The Fountainhead (La Fontaine vive) d’Ayn Rand

 © Jan Versweyveld

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The Fountainhead (La Fontaine vive) d’Ayn Rand, traduction de Jan van Rheensen et Erica van Rijsewk, adaptation de Koen Tachel, dramaturgie de Peter van Kraaij,  mise en scène d’Ivo van Hove (en néerlandais sur-titré en français)

 Née Alissa Zinovievna Rosenbaum en 1905 à Saint-Petersbourg, et morte en 1982 à New York, l’écrivaine arrive aux Etats-Unis à 21 ans, avec sa famille, à la suite de la Révolution d’Octobre. Philosophe rationaliste, foncièrement de droite, elle a écrit de nombreux essais sur la pensée libérale,  la propriété, la justice sociale, la notion d’Etat  et de liberté. Elle est aussi  l’auteur de romans comme La Grève, La Source vive et Nous les vivants, encore très lus aux États-Unis. Et de nombreux scénarios pour le cinéma, dont  plusieurs adaptations de ses romans. King Vidor avait réalisé en 1949, Le Rebelle d’après Fountainhead avec Gary Cooper dans le rôle d’Howard  Roark. Mais Ivo van Hove n’a pas voulu, dit-il, voir le film avant de créer  son spectacle. Ayn Rand prône ici, comme dans toute son œuvre, le mérite personnel, en plaçant, sur le plan éthique, l’individu au centre de la société.

Viscéralement anti-communiste et opposée à toute forme de collectivisme, elle souhaite le laisser-faire en termes d’économie; athée, elle veut favoriser l’«égoïsme rationnel». Bref, on l’aura compris, elle ne croit guère à la solidarité mais à l’échange de travail, par un libre consentement mutuel. Et désolé, ce The Fountainhead (1943) qui connut un grand succès aux Etats-Unis, et dont le titre fait référence à une phrase radicale d’Ayn Rand : «L’ego de l’Homme est la source vive du progrès humain», a quelque chose de profondément réactionnaire, et on peut se demander si Ivo van Hove en a vraiment pris conscience…

Comme dans le roman, il y ici quatre parties donc chacune porte le titre le nom d’un des principaux personnages masculins : Peter Keating,  Ellsworth M. Toohey, Gail Wyn et  Howard Roark. Mais… pas celui de la femme au centre de l’histoire, Dominique Francon. Dans cette galerie de personnages imaginés par Ayn Rand, et repris par Ivo van Hove, il y a donc Peter Keating, un architecte solide, mais capable de transiger afin d’obtenir des commandes et vivre confortablement; il accepte donc un certain conformisme dans la création et reste aussi  sous l’influence de sa mère  soucieuse de le voir arriver. Il travaille pour Guy Francon, un architecte aux réalisations classiques, père de Dominique, très séduisante, qui le drague ouvertement. Alors qu’il a déjà une vieille liaison avec Katie, la nièce d’Ellsworth Toohey, un critique d’architecture, à qui il a promis de l’épouser.
Peter  l’abandonnera sans aucun d’état d’âme pour épouser Dominique. Un plan plus utile pour lui : il atteindra vite une rapide mais éphémère célébrité.
Cette Dominique, magnifique jeune femme brune-escarpins et robe noire fendue- une bombe sexuelle, qui couche avec un peu tout le monde, mais froidement et avec une conscience absolue de son influence, quand il faut favoriser les commandes architecturales de ses amants ou maris.
Elle  divorcera d’Howard Roark, puis épousera Gail Wynand, un grand patron issu d’un milieu très pauvre, qui a réussi à créer un empire financier fondé sur la presse populaire à grands tirages, et sur l’immobilier. Il a une haute idée de lui-même et un goût certain pour le pouvoir. Absolument cynique, au début du moins, il n’a guère de scrupules à publier les articles que ses lecteurs attendent, donc en tirant  ses journaux vers le bas plutôt que vers le haut. Il sait que ses journalistes ont durement attaqué Howard Roark qu’il va rencontrer mais, miracle, ils se lient d’une certaine amitié. Mais Dominique le quittera et, à la fin, il se suicidera d’un coup de revolver.

