La Rage, ou À la fin nous serons tous heureux

La Rage, ou À la fin nous serons tous heureux

Comment se rencontrer dans une société où l’on ne se rencontre pas ? Il faut, comme David Costé et Maëlle Faucheur, emmener le théâtre sur les lieux d’enfermement, hôpital, maison d’arrêt…Portes fermées et barrières solides : quand le théâtre et la danse s’invitent dans cette clôture, pourtant, quelque chose bouge et s’ouvre dans les esprits.

Avec deux duos qui feront un quatuor, dans un dispositif aussi ouvert et mobile que possible, mais aussi contraignant. Sur le plateau, une petite structure en forme de maison enferme l’interprète. Bouger là-dedans, tester des murs invisibles, replier, déplier son corps, laisser tomber, lutter plus tard contre la force sournoise d’un film plastique : Maëlle Faucheur, accompagnée par  Sabine Balasse au violoncelle, nous donne une belle danse contrainte. Elle s’enfermera à un autre moment dans le tissu d’un agrès aérien, et sa danse verticale, entre lutte et abandon, illustre d’une autre façon ce qu’est l’enfermement.

En parallèle, Damien Houssier et David Francillette jouent une délicate entrée de clowns. Ils sont le théâtre et s’enfarinent le visage, « pour un spectacle dont on ne sait pas ce qu’il sera », revêtent de grotesques robes de mariée, mais sont contrariés par les objets : la table descendue des cintres vacille, la chaise rappelée dans les hauteurs par un contrepoids, condamne le comédien à lui courir après…
Cela n’interrompt pas leur dialogue. Entre le comédien et l’ancien taulard, lui aussi forcément comédien, questions et réponses circulent avec calme, presque en tapinois. Vie, bonheur, bagarres violentes, origine de l’un et l’autre…, tout cela circule avec pudeur et désinvolture.

  Aucun pathos ni leçon de morale, mais il faut tendre l’oreille pour capter l’échange. On nous objectera sans doute que, vu la somme de travail que représente une création de ce type, par improvisations et trouvailles collectives, le spectateur à son tour peut faire un effort…

Le spectacle, à la fois très conceptuel (et compliqué), et sensible, se tricote ainsi avec maîtrise, et non sans charme. À suivre…

Christine Friedel

Spectacle vu à Mains d’Œuvres, lieu de création et de diffusion, de recherche et d’expérience à Saint-Ouen ( Seine-Saint-Denis).

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