Poignard de Roberto Alvim

Poignard de Roberto Alvim

 Il faut parfois se servir d'un poignardLa Générale, ancien poste de transformation électrique, est un incroyable lieu de culture, en plein Paris, boulevard Parmentier. Derrière la façade vitrée, un grand espace modulable accueille spectacles, salons, performances… et, sur les toits, un jardin suspendu.
Deuxième édition du festival,  Éveil dautomne, a eu un début compliqué l’an dernier ; de courte durée et, à deux pas du lieu des attentats du 13 novembre, elle n’avait pu recevoir les nombreuses écoles  qui avaient prévu de venir.

 Le groupe M.I.A.O.U (Mouvement d’Interprétation Artistique Originale et Utile)  présente sa dernière création, adaptée d’une pièce de l’auteur brésilien Roberto Alvim. On assiste aux tribulations d’un petit groupe terroriste un peu ridicule et manipulé, dont la première action  est de se trouver un nom. Ce sera le Club Mickey!  Et on retrouve donc Minnie, Dingo, Pluto et Donald.
 Activistes débutants et peu entraînés, ils discutent beaucoup du sens de leur entreprise! Mais un drame va sceller leur destin et accélérer leur passage à l’acte : ils ambitionnent d’assassiner à l’arme blanche dix vedettes du show-biz. En parallèle, on suit l’ascension d’un boys band, les TNT : ces personnages, qui se prêtent au grand jeu médiatique et capitaliste, seront la cible majeure du Club Mickey.

 La mise en scène d’Alexis Lameda-Waksmann est rapide mais un peu trop sautillante.  Et les comédiens semblent peu à l’aise avec un texte difficile à porter sur scène. Les adresses racoleuses au public, et certaines scènes du boys band, affublé de shorts en jean et de chaussettes montantes,  sont assez vulgaires.
En présentant ces Pieds Nickelés du terrorisme qui affirment à plusieurs reprises que la lutte armée est la seule issue, Roberto Alvim ne produit aucune analyse réelle, et se contente de faire dans le loufoque. Il aurait pu montrer avec Poignard comment la perte de repères de notre société peut induire chez certains jeunes une radicalisation. Malheureusement,  il ne traite  pas ce thème ; comique et grinçante,   Poignard  n’incite guère à la réflexion.

Manque un véritable travail théâtral, grâce auquel le spectacle aurait pu gagner en lisibilité,  s’il avait eu aussi un peu plus de rigueur et moins d’artifice.

 Julien Barsan

 Le spectacle s’est joué à la Générale, 14 avenue Parmentier Paris (11ème) du 2 au 5 novembre.

 

 


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