La Belle au bois dormant

La Belle au bois dormant,chorégraphie d’Alexei Ratmansky et Marius Petipa

© Opéra de Paris

© Opéra de Paris

L’Opéra-Bastille a ouvert sa saison avec La Belle au bois dormant, un spectacle de l’American Ballet Theatre, dans la version de Marius Petipa qui l’avait présentée en 1890 au théâtre Mariinsky, à Saint-Petersbourg. Alexei Ratmansky, diplômé de l’école du Bolchoï à 18 ans, et chorégraphe en résidence dans cette troupe depuis six ans, s’inspire souvent de son grand prédécesseur, George Balanchine.
Ici, pour cette recréation de la chorégraphie originale (1890) de Marius Petipa , il s’est appuyé sur les nombreuses lettres que Piotr Ilyitch Tchaïkovski envoya au chorégraphe français mais aussi  sur L’Alphabet des mouvement du corps humain, un livre, publié à Paris en 1892, de Vladimir Stepanov, danseur et pédagogue russe (1866-1896) qui avait conçu son propre système de nota du mouvement fondé sur la notation musicale (voir Danses tracées de Laurence Louppe).
Richard Hudson, lui, a reconstitué les décors et costumes de Léon Bakst qu’il avait créés pour une reprise du spectacle en 1921, pour Les Ballets russes de Serge Diaghilev. Soixante-dix danseurs en interprètent les personnages, avec un jeu expressif, proche de la pantomime, comme, par exemple, dans la scène dite des fées. Léon Bakst  avait transposé l’action de La Belle au bois dormant dans une cour du XVIIIème siècle, mais… les danseurs  américains semblaient gênés par de lourdes robes à panier et par d’imposantes perruques, en particulier dans les deux premiers actes.

Le début  du spectacle nous transporte dans ce conte de Charles Perrault, en nous faisant redécouvrir le défilé des sept fées, puis l’intervention maléfique de Carabosse. Le second acte, avec la fameuse scène romantique du réveil, prend ici des allures de superproduction de cinéma… On redécouvre des personnages de Charles Perrault comme le petit Poucet, Cendrillon et le petit Chaperon rouge !
Alexei Ratmansky ressuscite donc une Belle au bois dormant, qu’ il a nettoyée des performances et amples mouvements de la danse classique, et impose à ses interprètes une gestuelle un  peu lente, celles des danses de cour en Europe. Cette reconstitution presque archéologique est plus jouée que dansée… d’où une certaine déception du public. Mais les envolées lyriques de la musique de Tchaïkowski sont, elle,  bien au rendez-vous…

Nathalie Markovics

Spectacle joué à l’Opéra-Bastille, du 2 au 9 septembre. A noter: une exposition Léon Bakst à l’Opéra de Paris, à partir du 22 novembre.
www.operadeparis.fr

 


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