes le 13 décembre.  T : 03 25 43 32 10.

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