Vera de Petr Zelenska

Vera de Petr Zelenka, traduction de Pierre Notte, mise en scène d’Elise Vigier et Marcial Di Fonzo Bo

Vera ©Tristan Jeane-VallèsVéra, dernière pièce du dramaturge et cinéaste tchèque Petr Zelenka.. reprend un thème d’actualité, celui de l’admirable film de  Maren Ade Toni Erdmann. Mais ici le texte souffre de la comparaison !
On confronte Véra, une femme d’affaires ambitieuse à son père, vieux sage et chantre de l’humanisme qui s’inquiète  de la voir intoxiquée par la logique néolibérale ; dévorée par le système, elle sera victime de la machine infernale du capitalisme mondialisé.
Mais autant, le film, subtil, tout en nuances, plein d’empathie pour ses personnages, joue sur les non-dits, autant cette pièce donne dans la caricature, les excès en tout genre et une simplification outrancière. Avec de effets cousus de fil blanc et  un déroulement implacable mais… téléphoné de l’intrigue !
Et ni la mise en scène, bien décevante ni l’interprétation ne relèvent le texte. Karin Viard ne réussit pas à tenir la scène où il faut une bonne voix, une parfaite maîtrise de la gestuelle et des déplacements. Sans doute mal dirigée, elle pousse sa voix, sur-joue, se livre à quelques bouffonnerie et sa diction finit par déraper…
La scénographie accumule les stéréotypes actuels :trois écrans en fond de scène pour une vidéo abondante  mais non justifiée, et un écran translucide qui sert à projeter les images et à séparer des espaces.
On ne nous a pas non plus épargné les cadreurs qui filment en gros plan le visage des acteurs. Sans doute les metteurs en scène ont-ils voulu représenter sur le plateau l’univers du cinéma, avec ses agents de casting et ses photographes, ici tous plus pervers les uns que les autres ! Mais tout cela est tellement attendu et grotesque que cela en devient ennuyeux. Alors que Serebrennikov réussissait une mise en scène exemplaire des Âmes mortes d’après Nicolas Gogol, au dernier festival d’Avignon, avec quelques objets et des comédiens qui savent tout faire, à commencer… par occuper l’espace. Mais ici, on a une impression de bricolage, comme si l’on comptait sur la célébrité de la vedette pour sauver la mise! Dommage…

Michèle Bigot

Théâtre des Célestins, Lyon, jusqu’au 8 septembre.

TOURNÉE 2016 | 2017 L’Avant Seine, Colombes: Samedi 17 septembre Anthéa, théâtre d’Antibes du 22 au 24 septembre Théâtre des Célestins, Lyon du 27 septembre au 8 octobre Théâtre de Cornouaille, Quimper 22 et 23 octobre Théâtre du Gymnase, Marseille du 29 novembre au 3 décembre Théâtre de Nîmes du 7 au 9 décembre Scène nationale d’Albi mardi 13 décembre Théâtre de la Ville, Paris du 23 mars au 8 avril

 

 


Archive pour 4 octobre, 2016

Vera de Petr Zelenska

Vera de Petr Zelenka, traduction de Pierre Notte, mise en scène d’Elise Vigier et Marcial Di Fonzo Bo

Vera ©Tristan Jeane-VallèsVéra, dernière pièce du dramaturge et cinéaste tchèque Petr Zelenka.. reprend un thème d’actualité, celui de l’admirable film de  Maren Ade Toni Erdmann. Mais ici le texte souffre de la comparaison !
On confronte Véra, une femme d’affaires ambitieuse à son père, vieux sage et chantre de l’humanisme qui s’inquiète  de la voir intoxiquée par la logique néolibérale ; dévorée par le système, elle sera victime de la machine infernale du capitalisme mondialisé.
Mais autant, le film, subtil, tout en nuances, plein d’empathie pour ses personnages, joue sur les non-dits, autant cette pièce donne dans la caricature, les excès en tout genre et une simplification outrancière. Avec de effets cousus de fil blanc et  un déroulement implacable mais… téléphoné de l’intrigue !
Et ni la mise en scène, bien décevante ni l’interprétation ne relèvent le texte. Karin Viard ne réussit pas à tenir la scène où il faut une bonne voix, une parfaite maîtrise de la gestuelle et des déplacements. Sans doute mal dirigée, elle pousse sa voix, sur-joue, se livre à quelques bouffonnerie et sa diction finit par déraper…
La scénographie accumule les stéréotypes actuels :trois écrans en fond de scène pour une vidéo abondante  mais non justifiée, et un écran translucide qui sert à projeter les images et à séparer des espaces.
On ne nous a pas non plus épargné les cadreurs qui filment en gros plan le visage des acteurs. Sans doute les metteurs en scène ont-ils voulu représenter sur le plateau l’univers du cinéma, avec ses agents de casting et ses photographes, ici tous plus pervers les uns que les autres ! Mais tout cela est tellement attendu et grotesque que cela en devient ennuyeux. Alors que Serebrennikov réussissait une mise en scène exemplaire des Âmes mortes d’après Nicolas Gogol, au dernier festival d’Avignon, avec quelques objets et des comédiens qui savent tout faire, à commencer… par occuper l’espace. Mais ici, on a une impression de bricolage, comme si l’on comptait sur la célébrité de la vedette pour sauver la mise! Dommage…

Michèle Bigot

Théâtre des Célestins, Lyon, jusqu’au 8 septembre.

TOURNÉE 2016 | 2017 L’Avant Seine, Colombes: Samedi 17 septembre Anthéa, théâtre d’Antibes du 22 au 24 septembre Théâtre des Célestins, Lyon du 27 septembre au 8 octobre Théâtre de Cornouaille, Quimper 22 et 23 octobre Théâtre du Gymnase, Marseille du 29 novembre au 3 décembre Théâtre de Nîmes du 7 au 9 décembre Scène nationale d’Albi mardi 13 décembre Théâtre de la Ville, Paris du 23 mars au 8 avril

 

 

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