L’Homme flottant

 

L’Homme flottant, un film d’Eric Bu

IMG_0459Inspirée de l’adaptation du roman Oblomov d’Ivan Gontcharov qu’avait mis en scène Volodia Serre au Théâtre du Vieux-Colombier en 2013, c’est l’histoire simple d’un certain Anton qui, depuis cinq ans, passe le plus clair de son temps sur  un matelas gonflable dans la piscine d’une belle villa (du pays basque?), où il vit avec Sofia, une jeune femme qui semble en être la gouvernante aussi efficace que susceptible…
Irina arrive pour une visite inattendue, parce qu’elle veut rendre sa montre à Anton, avec qui elle vivait il y a cinq ans. Elle vient  du festival d’Avignon avec un couple d’amis comédiens Constantin et Nina.

Mais Constantin perd sa chienne Olga et veut la retrouver, et cette drôle de tribu s’incruste  alors dans  cette résidence luxueuse et, bien entendu, cela ne va pas sans frictions avec Sofia, et du côté sentimental, on va aussi évidemment rebattre les cartes. Elle semble en effet malgré leur rupture, avoir gardé une certaine affection pour  ce curieux personnage, muet la plupart du temps, et comme indifférent aux tempêtes sentimentales…Irina renoncerait bien à faire du théâtre pour revivre avec Anton.

Le film s’inspire donc du célèbre roman russe qui a déjà fait l’objet de nombre d’adaptations au théâtre comme au cinéma, avec, entre autres  Quelques jours de la vie d’Oblomov de Nikita Mikhalkov (1980). On en retrouve ici un peu la trame de l’œuvre de Gontcharov, où Oblomov, propriétaire terrien, passe ses journées sur un canapé, toujours en robe de chambre, et à l’aise dans une paresse absolue. Rêvant  et incapable du moindre projet. Alors que son ami Stolz, qui voudrait qu’il reprenne une vie normale, lui présente la jeune et belle Olga.
Comme Oblomov, Anton semble garder une certaine froideur devant les avances évidentes des femmes et, ici, de son ex… Que deviendra-t-il ? On le voit à la fin fuir de cette maison et se laisser draguer dans le village par une jeune et belle chanteuse. Mais on n’en saura guère plus…

   Eric Bu filme, de façon artisanale mais remarquablement précise, cette petite  tribu au bord de la piscine ou en train de dîner. Avec un dialogue aux accents rohmériens; et c’est impeccablement joué par des comédiens  aux personnages très crédibles: Camille Bardery (Irina), Anne-Jacqueline Boush (Sophia), Muriel Gaudin (Nina), Éric Demey (Anton) et Fabrice Lebert (Constantin) qui ont collaboré de près au film, et cela se sent.
ll y a une belle unité de jeu et ces personnages nous deviennent vite attachants comme ceux de  Gontcharov ; l’un d’eux lit à un moment un extrait des Nuits blanches de Fiodor Dostoievski.
Eric Bu sait restituer un climat, celui de  la vie de ces gens encore jeunes mais qui  semblent être à un tournant de leu vie, même s’ils se sentent encore comme en transit, encore un peu adolescents, grâce au charme de cette merveilleuse maison de vacances où il fait si bon vivre… et essayer d’oublier la confusion des sentiments.

Un bémol : on aurait bien aimé en avoir deux ou trois louches de ce film de quarante-cinq minutes seulement, qui en fait, se termine plutôt qu’il ne finit. Mais  il a un charme indéniable qui vient sans doute de cette concentration dans le temps, d’un moment à part, dans des vies qui se croisent à un moment donné à la fin de l’été, alors que les protagonistes ne se reverront peut-être plus jamais tous ensemble ni pour le meilleur ni pour le pire….

Philippe du Vignal

Actuellement au Cinéma Saint-André des Arts à Paris.

 

 


Archive pour 13 octobre, 2016

L’Homme flottant

 

L’Homme flottant, un film d’Eric Bu

IMG_0459Inspirée de l’adaptation du roman Oblomov d’Ivan Gontcharov qu’avait mis en scène Volodia Serre au Théâtre du Vieux-Colombier en 2013, c’est l’histoire simple d’un certain Anton qui, depuis cinq ans, passe le plus clair de son temps sur  un matelas gonflable dans la piscine d’une belle villa (du pays basque?), où il vit avec Sofia, une jeune femme qui semble en être la gouvernante aussi efficace que susceptible…
Irina arrive pour une visite inattendue, parce qu’elle veut rendre sa montre à Anton, avec qui elle vivait il y a cinq ans. Elle vient  du festival d’Avignon avec un couple d’amis comédiens Constantin et Nina.

Mais Constantin perd sa chienne Olga et veut la retrouver, et cette drôle de tribu s’incruste  alors dans  cette résidence luxueuse et, bien entendu, cela ne va pas sans frictions avec Sofia, et du côté sentimental, on va aussi évidemment rebattre les cartes. Elle semble en effet malgré leur rupture, avoir gardé une certaine affection pour  ce curieux personnage, muet la plupart du temps, et comme indifférent aux tempêtes sentimentales…Irina renoncerait bien à faire du théâtre pour revivre avec Anton.

Le film s’inspire donc du célèbre roman russe qui a déjà fait l’objet de nombre d’adaptations au théâtre comme au cinéma, avec, entre autres  Quelques jours de la vie d’Oblomov de Nikita Mikhalkov (1980). On en retrouve ici un peu la trame de l’œuvre de Gontcharov, où Oblomov, propriétaire terrien, passe ses journées sur un canapé, toujours en robe de chambre, et à l’aise dans une paresse absolue. Rêvant  et incapable du moindre projet. Alors que son ami Stolz, qui voudrait qu’il reprenne une vie normale, lui présente la jeune et belle Olga.
Comme Oblomov, Anton semble garder une certaine froideur devant les avances évidentes des femmes et, ici, de son ex… Que deviendra-t-il ? On le voit à la fin fuir de cette maison et se laisser draguer dans le village par une jeune et belle chanteuse. Mais on n’en saura guère plus…

   Eric Bu filme, de façon artisanale mais remarquablement précise, cette petite  tribu au bord de la piscine ou en train de dîner. Avec un dialogue aux accents rohmériens; et c’est impeccablement joué par des comédiens  aux personnages très crédibles: Camille Bardery (Irina), Anne-Jacqueline Boush (Sophia), Muriel Gaudin (Nina), Éric Demey (Anton) et Fabrice Lebert (Constantin) qui ont collaboré de près au film, et cela se sent.
ll y a une belle unité de jeu et ces personnages nous deviennent vite attachants comme ceux de  Gontcharov ; l’un d’eux lit à un moment un extrait des Nuits blanches de Fiodor Dostoievski.
Eric Bu sait restituer un climat, celui de  la vie de ces gens encore jeunes mais qui  semblent être à un tournant de leu vie, même s’ils se sentent encore comme en transit, encore un peu adolescents, grâce au charme de cette merveilleuse maison de vacances où il fait si bon vivre… et essayer d’oublier la confusion des sentiments.

Un bémol : on aurait bien aimé en avoir deux ou trois louches de ce film de quarante-cinq minutes seulement, qui en fait, se termine plutôt qu’il ne finit. Mais  il a un charme indéniable qui vient sans doute de cette concentration dans le temps, d’un moment à part, dans des vies qui se croisent à un moment donné à la fin de l’été, alors que les protagonistes ne se reverront peut-être plus jamais tous ensemble ni pour le meilleur ni pour le pire….

Philippe du Vignal

Actuellement au Cinéma Saint-André des Arts à Paris.

 

 

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