C’est donc ici que les gens viennent pour vivre

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C’est donc ici que les gens viennent pour vivre de Rainer Maria Rilke par l’Équipage de l’Antilope 

Mettre en scène la poésie est toujours difficile, et en particulier l’œuvre âpre et sans concession du poète autrichien mort en 1926, même si elle continue de nous fasciner. Stefan Zweig disait de lui que «son extraordinaire sensibilité ne supportait pas que rien, ni personne, l’approchât de trop près, et tout particulièrement un caractère masculin très marqué excitait en lui une sorte de malaise physique ».

Ce collectif propose une sorte d’abrégé des Cahiers de Malte Laurids Brigge, un de ses livres parmi les plus célèbres. Jean Burucoa et Alexandre Beaulieu se tiennent de chaque côté de la scène, avec un musicien derrière eux. Au centre, une grande plaque de plexiglas qu’Humphrey Vidal peindra avec des encres, en utilisant des éponges, de l’eau et des raclettes,.

En première partie, un homme rongé par la solitude et l’ennui : la mort rôde et le poète déploie une misanthropie féroce et désespérée. La plaque se teinte d’encre noire, sur la musique de Doriane Ayxandri et Thibault Marchal, plus bruitiste que mélodique. Les deux comédiens se partagent la lecture,  avec une voix forte.
Une tension suffocante étreint alors la petite cave; cette vision  close de l’humanité et ce tourbillon de pensées sinistres, sans clartés ni respirations, sont difficile à supporter.

Nous éprouvons un soulagement quand  la couleur fait son apparition sur l’écran : les dégoulinades de jaune, bleu et rouge, d’un bel effet, rappellent les pages de garde des livres du XIXème siècle. La musique s’adoucit, le violoncelle n’est plus torturé et le vibraphone donne un son aérien et doux…Une respiration trop brève dans cette pièce où le metteur en scène n’a pas trouvé l’équilibre entre parole du poète et forme scénique. L’accompagnement musical gagnerait à prendre une vraie place, avec plus d’engagement. Et le peintre, malgré sa performance gestuelle intéressante, comme bloqué par la puissance du texte, ne propose que des effets de matière…
Dommage.

Julien Barsan

Théâtre de Nesle, Paris VIème.

 

 

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