La Femme rompue de Simone de Beauvoir

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La Femme rompue de Simone de Beauvoir, mise en scène d’Hélène Fillières

 C’est le réveillon ! Les rues illuminées grouillent de monde, et l’agitation règne avec cris de joie, stress, et bruit… Mais, venus d’un appartement, d’autres cris se font entendre. Ceux d’une femme révoltée. Abandonnée sentimentalement et socialement, elle laisse éclater souffrance et rage.

 Cela commence dans l’obscurité sur une musique angoissante de Mako, moment un peu trop long mais qui revient plus justement, à la fin. Sur le sol nu, un lit étroit, recouvert de tissu corail. Seules les lumières d’Eric Soyer accompagneront le voyage intérieur et le déchirement existentiel de cette femme qui sort de la pénombre et se dirige lentement vers ce lit, espace symbolique pour elle, de repos mais aussi d’angoisse, de rêve et volupté, et  seule présence à ses côtés: personne n’écoute ni regarde cette femme cassée, mais qui reste forte.

 Josiane Balasko, sous la direction fine d’Hélène Fillières, s’empare de Monologue, tiré d’un recueil de nouvelles La Femme rompue (1967). Pour la metteuse en scène, le choix correspondait aussi à une volonté esthétique: «Ce texte est une partition sublime pour une actrice. Cette femme, c’est Josiane Balasko». Jusqu’à la fin, seule en scène, elle retient, pendant une heure vingt, l’attention d’un public très attentif. La blessure  se révèle de plus en plus dure, et l’actrice, sensible et dévorante, donne à la souffrance enfouie, avec des cris jetés dans le vide, une beauté et une vérité rares.

 Le public vit pleinement le parcours d’une femme au plus profond de son être, démoli mais révolté : «Lucide, trop lucide. Ils n’aiment pas qu’on voie clair en eux, dit-elle, moi je suis vraie, je ne joue pas le jeu, j’arrache les masques.»Les mots de Simone de Beauvoir et la voix de Josiane Balasko qui résonnent dans le lieu mythique du théâtre contemporain qu’est le Théâtre des Bouffes du Nord, nous ont bouleversé.

Elisabeth Naud

Théâtre des Bouffes du Nord, 37 bis boulevard de la Chapelle, 75010 Paris, jusqu’au 31 décembre. T : 01 46 07 34 50.

Le texte de cette pièce est publié aux Editions Gallimard.  

 


Archive pour décembre, 2016

Cyberchute, texte et mis en scène par Dirk Opstaele

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Cyberchute, texte et mis en scène par Dirk Opstaele

 

L’auteur a imaginé de petites saynètes où un élément perturbateur, plutôt extraordinaire, vient chambouler le quotidien banal : «La plage d’Ostende, une rue à La Louvière, un boulevard de Paris en 1789.des gens qui jouent à la Playstation, d’autres bavardent sur une plage.  Dans la rue, ils s’organisent, s’inventent une bulle d’existence contre le reste du monde…Tous chantent. Leurs conversations tournent toujours autour de l’actualité la crise économique, le climat, les réfugiés, les insurgés, la faim dans le monde… Mais, à chaque fois, ils sont dérangés par un événement extraordinaire » ! D’un coup, il fait nuit noire ! Les chaussures ont disparu ! Les vêtements sont transformés ! Le sens des choses se brise,  on vacille entre rêve et réalité. »

C’est loufoque, mais parfois un peu confus,  comme cette phrase de Dirk Opstaele : « Il m’est arrivé que je rêve que je me réveille, je passe d’un rêve à un autre dans lequel je rêve que j’ai rêvé, et que je suis réveillé. Quand je me réveille, et que je me rappelle mes rêves, je poursuis ma chimère, et mon rêve continue… Réalité ou rêve ? »

Martine Godart, Chloé Périlleux, Patrick Beckers et Fabien Robert jouent la caricature, ce qui provoque le rire mais donne peu de profondeur à un texte dont les situations ne se prêtent  guère à leurs clowneries.Pourtant, certains ressorts du burlesque sont bien là: claques, explosions, mais aussi accessoires et masques utilisés, eux, de manière équivoque.

Fonder un spectacle sur quelques recettes usées lui donne toujours un côté amateur : ici, on flirte avec l’absurde sans jamais y parvenir. Et une structure en spirale, avec scènes répétitives, rajoute encore de la lourdeur. On ne comprend pas le sens du projet, si ce n’est évoquer la force du rêve, dans des situations souvent grotesques, et on a du mal à apprécier ce sens du comique belge.

