Ce qui nous regarde de Myriam Marzouki

 

Ce qui nous regarde, texte et mise en scène de Myriam Marzouki

Après avoir été formée à l’École du Théâtre National de Chaillot, l’écrivaine et metteuse en scène mène un travail d’exploration des imaginaires contemporains, depuis 2004. (voir l’entretien avec Véronique Hotte dans Le Théâtre du Blog)
Une femme à genoux, en foulard, boxe, avec des gants. «L’homme est l’image et la gloire de Dieu, la femme est la gloire de l’ homme ! ».  C’est la Bible.  Les cultures se croisent parfois, il faut déjouer la censure, dans le Coran, rien n’oblige à porter le voile, le contraire est vrai !  (…) C’est mon statut d’enfant d’immigré qu’on m’envie (…) Les cultures se croisent parfois (…) Tout le problème, c’est le prophète. (…) J’ai 25 ans, il faut réagir, je veux lutter avec vous…».

Olga, l’Ukrainienne, et Aziza, l’arrière-arrière grand-mère tunisienne de Myriam Marzouki, coiffées d’un tissu symbolique, sont mises en question dans ce spectacle. Ces images sur le voile se croisent, avec celle d’une jeune femme en cheveux, un tableau de Jan Van Eyck (XVème siècle), le peintre célèbre des Epoux Arnolfini.  La metteuse en scène évoque aussi les femmes algériennes que le  général  Salan avait obligé à se  dévoiler pour leurs photos d’identité.
C’est aussi l’occasion pour Myriam Marzouki de rappeler que « la question de l’égalité se pose avec des enjeux spécifiques pour les artistes du spectacle vivant car les auteurs et les metteurs en scène donnent à voir une représentation du monde et de la société. Or trop longtemps, notre milieu s’est cru naturellement immunisé contre l’inégalité jusqu’à ce qu’il réalise à son corps défendant à quel point les œuvres écrites, composées, mises en scène par des femmes étaient si peu nombreuses.
Je dirais que ces cinq dernières années les choses ont commencé à changer car des revendications fortes ont été portées et qu’on a commencé à les entendre. »

Quelles réactions devant ces femmes de plus en plus voilées, qui débarquent de leurs pays colonisés et ravagés par les puissances occidentales. Comment être de gauche avec le voile ? « comme de plus en plus d’artistes le font, dit la metteuse en scène : bi-nationaux ou issus de l’immigration récente, ou nés en France de parents étrangers, venant de cultures diverses, imbriquées, tissées ensemble. Je pense qu’il est aujourd’hui urgent de prendre la parole pour inventer les récits nécessaires de la France d’aujourd’hui et de demain et je me sens la responsabilité de ne pas laisser la question de l’identité dans de mauvaises mains.« 

Myriam Marzouki dirige impeccablement ses comédiens: Louise Belmas, Rayess Beck, Rodolphe Congé, Johanna Korthals Atès. Ce qui nous regarde a été co-produit par de nombreuses institutions, comme autres la Comédie de Saint-Étienne, le Théâtre de l’Union, la Comédie de Valence, et la MC 93 de Bobigny.

Edith Rappoport

Spectacle vu le 18 novembre au Festival de la Ferme du Buisson, Allée de la Ferme, 77186 Noisiel. T: 01 64 62 77 00.

le  20 novembre.

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