Contre les bêtes de Jacques Rebotier

© Pascale Collet

© Pascale Collet

 

Contre les bêtes de Jacques Rebotier, mise en scène d’Emilie Le Roux

 

Le Théâtre Dunois, à Paris, dédié à l’enfance et la jeunesse, situé dans le quartier en pleine mutation de la B.N. F. , déploie sa façade aux vitres colorées au pied d’un grand immeuble. Heureux les jeunes du quartier qui bénéficient de cette programmation au goût toujours sûr. Jacques Rebotier y fait son entrée avec Contre les Bêtes, paru en 2012. Il y est question des bêtes qui paraissent et qui, surtout, disparaissent, en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire.

Un horrible personnage nous explique que «les bêtes sont bêtes», qu’elles sont en trop, qu’il faut les supprimer. Peu à peu, le discours se retourne contre notre « omme »  qui se prend les pattes dans son argumentaire, pour nous dire des vérités qui débordent la question animale : « Le propre de toi ? Etre le seul qui détruise son nid, et avec entrain, et tout le reste avec. La bestialité est le propre de l’omme. » Il nous rappelle aussi quelques scandales sanitaires comme:  » La grippe du poulet qui a tué dans le monde une gigantesque … cinquantaine de personnes. Qui ont été scandaleusement privées de mourir d’autre chose ! Prix : cent millions de poulets, abattus-rabattus. La vache folle a eu la pauvre peau de millions, non de centaines de mille, euh, de milliers, euh! non, finalement : cent quarante-trois personnes. Et de bons millions de vaches, en nette surproduction d’ailleurs, que ça tombait pas trop mal. »

Acerbe, ironique, parfois hystérique, le texte nous malmène, et virevolte à un rythme effréné. Xavier Machault le tient bien en bouche et le porte haut et fort pendant cinquante minutes. Sans jamais savonner, sans jamais tomber dans les pièges des jeux de mots et des consonances de Jacques Rebotier, il nous captive.

Émilie Le Roux travaille beaucoup sur le rythme, apporte des cassures, et des montées en puissance dans un texte pas facile à porter au plateau et à rendre intelligible. Aux côtés du comédien, les virtuoses Valentin Ceccaldi, violoncelliste, et Théo Ceccaldi, au violon. Avec une partition enjouée, rapide et contrastée qui, en phase avec le travail sur le tempo,  apporte des respirations bienvenues et de belles phases improvisées. Véritables partenaires du comédien,ils  s’engagent à fond et s’impliquent dans son jeu. Ils se trémoussent, entrent en transe et sont aussi intéressants à regarder qu’à entendre. Sous de belles lumières, très étudiées.

Retenons le nom d’Émilie Le Roux et de sa compagnie Les Veilleurs. On a déjà pu apprécier son travail et sa finesse d’approche du jeune public (voir dans Le Théâtre du Blog, Mon frère ma princesse et En attendant le petit Poucet). Ce Contre les bêtes est un spectacle salutaire et drôle à aller voir au plus vite !

Julien Barsan.

Théâtre Dunois, 108 Rue du Chevaleret, 75013 Paris. T : 01 45 84 72 00 jusqu’au 22 janvier T. 01 45 84 72 00
Train Théâtre de Portes-lès-Valence,  le 6 avril. T. 04 75 57 14 55.
Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine, les 23 et 24 mai T. : 01 55 53 10 60

 

 

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