Mais depuis trente ans qu’il a été créé, ce collectif bruxellois: la compagnie des Mutants/Leporello, dirigée par Dirk Opstaele et qui regroupe artistes wallons et flamands, est toujours bien là, et on se souvient, entre autres, de leur Revanche de Macbeth, une belle adaptation de la célèbre pièce, jouée en costumes de papier journal (2007), de Simon Boccanegra  de Guiseppe Verdi (2005)

 Julien Barsan

 Spectacle vu au centre Wallonie-Bruxelles, à Paris.

 http://www.leporello.brussels/fr/realisations/cyberchute-cyberfall

Il Cielo non è un fondale

il-cielo-non-e-un-fondale_carecchio_2Il Cielo non è un fondale (Le Ciel n’est pas une toile de fond) de Daria Deflorian et Antonio Tagliarini

C’est le second spectacle de ces auteurs présenté ici après  Ce non andiamo (voir Le Théâtre du Blog). Depuis quelques saisons déjà, ils ont  accumulé des matériaux pour préparer  cette pièce en flirtant avec les Beaux-Arts:  peinture, land-art, art minimal…
En 2014, il avaient déjà présenté ensemble Il Posto (qui reprend le titre italien, de La Place d’Annie Ernaux), une étude-performance in situ,   au musée du Novecento à Milan, qui compte environ 400 œuvres: futuristes, de l’avant-garde internationale, du spatialisme,  de la Transavanguardia et de l’Arte Povera. Ils ont aussi apprécié le travail de Sophie Calle et celui du hollandais Berndnaut Smilde qui recrée un arc-en-ciel aplati, ou des nuages dans la chapelle de la Vierge à Hoorn près d’Amsterdam) et à la Saatchi Gallery à Londres, ou encore le  travail du documentariste Nicolò Bassetti, auteur d’une enquête sociologique sur le périphérique de Rome, film primé au dernier Festival de Venise.

Daria Deflorian et Antonio Tagliarini, disent-ils,  ont réfléchi sur les rythmes obsessionnels de la vie contemporaine, sur «l’efficacité hyperactive» qui nous pousse sans cesse à voir, mais nous empêche toujours plus de regarder autour de nous, sans objet immédiat-qui nous prive de simplement contempler. Qu’appelle-t-on habiter ?  S’il est vrai que «nous avons troqué notre vie intérieure contre une vie à l’intérieur», comment nos abris nous laissent-ils penser à ceux qui restent «sous la pluie» ? Comment, sur scène, faire entrer le paysage du dehors, comment les faire dialoguer ? »

 Soit! Comme dans le précédent spectacle, rien ou si peu sur le plateau, avec comme unique décor, un grand châssis de toile noire noire, un micro sur pied, et côté cour, un gros radiateur en fonte blanc. Et  on retrouve ici les deux auteurs, et deux autres de leurs acteurs, Francesco Alberici et Monica Demuru, perdus dans ce beau mais immense plateau, et munis de ces affreuses verrues sur le visage que sont les micros HF. Grave erreur de scénographie : il aurait mieux valu mettre ensemble  pour ce type de spectacle, comédiens et public dans un plus petit espace.

La note d’intention parle beaucoup d’art et de théâtre contemporain, sur lequel les auteurs dissertent avec une certaine complaisance : «Cette attention à la frontière entre le dedans et le dehors caractérise tous les grands moments de mutations, mais aussi les refondations de l’art scénique. (… ) Mais en réalité la finitude de l’espace théâtral et la précarité de l’action scénique en font un des lieux les plus adaptés pour accueillir l’infini ». Autrement dit, du genre avec toute notre modestie, notre frugalité sur le plateau, vous allez voir ce que vous allez voir… Mais entre cette approche théorique un poil prétentieuse, et le résultat sur le plateau, que voit-on ? A vrai dire, pas vraiment grand-chose de passionnant. De bons acteurs sans doute  qui  nous disent  dans une sorte d’implacable logorrhée, leur rapport au monde contemporain, en « s’interrogeant la matière du réel à travers l’exploration du rapport entre l’individu et son environnement… »

On aperçoit très fugaces des silhouettes d’exclus, comme une SDF, ou de marginaux comme un vendeur à la sauvette de fleurs indien, un aide-cuisinier pakistanais. On évoque aussi la figure Jack London… Mais bon, cette quête existentielle, et cette réflexion sur le théâtre ne nous apprennent rien, ne font pas vraiment sens et ces quatre vingt minutes paraissent bien longues… Dans leur précédent spectacle,  Ce ne Andiamo, on sentait au moins  la présence réelle d’Athènes, en arrière-plan et la crise grecque. Mais ici, rien ou si peu, sinon l’influence évidente d’une certain art minimal et conceptuel. Et cela aère les choses quelques beaux chants d’une des comédiennes.

On nous a aussi demandé, de temps à autre, de fermer les yeux comme dans un jeu de gentil club de vacances, et comme s’il allait y avoir un événement surprenant sur le plateau. Bien entendu, nous avons triché, nous avons vu qu’il ne s’était pas vraiment pas passé grand chose, sinon un déplacement des acteurs !