On le voit l’écrivaine ne fait pas vraiment dans la dentelle, quand il lui faut construire un scénario et imaginer des personnages ! De la version originale de ce roman de 687 pages , Ivo van Hove a  tiré un texte qui en fait à peine le quart; «Globalement, dit-il, nous avons été loyaux en privilégiant le thème de la création  artistique et nous n’avons ajouté aucun texte. (…)Le roman pose la question essentielle du rapport entre art et argent. »Jusqu’où va le pouvoir du créateur ? Un sculpteur contemporain  se moquait un jour de ces architectes qui se croient obligés d’obéir à un client, s’il veut une baignoire au milieu de sa chambre ! » Ancien et insoluble débat, y compris et surtout quand il s’agit de rénovation de bâtiments anciens. Alors que les critiques et spécialistes de l’architecture préfèrent souvent des immeubles moins géniaux mais plus fonctionnels.

Mais  Ivo van Hove essaye de comprendre la position de Peter Keating  : «L’art doit-il accepter de s’impliquer dans la vie de tous les jours ? L’artiste doit-il être isolé ? Comment survivre en faisant des productions artistiques à l’intérieur du système ? »  Le metteur en scène  s’interroge sur une indispensable éthique de l’architecte et sur une certaine fracture-déjà!-entre la pensée des élites politiques et artistiques, et la population. Mais ces discussions, même menées par d’excellents comédiens, très estouffadou, sonnent parfois un peu faux. Comment en effet faire passer les idées essentielles d’un roman, en l’adaptant.
Et là, Ivan van Hove n’a trop réussi son coup.
Tout se passe comme  il  avait voulu ici se faire plaisir, sans trop se préoccuper du public qui finit par sommeiller doucement. Si bien que l’on ressort de là, peu convaincu par sa mise en scène, même si sur le plan technique elle est d’une rare qualité. A part l’arrivée d’une grosse rotative que les régisseurs ont du mal à faire entrer sur le plateau vu son poids et qui ne sert pas à grand-chose…
Sans doute était-ce mission impossible de garder le scénario et les principaux personnages de ce très long roman souvent assez conventionnel, sur une durée de temps limitée qui paraît quand même interminable, surtout dans la seconde partie.

Mais il y a, comme toujours chez Ivan van Hove, une scénographie-ici, très réaliste et sans doute assez coûteuse!-et des lumières tout à fait remarquables signées Peter van Kraaij qui a conçu un grand loft au plancher à larges lattes de bois, éclairées par une baie vitrée, avec de grandes tables d’architecte-on n’en est pas encore aux écrans d’ordinateur-et sur roues folles, probable clin d’œil au design contemporain… Mais il y aussi des téléphones noirs à cadran et une machine à écrire Facit gris pour faire années 50. Et derrière, toute une panoplie de magnétophones verticaux sur des tables, un grand xylophone et des consoles numériques, la musique étant jouée en direct. Côté cour, une baie à vitres verticales étroites d’atelier d’autrefois que l’on redécouvre aujourd’hui.

Direction d’acteurs d’Ivo van Hove comme toujours exemplaire et le quatuor des principaux personnages se révèle être ici exceptionnel de vérité.Mais dans cette adaptation scénique, le texte est vraiment souvent  d’une qualité médiocre, malgré quelques beaux dialogues. «Collection Harlequin, pas plus », disait, fielleusement, une chère consœur !
Nous n’irons peut-être pas jusque là mais ce gros roman n’a rien de très passionnant, même si ce fut un succès des années quarante! Avec de longues, trop longues! considérations esthético-philosophico-sociologiques  sur le mode  mineur que le metteur en scène aurait pu nous épargner Et ce texte n’a rien des qualités que l’on attendrait d’un dialogue théâtral (toujours cette difficulté récurrente de passer de la narration romanesque à la vie scénique ! Et on est loin ici de ces grands dramaturges comme Eugène O’Neil ou Arthur Miller avec Vu du pont que le metteur en scène avait montés de façon remarquable. (voir Le Théâtre du Blog).

