Michaël Kolhaas, l’homme révolté

Michaël Kolhaas, l’homme révolté d’après Henrich von Kleist

Gilbert PonteNous avions encore un souvenir vivace d’une lecture très ancienne de ce roman  paru sous forme de feuilleton de 1808 à 1810 dans de Phöbus, le magazine littéraire d’Henrich von Kleist.
C’est au milieu du XVIème siècle, l’histoire d’un marchand de chevaux, Michael Kohlhaas, qui s’insurge et qui veut se rendre justice selon sa devise: »Fiat justitia et peereat mundus » («Que la justice s’accomplisse, le monde dût-il s’effondrer»). Les adaptations de l’œuvre au théâtre comme au cinéma sont aussi nombreuses qu’inégales...

Le célèbre écrivain
retrace l’épopée désastreuse de ce riche éleveur, parti avec son valet pour vendre des chevaux au marché de Dresde. En route, sous une pluie battante, il est arrêté par un barrage dressé par un propriétaire, le riche baron von Tronck, et pour passer, doit laisser en gage ses deux plus belles bêtes, sous la garde de son fidèle valet qui  va les soigner. À son retour, trois semaines plus tard, il les retrouve dans un état pitoyable, décharnées, blessées et enfermées dans une porcherie…Son valet lui aussi méconnaissable n’a pu les protéger.
Il rentre chez lui, furieux, bien décidé à se venger, si on ne lui rend pas ses bêtes dans l’état où il les a laissées. Son entourage lui dit de laisser tomber: « Ce ne sont que deux chevaux » mais il  veut que justice soit faite. Lisette, son épouse, part en faire la demande à l’empereur, mais ne peut l’approcher, et blessée, revient mourir auprès de son époux.

Une fureur vengeresse s’empare alors de Michaël Kolhaas et, malgré les avertissements de ses proches, recrute une armée qui met la Saxe à feu et à sang. Michaël Kolhaas, bon père, modèle du  citoyen sans reproche, va se  transformer en bête furieuse  à cause d’une injustice.
Où se situe la frontière entre lutte armée politique et meurtres, entre résistance à l’oppression et terrorisme ? Michaël Kolhaas pose déjà cette question troublante, et Gilbert Ponte nous emmène dans  cette histoire de façon remarquable. Cet acteur et conteur italien avait déjà monté plusieurs solos depuis 2005, d’après La Ferme des animaux de George Orwell et Le Bar sous la mer de Stefano Benni.

Edith Rappoport

Théâtre Essaïon, 6 Rue Pierre au Lard, 75004 Paris jusqu’au 22 novembre, les lundis et mardis à 19 h 45.

 

 

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