A la fin, il y a au moins une formidable image : le grand châssis noir s’ouvre et laisse apparaître six radiateurs blancs que les acteurs disposent sur le plateau, belle installation d’art minimal que l’on pourrait voir à la Galerie Daniel Templon ou au Centre Georges Pompidou. Mais on la paye d’une bonne heure d’ennui ! On se souvient peut-être de la belle phrase de John Cage qui associait happening et nécessité de l’ennui; ici, c’est un peu cela!

En fait, ce spectacle n’aurait jamais dû franchir le  résultat d’un atelier de recherche et aurait dû être réservé aux professionnels et amis de cette compagnie, mais était-il bien nécessaire de le présenter comme une recherche théâtrale des plus pointues, et cela, dans un espace qui ne convient absolument pas. Attention, les retours comme on dit du public, risquent d’être sévères, surtout à 36 €, la place et ce genre de chose peu convaincante et du genre branchouille est un coup à faire fuir les abonnés du Théâtre de l’Odéon,…

Vous, voilà prévenus, allez-y si vous en avez vraiment envie mais vous aurez sans doute compris que l’on ne ne vous y poussera pas.

Philippe du Vignal

 

Théâtre de l’Odéon/Ateliers Berthier, Paris 17 ème,  jusqu’au 18 décembre.
Théâtre Garonne, Toulouse, les 28 et 29 avril.

 

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La Gentillesse

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La Gentillesse , écriture de la compagnie Demesten Titi, mise en scène de Christelle Harbonn

 Un texte inspiré des personnages de L’Idiot de Fiodor Dostoïevski et de La Conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole: soit des êtres hors du commun, avec une douceur confinant à la naïveté et qu’on pourrait dire, frappés d’innocence. Dans l’univers feutré d’une famille bourgeoise, deux héros maladroits vont faire exploser cadres et règles de la bienséance et des relations sociales. En une déflagration, qui  bouleversent la vie et libére les pulsions dissimulées.

Sur le plateau,  une mère et sa fille  figées dans des attitudes prostrées ou mutiques. Dans un coin, un homme et sa seconde fille. Il s’ingénie à démêler une sculpture de filaments colorés. Autoritaire et sûr de lui, il intime sèchement des ordres absurdes. La jeune femme, docile, fait de son mieux. Une « gentille », avec l’attitude du « Ravi » de la crèche mais ce qu’elle suggère à son partenaire, est frappé du sceau du bon sens: elle l’encourage à sortir de son isolement et de son aboulie, et veut lui présenter sa mère, susceptible de lui offrir un emploi. Présentation donc à cette mère raide et inhumaine: commence alors un drame bourgeois incongru, avec des personnages idiots et/ou cruels. Le jeune homme est engagé comme portier.

S’installe progressivement un univers absurde, avec l’arrivée d’un hôte qui ne sait répondre à aucune question. Il ne sait même pas qui il est. Dès qu’on lui pose une question un peu directe, il perd pied, et on le reçoit comme un chien dans un jeu de quilles. Les cinq personnages susurrent des propos fiévreux, insensés ou incongrus. Tout un monde se met en place, entre Dostoïevski et Beckett,  entre loufoque  et saugrenu. Effet renforcé par la scénographie, les lumières et le jeu des comédiens.

Au centre du plateau, une carcasse de divan recouvert d’étoffes, à l’abandon, et surmontée d’un  de sacs plastiques qui, éventrés, arrosent acteurs et accessoires, de sable et autres détritus. Dans un climat Chute de la maison Usher qui ajoute au désarroi des personnages, déchirés entre une gentillesse qui les paralyse et une violence délirante.
Un père mort, une mère égarée et ses deux filles  timides et  haineuses envers elle ! Les comédiens soulignent la violence sous-jacente ou manifeste du texte par un jeu souvent grotesque et outré : tout le monde s’embrasse sur la bouche, se murmure à l’oreille des confidences qui n’en sont pas. Diction caricaturale, et dialogue souvent onirique ou ubuesque: quelques spectateurs quittent la salle…

On a affaire à une écriture de plateau, collective où  les jeux d’expression,  volumes sonores, diction et gestes ont autant d’importance que le pur matériau verbal.  Ainsi, pour l’anniversaire de la fille aînée, la famille prépare un spectacle. Une grosse bête avance sur scène : les membres de la famille, mère en tête,  avancent à la queue leu-leu, recouverts d’un tissu style «nouvel an chinois ».. Puis, chacun sort du ventre de la bête. La mère explique à sa fille qu’ils ont voulu lui offrir comme cadeau, un tableau. Mais, comme ils sont désargentés, ils vont se contenter de le lui décrire; ça hésite entre loufoque et dramatique.La pauvre fille en a pour son argent mais  la «gentille» fait bonne figure, et participe activement à la création du tableau collectif avec une bonne volonté qui cache des desseins criminels : elle rêve de les tuer tous.

