Moeder par le collectif Peeping Tom

Moeder par le collectif Peeping Tom

 

Dans le cadre du Monaco Dance Forum proposé chaque année en décembre par Jean-Christophe Maillot, chorégraphe et directeur des Ballets de Monte-Carlo, le public a pu découvrir ce  théâtre dansé à la mode surréaliste avant Paris qui accueillera en janvier la dernière création de ce collectif, créé à Bruxelles en 2000 autour du couple Gabriela Carrizo et Franck Chartier. Moeder fouille, de façon à la fois intense, décalée et narquoise, les rapports humains découpés en fines lamelles psychodramatiques.
Le choix du titre (en anglais : voyeur)  annonce déjà le programme! Après avoir joué une trilogie «immobilière» (Salon, Jardin et Sous-sol), le groupe en a entamé une autre, cette fois «familiale» dont Moeder (en flamand : mère) est le second volet, après Vader (père) en 2014 et avant Kinderen (enfants) qui sera créé en 2018.

L’action des pièces de Peeping Tom a souvent lieu en vase clos, que ce soit dans le mobile-home de Caravana, dans la cave de Sous-sol ou dans la maison de retraite de Vader. Cette fois, il s’agit d’un musée où sont conservées des bribes du passé familial mais, ici, Gabriella Carrizo signe seule mise en scène et chorégraphie.

Au début du spectacle, une veillée funèbre, se déroule dans ce qui ressemble à un aquarium installé en fond de scène. Le couvercle du cercueil se referme sur le corps de l’aïeule, entouré  par la famille. Après avoir assisté au désespoir de sa fille, se jetant au sol de façon compulsive, au rythme d’un bruit d’eau savamment accordé à sa gestuelle acrobatique, le plateau s’éclaire et s’ouvre sur un espace devenu muséal. Un groupe de visiteurs suit avec intérêt les explications du guide qui, mari de la fille, présente les différents membres de ce « musée familial » : parents, grands-parents, enfants.

Toutes les scènes seront autant de rappels des moments-clés de leur existence, filtrés par une mémoire incertaine, prompte à trahir la réalité; à force de tresser ensembles souvenirs, fantasmes, craintes, espoirs et obsessions, la vérité devient insaisissable. Surtout, quand l’inconscient s’en mêle, comme, par exemple, dans la scène où la sculpture d’un homme nu, exposé dans le musée s’avère finalement vivante : après la fermeture des portes et le départ des visiteurs, on la voit en effet se transformer en jeune homme descendant de son piédestal.

Gabriela Carrizo, excellente danseuse autant que metteuse en scène, manie le drame aussi bien que la fantaisie ; avec elle, l’humour noir côtoie l’émotion, quand une femme de ménage, pensant n’être vue par personne, essaye d’escalader la sculpture de l’homme nu. La partition musicale, elle aussi, est très soignée: les sons, toujours intimement liés aux personnages, à la danse et aux objets, se transforment en matière tangible. Et il faut saluer les interprètes qui, avec une précision d’horloger, atteignent un accord parfait entre les partitions chorégraphique et musicale.

Sonia Schoonejans

Spectacle vu le 12 décembre à la Salle des Princes, Grimaldi Forum,  10 Avenue Princesse Grace, 98000 Monaco. T : 3777 99 99 20 00

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