A écouter Ivo van Hove aux Lundis de l’Odéon, The Fountainhead participait d’un chef-d’œuvre absolu et on allait voir ce que l’on allait voir… Eh! bien non, et nous avons parfois l’impression de retrouver le ton de certaines séries télé! Et  nous nous serions bien passés de ces considérations bavardes sur le capitalisme et le génie d’un architecte, et de cette longue tirade finale à la sauce pseudo-nietzschéenne sur le pouvoir de l’artiste créateur.

Autant Ivo van Hove maîtrise parfaitement l’espace de plusieurs dizaines de m2-et il l’a déjà prouvé-autant ici, il peine avec le tempo. Il nous dira sans doute qu’il n’a pas pu faire autrement, quand il s’agit d’une saga comme celle-ci; mais rien ne l’a obligé à le monter et  tout se passe comme s’il avait voulu se faire plaisir : pourquoi faire court quand on a le droit de faire long, voire très long Et surtout, pour dire quoi… On sentait, après un entracte bienvenu, le public déjà assez las. Reste, très bien dirigés par Ivo van Hove, une équipe de solides acteurs, qui donnent à leurs  personnages une exceptionnelle vérité, en particulier: Halina Reijn (Dominique) brillantissime, Aus Greidanus jr. (Peter Keating), Ramsey Nasr (Howard Roark), Jans Kesting (Gail Wynand) et Bart Slegers (Ellsworth Toohey). Et cela, malgré les micros HF, et malgré l’indispensable sous-titrage. Alors, faut-il aller voir ce The Fountainhead un peu hors-normes? Une scénographie et une direction d’acteurs des plus remarquables mais un texte bavard et décevant, malgré quelques beaux dialogues. C’est toute la structure même du spectacle qu’il faudrait revoir donc impossible… Vous voilà, prévenus mais si vous avez adoré Vu du Pont, vous serez déçu. A vous donc de voir si vous avez envie de tenter l’expérience.

 Philippe du Vignal

Théâtre de l’Odéon/Ateliers Berthier, Paris (17 ème) jusqu’au 17 novembre. Le roman, traduction de Jeanne Fillion, est édité chez Plon.

Mary Stuart, mise en scène d’Ivo van Hove sera présenté du 26 au 28 mars, au Festival Exit  à la Maison des arts de Créteil.

 

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Archive pour 13 novembre, 2016

The Fountainhead (La Fontaine vive) d’Ayn Rand

 © Jan Versweyveld

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The Fountainhead (La Fontaine vive) d’Ayn Rand, traduction de Jan van Rheensen et Erica van Rijsewk, adaptation de Koen Tachel, dramaturgie de Peter van Kraaij,  mise en scène d’Ivo van Hove (en néerlandais sur-titré en français)

 Née Alissa Zinovievna Rosenbaum en 1905 à Saint-Petersbourg, et morte en 1982 à New York, l’écrivaine arrive aux Etats-Unis à 21 ans, avec sa famille, à la suite de la Révolution d’Octobre. Philosophe rationaliste, foncièrement de droite, elle a écrit de nombreux essais sur la pensée libérale,  la propriété, la justice sociale, la notion d’Etat  et de liberté. Elle est aussi  l’auteur de romans comme La Grève, La Source vive et Nous les vivants, encore très lus aux États-Unis. Et de nombreux scénarios pour le cinéma, dont  plusieurs adaptations de ses romans. King Vidor avait réalisé en 1949, Le Rebelle d’après Fountainhead avec Gary Cooper dans le rôle d’Howard  Roark. Mais Ivo van Hove n’a pas voulu, dit-il, voir le film avant de créer  son spectacle. Ayn Rand prône ici, comme dans toute son œuvre, le mérite personnel, en plaçant, sur le plan éthique, l’individu au centre de la société.

Viscéralement anti-communiste et opposée à toute forme de collectivisme, elle souhaite le laisser-faire en termes d’économie; athée, elle veut favoriser l’«égoïsme rationnel». Bref, on l’aura compris, elle ne croit guère à la solidarité mais à l’échange de travail, par un libre consentement mutuel. Et désolé, ce The Fountainhead (1943) qui connut un grand succès aux Etats-Unis, et dont le titre fait référence à une phrase radicale d’Ayn Rand : «L’ego de l’Homme est la source vive du progrès humain», a quelque chose de profondément réactionnaire, et on peut se demander si Ivo van Hove en a vraiment pris conscience…