Dénonciation des conventions sociales, déclaration de guerre à la famille, assomption du rêve et libération des désirs refoulés, tout y passe… Le public a donc parfois un peu de mal à retrouver ses billes,  et à participer à la cérémonie.
Reste un spectacle d’une rare énergie, avec des tableaux parfois réussis, un remarquable travail collectif et une bonne direction d’acteurs…

Michèle Bigot

Théâtre national de la Criée, Marseille, jusqu’au 15 décembre.

 

Un Centre Dramatique National à Manufacture des Œillets

Inauguration d’un Centre Dramatique National à la Manufacture des Œillets à Ivry

 10 décembre 2016 ! Après  une quinzaine d’années  de négociations, à Ivry-sur-Seine,commune de 59.000 habitants du Val-de-Marne qui fait maintenant partie du Grand Paris, a été enfin installé un Centre Dramatique National, dans une des dernières banlieues avec Malakoff, encore «rouge ».

En 1972, Antoine Vitez s’était installé à Ivry dans une petite salle, le Studio Ledru-Rollin. Il y développera, à un haut niveau, une démarche pédagogique et de création, dans les quartiers, qu’il poursuivra ensuite à Nanterre, avant qu’il ne prenne la direction du Théâtre National de Chaillot, puis de la Comédie- Française. Philippe Adrien lui succèdera à Ivry,  puis Catherine Dasté où pendant sept ans, elle développera aussi une intense activité pédagogique : huit ateliers pour enfants et adolescents, et cinq pour adultes.

 972840-la-manufacture-des-oeillets-a-ivry-sur-seine-pres-de-paris-se-mue-en-theatreAdel Hakim et Élisabeth Chailloux les actuels directeurs qui s’investissent eux aussi beaucoup dans  l’enseignement, s’installent  en 1984 dans les bâtiments existants au Studio qu’ils viennent de quitter et au Théâtre Antoine Vitez qu’ils occupent ponctuellement. La lutte engagée pour aménager  cette Manufacture des Oeillets durera une quinzaine d’années, après de multiples réunions avec la commune d’Ivry, la Région et l’Etat.Autrefois usine de fabrication d’œillets, ce magnifique espace permet à Patrice Chéreau d’y créer en 1998, avec les élèves du Conservatoire, des fragments d’Henry VI et Richard III de William Shakespeare .

Entièrement réaménagé, il rassemblera maintenant sous le même toit les activités de la compagnie:  une pédagogie toujours intense et des créations avec une dominante internationale,  Adel Hakim collaborant régulièrement avec le Théâtre National Palestinien. Élisabeth Chailloux elle  se consacrant à un répertoire plus classique. A l’occasion de ces deux jours ouverts au public, on a pu entendre et voir: d’abord une lecture du texte de Jack London Ce que la vie signifie pour moi par Stanislas Nordey, un concert du Trio Joubran, un cabaret Levin et  L’impromptu d’Ivry, joué par les comédiens amateurs de l’Atelier Théâtral.

Ce nouveau lieu comprend: la Fabrique, un espace modulable de 397 places, le Lanterneau, une salle de répétition et de spectacle de 80 places, l’Atelier qui abrite l’École de théâtre, et la grande Halle pour l’accueil du public, avec bar et librairie. Voisin du Centre d’Art Contemporain d’Ivry et de l’École Supérieure des arts graphiques, ce Centre Dramatique National accueille pour la saison 2016/17, une dizaine de spectacles  pour  la moitié, créés par des metteuses en scène: Julie Timmerman (voir Le Théâtre du Blog), Anne Théron, Blandine Savetier, Élisabeth Chailloux, Maïa Sandoz !

Edith Rappoport

 www.theatre-quartiers-ivry.com

 

Amphitryon de Molière, mise en scène de Guy-Pierre Couleau

Amphitryon de Molière, mise en scène de Guy-Pierre Couleau

 

amphitryonÊtre ou ne pas être soi, telle est la question. Sosie, assommé de coups de bâton par un Mercure très terrestre protégeant les amours de Jupiter, saura résister. Envers et contre tout, vertige existentiel, côtes froissées et ecchymoses, faim lui tenaillant le ventre devant la porte fermée de son patron : oui, je suis, j’existe, dirait Descartes en personne. Il plie devant plus fort que lui, mais se redresse dès qu’il le peut. Petite consolation : ce trouble profond d’être deux «moi», tout en restant obstinément soi-même, va saisir à son tour Amphitryon, si prompt à lever le bâton devant les explications inexplicables de son valet. Comme dit ailleurs Molière : « Vous ne vouliez point croire, et l’on ne vous croit pas ». 

La pièce, fusée à plusieurs étages, commence par une féérie à l’antique, un dialogue entre Mercure et le Nuit, continue dans la farce et les coups de bâton puis l’idylle amoureuse, et enfin dans le quiproquo qui constitue l’armature de la pièce : Jupiter n’a pu séduire Alcmène que sous les traits de son époux, mais quand celui-ci revient de guerre, il se trouve trompé… par lui-même. Et cela finit avec un Sosie qui préfigure Figaro : «Le véritable Amphitryon est celui qui donne à dîner », seule justification pour que le valet lui consacre sa force de travail. Les dieux en prennent pour leur grade : des brutes qui abusent de leur pouvoir, et c’est tout.  Et, à la fin, le metteur en scène ne les fait pas remonter au ciel des cintres, mais descendre dans les dessous !

Guy-Pierre Couleau traite avec jubilation tous ces étages de la comédie. Chaque  acteur joue sa partie avec générosité. On frise une folie à la Tex Avery avec chaque détail maîtrisé au millimètre. Il faut voir comment circulent les objets (et il y en a peu sur le plateau) dans une logique poussée jusqu’à l’absurde. Un savoureux détail de jeu parmi d’autres : le “vrai“ Amphitryon (François Rabette)-mais où est le vrai ?- est un poil plus raide, bref, un peu plus mari  que son double Jupiter (Nils Ôhlund), qui est,  lui, un peu plus amant.

Clémentine Verdier, en Alcmène tout juste mariée (ce qui expliquerait son appétit pas trop regardant pour son prestigieux mari), se montre exquise jeune première, tendre, amoureuse, puis furie, en épouse injustement soupçonnée. Chacun des rôles est dessiné avec la même précision, le même humour : Jessica Vedel joue la Nuit en dominatrice de sex-shop à deux sous  puis un général à la Tintin. Isabelle Cagnat donne à Cléanthis, la femme fidèle malgré elle de Sosie,  le feu de la vengeance et de la dignité offensée,  en double plus mûr et plus comique (comme il se doit) de sa maîtresse. Et Kristof Langromme donne à Mercure toute sa brutalité, grognon, peu enthousiaste  à servir Jupiter : n’est-il pas un dieu comme lui ?

Le pompon revient à Luc-Antoine Diquéro en Sosie. Un perdant magnifique, un “lâche“ qui se connaît, qui plie et ne rompt pas. Un philosophe des rues, puisqu’on ne le laisse pas entrer dans la maison, un héros de la faim qui rejoint les plus grands burlesques américains. Et présent partout, sans une seconde de relâche, dans la jubilation d’un jeu  parfaitement huilé, et toujours surprenant.

Ajoutons ce par quoi le spectacle commence : une magnifique mise en scène du ciel, avec lunes et planètes, telles qu’on les imaginait du temps de Descartes, au-dessus d’un tréteau à tout faire : le feu d’artifice peut commencer.

 Il ne faut à aucun prix manquer les dernières dates de  cet Amphitryon en fin de tournée .

Christine Friedel

Spectacle vu au Théâtre 71 à Malakoff le 3 décembre.

Théâtre des Célestins à Lyon, du 17 au 28 janvier.
Théâtre de Bagneux, le 22 mars et au Bateau Feu de Dunkerque, les 10 et 11 mai.

Le Petit-Maître corrigé

©Vincent Pontet coll. Comédie-Française

©Vincent Pontet coll. Comédie-Française

Le Petit-Maître corrigé, comédie en trois actes et en prose de Marivaux, mise en scène de Clément Hervieu-Léger

 Administrateur de la Comédie-Française, Éric Ruf évoque à propos de cette pièce, la «vieille bataille Paris-Province que tous les changements de nom ou d’appellation territoriale ne sauraient faire cesser», et ceci, à travers l’épreuve de jeunes Parisiens, sommés de rabaisser leur arrogance, face à la franchise des sentiments non étudiés de jeunes beautés provinciales. Après la cabale orchestrée par Crébillon, et surtout à cause de sa modernité incomprise, la pièce ne sera jouée que deux fois à la Comédie-Française, puis les représentations seront annulées en 1734.

 «Sobriété de l’intrigue et densité des répliques apparemment les plus simples  selon Henri Coulet et Michel Gilot : Hortense aime Rosimond et en est aimée. Ce petit-maître est un  jeune homme prétentieux et désinvolte (un personnage alors à la mode, au théâtre) que la jeune fille prend plaisir à éprouver, en feignant d’être attirée par Dorante.
Mais Dorimène, une dame légère, courtise Rosimond. Les parents assistent impuissants au manège des amoureux sur le point de rompre. Mais Frontin, le valet de Rosimond, et Marton, la suivante d’Hortense, arrangeront tout. Dorimène, Rosimond et Dorante recréent entre eux les jeux amoureux, précieux et libertins des courtisans et des fats de la capitale, sous les yeux médusés d’Hortense, Marton et Frontin. Ce valet et cette femme de chambre, amoureux l’un de l’autre, sont souverainement plus proches et plus libres. Ils mènent la danse, révélant les états d’âme et initient l’action.