Comme dans le roman, il y ici quatre parties donc chacune porte le titre le nom d’un des principaux personnages masculins : Peter Keating,  Ellsworth M. Toohey, Gail Wyn et  Howard Roark. Mais… pas celui de la femme au centre de l’histoire, Dominique Francon. Dans cette galerie de personnages imaginés par Ayn Rand, et repris par Ivo van Hove, il y a donc Peter Keating, un architecte solide, mais capable de transiger afin d’obtenir des commandes et vivre confortablement; il accepte donc un certain conformisme dans la création et reste aussi  sous l’influence de sa mère  soucieuse de le voir arriver. Il travaille pour Guy Francon, un architecte aux réalisations classiques, père de Dominique, très séduisante, qui le drague ouvertement. Alors qu’il a déjà une vieille liaison avec Katie, la nièce d’Ellsworth Toohey, un critique d’architecture, à qui il a promis de l’épouser.
Peter  l’abandonnera sans aucun d’état d’âme pour épouser Dominique. Un plan plus utile pour lui : il atteindra vite une rapide mais éphémère célébrité.
Cette Dominique, magnifique jeune femme brune-escarpins et robe noire fendue- une bombe sexuelle, qui couche avec un peu tout le monde, mais froidement et avec une conscience absolue de son influence, quand il faut favoriser les commandes architecturales de ses amants ou maris.
Elle  divorcera d’Howard Roark, puis épousera Gail Wynand, un grand patron issu d’un milieu très pauvre, qui a réussi à créer un empire financier fondé sur la presse populaire à grands tirages, et sur l’immobilier. Il a une haute idée de lui-même et un goût certain pour le pouvoir. Absolument cynique, au début du moins, il n’a guère de scrupules à publier les articles que ses lecteurs attendent, donc en tirant  ses journaux vers le bas plutôt que vers le haut. Il sait que ses journalistes ont durement attaqué Howard Roark qu’il va rencontrer mais, miracle, ils se lient d’une certaine amitié. Mais Dominique le quittera et, à la fin, il se suicidera d’un coup de revolver.

On le voit l’écrivaine ne fait pas vraiment dans la dentelle, quand il lui faut construire un scénario et imaginer des personnages ! De la version originale de ce roman de 687 pages , Ivo van Hove a  tiré un texte qui en fait à peine le quart; «Globalement, dit-il, nous avons été loyaux en privilégiant le thème de la création  artistique et nous n’avons ajouté aucun texte. (…)Le roman pose la question essentielle du rapport entre art et argent. »Jusqu’où va le pouvoir du créateur ? Un sculpteur contemporain  se moquait un jour de ces architectes qui se croient obligés d’obéir à un client, s’il veut une baignoire au milieu de sa chambre ! » Ancien et insoluble débat, y compris et surtout quand il s’agit de rénovation de bâtiments anciens. Alors que les critiques et spécialistes de l’architecture préfèrent souvent des immeubles moins géniaux mais plus fonctionnels.

Mais  Ivo van Hove essaye de comprendre la position de Peter Keating  : «L’art doit-il accepter de s’impliquer dans la vie de tous les jours ? L’artiste doit-il être isolé ? Comment survivre en faisant des productions artistiques à l’intérieur du système ? »  Le metteur en scène  s’interroge sur une indispensable éthique de l’architecte et sur une certaine fracture-déjà!-entre la pensée des élites politiques et artistiques, et la population. Mais ces discussions, même menées par d’excellents comédiens, très estouffadou, sonnent parfois un peu faux. Comment en effet faire passer les idées essentielles d’un roman, en l’adaptant.
Et là, Ivan van Hove n’a trop réussi son coup.
Tout se passe comme  il  avait voulu ici se faire plaisir, sans trop se préoccuper du public qui finit par sommeiller doucement. Si bien que l’on ressort de là, peu convaincu par sa mise en scène, même si sur le plan technique elle est d’une rare qualité. A part l’arrivée d’une grosse rotative que les régisseurs ont du mal à faire entrer sur le plateau vu son poids et qui ne sert pas à grand-chose…
Sans doute était-ce mission impossible de garder le scénario et les principaux personnages de ce très long roman souvent assez conventionnel, sur une durée de temps limitée qui paraît quand même interminable, surtout dans la seconde partie.