 Eric  Ruf a conçu une scénographie inattendue ici: des dunes avec des touffes d’herbes ondulantes et de joncs, entre lesquelles les dames en belle robe et les messieurs en habit de ville doivent se frayer un chemin difficile…Cet espace sauvage aux nuances vertes et jaunes, dégagerait presque un parfum de campagne. Le public a même droit au son du vol d’insectes estivaux. Un rappel pictural des Coquelicots de Claude Monet-sans les coquelicots-mais avec promenade, herbes mouvantes, ciel bleu et nuages blancs inspirés de Constable. Cette nature piquante reflète la qualité des personnes vivant à la campagne : intuition, liberté de parole et de corps, loin des faux-semblants, masques et jeux parisiens artificiels.

 Adeline d’Hermy (Manon) joue l’espièglerie et la facétie souriantes, fidèle à sa maîtresse (Claire de la Rüe du Can) qui affiche à la fois réserve et détermination. Elle court et chute avec plaisir dans les herbes  en compagnie de son Frontin qui est prêt à abandonner ses accents du «bel air», prononçant «Péris» pour Paris. Christophe Montenez interprète avec justesse ce Frontin aux vrais sentiments, qui tente de rallier son maître à ses vues. Florence Viala est une Dorimène, citadine aux airs fanfarons. Pierre Hancisse, en Dorante, l’ami de Dorimond, joue de ses avantages, tout en raisonnant. Quant à Dominique Blanc et Didier Sandre, ils sont une marquise et un comte parfaits. Rosimond se conforme au «monde», à son opinion, à ses préjugés, mais ce petit-maître, incertain et précieux, sera corrigé par les deux beautés régionales. Loïc Corbery le joue à merveille, pouffant de rire et fuyant avant d’«être».

Ce spectacle, dans la mise en scène revigorante de Clément Hervieu-Léger, emporte le public dans l’imaginaire de tous les printemps.

Véronique Hotte

Comédie-Française, Salle Richelieu, Place Colette, Paris 1er (en alternance jusqu’au 26 avril).T : 01 44 58 15 15.

 Le texte de la pièce est publié dans Marivaux (Folio Théâtre) aux éditions Gallimard

 

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Sport de combat dans le 93 : la lutte

DSC_5958HDSport de combat dans le 93 : la lutte, spectacle conçu et mis en scène par La Revue Éclair, sur un texte de Stéphane Olry 

 Les représentations de la lutte abondent dans l’Antiquité: en particulier à Beni Hassan (Egypte) en 2.000 avant J.C., en Grèce sur de nombreux vases, souvent en référence aux poèmes homériques avec, par exemple, Ulysse et Ajax qui  luttent ensemble, arbitrés par Achille.                  

Parmi les sports de combat où s’affrontent deux adversaires, le plus  simple, le plus ancien et le plus universel, s’exerce sans armes, comme un exercice ludique. Dans la Grèce olympique, la lutte  est une compétition et une opposition de corps, avec force, adresse, gestes et prises, à l’exclusion des coups. L’exercice se pratique avec un contrôle extrême, excluant toute violence réciproque à finalité belliqueuse: une école de courage et d’endurance.
    Trois formes  en sont pratiquées aux Jeux olympiques : la lutte «de la tête à la ceinture», dite gréco-romaine (la gréco), la lutte libre avec tout le corps, dite olympique, et la lutte féminine.                                                         

«Ne pas faire mal. Ne pas se faire mal. C’est la première règle qu’apprennent les poussins»,  dit Corine Miret dans la Pièce d’actualité N°7 du Théâtre de La Commune-Centre dramatique national d’Aubervilliers. Sagement assise sur un banc, la comédienne et danseuse, avec sobriété, humilité et grâce, assiste, face public, à l’entraînement des Diables Rouges du club de Bagnolet,

Des athlètes originaires du Caucase et de la mer Noire: Ossétie, Daghestan, Mingrélie, Abkhazie, Tchétchénie. Des populations comme les tcherkesses, avars, lezguines. Des brigands de montagnes… Vallées de proscrits et de crève-la-faim. » Là où règne la pauvreté, s’installe la lutte.
Il y a ici les entraîneurs et les athlètes, pères et fils, voire pères et filles, des enfants, adolescents et jeunes gens qui vivent en banlieue parisienne, et qui s’entraînent trois fois par semaine, avant les compétitions du week-end.
L’entraînement  est un temps et une expérience à part, que ponctue la narratrice Corine Miret qui raconte son accident : un genou déboîté lors d’un spectacle… et finie la danse. Elle a observé en amont, le quotidien du club, les entraînements à horaires fixes au gymnase, la loge d’Hocine, le  gardien, les couloirs, les surfaces de jeu, les mannequins. Un espace et un temps que partagent ces lutteurs.

Corine Miret fait quelques élégants saluts de Cour, avec une esthétique baroque qu’elle avoue avoir toujours privilégié parmi les canons de la beauté académique qui, en apparence est opposée aux figures de la lutte,  à la brutalité : soulèvements des corps et immobilisation au sol de l’adversaire.
Et dans ce duel dont le spectateur admire la violence sans armes donc assagie, l’agression se transforme en démonstration de force, courage, endurance, habileté et prouesse généreuse. Frédéric Baron apporte, lui, sa note comique, interprétant un des mannequins, ou mime la balance de poids : obsession des lutteurs, et même l’allégorie de la médaille de compétition.

Un spectacle inouï : contemplation des corps en exercice, générosité des adversaires, esprit de partage, jusqu’à épuisement, en temps réel, des forces engagées.

Véronique Hotte

Christine Friedel  qui a aussi apprécié  ce spectacle, précise:

Cet art devient une forme très simple et très audacieuse de théâtre, par la grâce de l’enquête et du récit construit par la Revue Eclair, coutumière du fait. Corine Miret fait vibrer dans son corps empêché l’énergie des lutteurs, comme elle était allée, la saison dernière au théâtre de l’Aquarium, à la rencontre des Habitants du bois. On se souvient, entre autres, de son Voyage d’hiver, trois mois d’immersion dans une petite ville du Nord.

Quête, enquête : à chaque fois, le “rendu “ est différent. Il ne s’agit pas de s’approprier la vie des gens, mais de la leur rendre, en beauté, et en vraie grandeur. C’est le projet de ces Pièces d’actualité, confiée successivement à différentes équipes, tel que le formule Marie-José Malis, directrice du Théâtre de la Commune : « Les pièces d’actualité, ce sont des manières nouvelles de faire du théâtre. Elles disent que sa modernité, sa vitalité pour tous, passent par ce recueil de ce qui fait la vie des gens, des questions qu’ils se posent, et de ce temps du monde, complexe, poignant, que nous vivons tous. Elles partent d’une population, et disent qu’en elle se trouvera une nouvelle beauté. Mêlant parfois professionnels et amateurs, elles font du théâtre l’espace public de nos questions.« 
L’actualité est rapide, et également cruelle : ainsi, ce spectacle 81 avenue Victor Hugo (à Aubervilliers), mis en scène par Olivier Coulon-Jablonka, conçu et joué par des sans-papiers, a connu un tel succès qu’il été invité au festival d’Avignon; certains ont pu être régularisés, d’autres non. La lumière ne suffit donc pas à protéger tous ceux qui en ont besoin. Deux nouvelles pièces d’actualité vont encore ponctuer la saison du théâtre de la Commune, et fonder un nouveau théâtre populaire, avec toute la grâce et la brutalité du réel.  Ce spectacle remet le théâtre à sa place,  en invitant très simplement un public neuf à se regarder avec fierté. Il pose la barre très haut pour les acteurs du théâtre en général : nous aurons vu dans la lutte des corps sincères, à vous d’être sur scène aussi rigoureux et harmonieux.

Christine Friedel

Théâtre de la Commune-Centre Dramatique National Aubervilliers,  jusqu’au 15 décembre. T : 01 48 33 16 16.

 

 

Une heure avec Montaigne, adaptation de Delphine Thellier

Une heure avec Montaigne, adaptation de Delphine Thellier

 

delphine Thellier« En voyage, chacun emmène se petite pharmacie…Pour le voyage qui me mène jusqu’à ma fin, écrit Delphine Thellier, en tête du petit livret des Essais offert à la sortie aux spectateurs. J’ y ai trouvé ce qui me correspond : Montaigne nous aide à vivre avec gaieté, volupté, et  tranquillité. En «sauts et gambades » à travers les Essais, je partage avec le public, le meilleur d’un homme tout simple qui, à partir de son Moi, a su atteindre l’universalité de la condition humaine.  J’invite bien sûr le lecteur à lire la totalité du livre ; il ne s’agit ici que d’une infime partie. »

 Delphine Thellier se promène, très simplement,  dans cette œuvre immense, parlant d’abord d’une expérience de la mort, à laquelle Montaigne avait échappé quand il  lors avait été  bousculé par un grand et fort cheval roussin monté par l’un de ses gens. «On me dressa sur mes pieds et je rendis un plein seau de sang pur (…) De cette façon, je commençai à reprendre un peu de vie, mais ce fut peu à peu, et au long d’un si grand espace de temps que mes premières sensations étaient beaucoup plus proches de la mort que de la vie (…) À la vérité, pour s’apprivoiser à la mort, il n’y a qu’à s’en approcher ! ».