Mais il y a, comme toujours chez Ivan van Hove, une scénographie-ici, très réaliste et sans doute assez coûteuse!-et des lumières tout à fait remarquables signées Peter van Kraaij qui a conçu un grand loft au plancher à larges lattes de bois, éclairées par une baie vitrée, avec de grandes tables d’architecte-on n’en est pas encore aux écrans d’ordinateur-et sur roues folles, probable clin d’œil au design contemporain… Mais il y aussi des téléphones noirs à cadran et une machine à écrire Facit gris pour faire années 50. Et derrière, toute une panoplie de magnétophones verticaux sur des tables, un grand xylophone et des consoles numériques, la musique étant jouée en direct. Côté cour, une baie à vitres verticales étroites d’atelier d’autrefois que l’on redécouvre aujourd’hui.

Direction d’acteurs d’Ivo van Hove comme toujours exemplaire et le quatuor des principaux personnages se révèle être ici exceptionnel de vérité.Mais dans cette adaptation scénique, le texte est vraiment souvent  d’une qualité médiocre, malgré quelques beaux dialogues. «Collection Harlequin, pas plus », disait, fielleusement, une chère consœur !
Nous n’irons peut-être pas jusque là mais ce gros roman n’a rien de très passionnant, même si ce fut un succès des années quarante! Avec de longues, trop longues! considérations esthético-philosophico-sociologiques  sur le mode  mineur que le metteur en scène aurait pu nous épargner Et ce texte n’a rien des qualités que l’on attendrait d’un dialogue théâtral (toujours cette difficulté récurrente de passer de la narration romanesque à la vie scénique ! Et on est loin ici de ces grands dramaturges comme Eugène O’Neil ou Arthur Miller avec Vu du pont que le metteur en scène avait montés de façon remarquable. (voir Le Théâtre du Blog).

A écouter Ivo van Hove aux Lundis de l’Odéon, The Fountainhead participait d’un chef-d’œuvre absolu et on allait voir ce que l’on allait voir… Eh! bien non, et nous avons parfois l’impression de retrouver le ton de certaines séries télé! Et  nous nous serions bien passés de ces considérations bavardes sur le capitalisme et le génie d’un architecte, et de cette longue tirade finale à la sauce pseudo-nietzschéenne sur le pouvoir de l’artiste créateur.

Autant Ivo van Hove maîtrise parfaitement l’espace de plusieurs dizaines de m2-et il l’a déjà prouvé-autant ici, il peine avec le tempo. Il nous dira sans doute qu’il n’a pas pu faire autrement, quand il s’agit d’une saga comme celle-ci; mais rien ne l’a obligé à le monter et  tout se passe comme s’il avait voulu se faire plaisir : pourquoi faire court quand on a le droit de faire long, voire très long Et surtout, pour dire quoi… On sentait, après un entracte bienvenu, le public déjà assez las. Reste, très bien dirigés par Ivo van Hove, une équipe de solides acteurs, qui donnent à leurs  personnages une exceptionnelle vérité, en particulier: Halina Reijn (Dominique) brillantissime, Aus Greidanus jr. (Peter Keating), Ramsey Nasr (Howard Roark), Jans Kesting (Gail Wynand) et Bart Slegers (Ellsworth Toohey). Et cela, malgré les micros HF, et malgré l’indispensable sous-titrage. Alors, faut-il aller voir ce The Fountainhead un peu hors-normes? Une scénographie et une direction d’acteurs des plus remarquables mais un texte bavard et décevant, malgré quelques beaux dialogues. C’est toute la structure même du spectacle qu’il faudrait revoir donc impossible… Vous voilà, prévenus mais si vous avez adoré Vu du Pont, vous serez déçu. A vous donc de voir si vous avez envie de tenter l’expérience.

 Philippe du Vignal

Théâtre de l’Odéon/Ateliers Berthier, Paris (17 ème) jusqu’au 17 novembre. Le roman, traduction de Jeanne Fillion, est édité chez Plon.

Mary Stuart, mise en scène d’Ivo van Hove sera présenté du 26 au 28 mars, au Festival Exit  à la Maison des arts de Créteil.

 

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