 Un chapitre sur Les Cannibales est empreint d’un bon sens ironique : « Nous pouvons bien appeler les Cannibales, barbares par rapport aux règles de la raison, mais non par rapport à nous, qui les surpassons en toute sorte de barbarie. (…) Leur guerre n’a d’autre fondement parmi eux que la seule recherche de la valeur. (…) Ils sont encore dans cette heureuse situation de ne désirer qu’autant que leurs nécessités leur demandent : tout ce qui est au delà est pour eux superflu. »

L’actrice dit aussi un extrait des  chapitres sur les animaux, et  sur Étienne de la Boétie, son cher ami trop tôt disparu avec un extrait du Discours sur la servitude volontaire, et encore un autre sur Dieu, ou  sur la sagesse : «Le monde est une branloire pérenne, ou une balançoire perpétuelle, si vous voulez. »

 Le dernier chapitre sur la vie, se conclut par cette phrase ironique : «Sur le trône le plus élevé du monde, nous ne sommes encore assis que sur notre cul, et tous, autant que nous vivons, nous ne sommes que fantômes, ombres légères… ». 

 Delphine Tellier, nous promène dans cette œuvre vitale qu’elle nous restitue avec amour, et pour notre plus grand bonheur.

Edith Rappoport

Théâtre Essaïon, Paris IIIème, le lundi à 20 h.  T : 01 78 46 42.

 

 

 

 

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Adieu Bruno Bayen

Adieu Bruno Bayen

 

x510_sipa_00325732_000002.jpg.pagespeed.ic.QzmLpe1Jq2Nous l’avions bien connu quand en 1972, à vingt-deux ans et encore élève de l’Ecole Normale Supérieure, il avait fondé sa troupe, La Fabrique de théâtre où jouait son amie Elsa Pierce.

 Pas bien riche mais la rage au cœur, il avait monté pour le Festival de la Rochelle,  un étonnant et très brillant premier spectacle, Le Pied, adapté de L’Intervention de Victor Hugo, texte avec lequel il avait pris quelques libertés, en y infiltrant des extraits de textes de Karl Valentin et de Witold Gombrowicz. Puis, il mis en scène La Mouette d’Anton Tchekhov, avec notamment Christine Boisson (1978), et en germaniste qu’il était, il avait aussi créé Madame Hardie, en adaptant un texte de Bertolt Brecht puis La Danse macabre de Frank Wedekind encore peu connu en France, La Mort de Danton de Georg Büchner…

Michel Guy, alors ministre de la Culture, l’avait nommé, erreur fatale, à la tête du Centre dramatique national de Toulouse, en association avec Maurice Sarrazin. Mais, incompatibilité absolue entre les deux hommes, et Bruno Bayen devra quitter cette direction bicéphale.

Il montera ensuite quelque trente spectacles, parfois avec de belles réussites dont Elle de Jean Genet avec Maria Casarès, Œdipe à Colonne de Sophocle. Mais aussi Le Chapeau de paille d’Italie d’Eugène Labiche à la Comédie-Française (1985). Lecteur infatigable, il s’intéressait beaucoup au théâtre des Etats-Unis et lisait Drama Rewiew que nous lui prêtions souvent. Il montera nombre des textes contemporains, comme Espions et célibataires d’Alan Bennet,et traduira La Terrible Voix de Satan de Gregory Motton.
En 1990, il dirige la collection Le Répertoire de Saint Jérôme, aux  éditions Christian Bourgois avec Florence Delay, Evelyne Pieiller et Louis-Charles Sirjacq. Dans le but de faire connaître des pièces étrangères du XXe siècle…

 Il devait monter Le Voyage au pays sonore ou l’art de la question de Peter Handke en 2006, à la Comédie-Française, mais l’écrivain  était allé à l’enterrement de Milosevic…  Ce qui provoqua une très vive polémique, et cette création fut annulée.
Bruno Bayen écrivit aussi des pièces, dont Schliemann, épisodes ignorés(1982)Faut-il choisir !? Faut-il rêver !?(1984), Weimarland et L’Enfant bâtard, (1992), Plaidoyer en faveur des larmes d’Héraclite, (2003).

Figure à part du théâtre français, cet être, assez secret et solitaire, fragile et fort à la fois, souvent mélancolique mais à l’humour féroce, grand travailleur et doué d’une solide culture, il était donc à la fois metteur en scène, traducteur mais aussi auteur de quelques romans, Jean 3 Locke, (1987) Restent les voyages, (1990) et Éloge de l’aller simple, (1991) et d’un bel essai sur la nature morte. Le Pli de la nappe au milieu du jour (1997).
Avec lui disparaît une des figures des plus attachantes du paysage théâtral contemporain et que nous aurons eu la chance de connaître. Adieu Bruno.

Philippe du Vignal

Un hommage sera rendu à Bruno Bayen au Crématorium du Père Lachaise, 71 Rue des Rondeaux 75020 Paris, mercredi 14 décembre à 10h 30.
Puis l’enterrement  aura lieu ce même jour à 14h au
cimetière du Montparnasse,  3 Boulevard Edgar Quinet 75014 Paris.
Parution posthume malgré lui! Son dernier roman Elève, paraîtra en janvier chez Bourgois.

 

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