Shakespeare Celebration

 

Shakespeare Celebration par le Footsbarn Travelling Theatre

©Jean-Pierre Estournet

©Jean-Pierre Estournet

Entre voyageurs, ils se comprennent : la famille Romanès prête cet hiver  leur installation à cette célèbre compagnie. Les riverains (séparés quand même d’elle par un large boulevard) n’ont pas du tout apprécié  son cirque familial dont les roulottes et le modeste barnum ont fait l’objet de vandalisme. Les amis de Shakespeare ne leur plairont pas non plus! Raison de plus pour y aller, c’est juste en face du métro .

Donc ces éternels errants présentent deux spectacles : Nid de coucou (voir Le Théâtre du Blog) , et Shakespeare Celebration, un cabaret créé en l’honneur du quatrième centenaire de la mort de William Shakespeare. À supposer qu’il soit bien mort puisque, cette fameuse existence a été niée ou mise en doute par pas mal de penseurs (?) des origines (quatre cents ans !) à nos jours.

Ces soupçons font évidemment la joie des incurables shakespeariens que sont les Footsbarn. Tels ils ont sont, tels ils ont été quand ils créaient il y a quelques dizaines d’années, un mémorable Roi Lear avec six acteurs et en une heure et demi, avec des costumes somptueux taillés dans les lambeaux de leur chapiteau dévasté par la tempête et quelques joyaux de récupération du même acabit. Ils ont présenté bien d’autres spectacles depuis : toujours savants, populaires et festifs.

Ici, on retrouve l’écume de ce que tout le monde connaît de Shakespeare sans souvent  le connaître avec Roméo et Juliette (savoureuse distribution carnavalesque et gracieuses marionnettes), Hamlet, avec un vieil Hamlet obstiné, son crâne à la main, Le Songe d’une nuit d’été et ses artisans, les combats féroces et les plaintes de Richard III… On entend aussi, avec gravité, le Shakespeare un peu moins connu des fameux Sonnets.

C’est fait, bien sûr, de la matière des songes, mais surtout de celle, artisanale et éternelle, du théâtre. Toiles peintes joliment patinées et costumes de bric et de broc constituant des images poétiques, musique gaillarde avec ses moments de pure beauté, masques et marionnettes : peu de choses devant nous, et tout se recrée sans cesse. Modestie des moyens, et ambition sans limites  de la création, ce pourrait être leur credo.

Et cela, dans toutes les langues présentes, à savoir, l’anglais, avec des petits moments de traduction, et celles que parlent et chantent les acteurs. Tous musiciens, (excellents), tous comédiens (on n’a guère le temps de savoir s’ils sont bons ou non, tant cela va vite !), tous rapides, pleins d’humour sur eux-mêmes, toutes générations confondues.

Voilà comment le Footsbarn est inusable, voilà pourquoi on en redemande : leur technologie, c’est eux: corps habiles et imagination en alerte, humour toujours au rendez-vous. Et il y a même des effets poétiques inattendus comme ce buste de Shakespeare qui affiche, de face, une tête de bonhomme roublard, et de profil, en ombre portée, le visage d’un beau jeune  garçon rêveur. Magique, non ?

Le Foostbarn est menacé dans ses bases arrière (le département de l’Allier) par Laurent Wauquiez, le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, peu soucieux (et c’est un euphémisme) de la culture et du théâtre (voir Le Théâtre du Blog). Celui qui, comme vous le savez sans doute, s’en est déjà pris aux Ecoles de cirque ! Allez voir leur spectacle : vous saurez que ce monsieur aurait grand tort de vous en priver.

Ce ne sera pas une visite à un musée du théâtre de tréteaux, mais bien un moment de plaisir et de liberté. On pourrait-presque-avoir l’impression que le Footsbarn n’aurait besoin de rien pour exister ? Erreur : les hommes et les femmes ont besoin de manger, et nous, de William Shakespeare.

Christine Friedel

 Chapiteau Romanès, les samedi à 20h30 et le dimanche à 15h30, durée 1h30, jusqu’au 26 février  square Parodi, boulevard de l’Amiral Bruix, 75016 Paris T: 04 70 06 84 84.  Métro : Porte Maillot.

Avec, en alternance, Nid de coucou : les jeudi et vendredi à 20h30, le samedi à 15h30, durée 1h45.. T. 06 61 39 26

www.footsbarn.com

 

 

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Archive pour 24 janvier, 2017

Le Vivier des noms, de Valère Novarina

Le Vivier des noms, texte, mise en scène et peintures de Valère Novarina

 

©pierre_grosbois

©pierre_grosbois

Reprise d’un spectacle créé en juillet 2015 au Cloîtres des Carmes en Avignon (voir Le Théâtre du Blog)…Ça déborde, ça bouscule, ça renverse, ça se déverse : on n’est plus face à un vivier, mais à un océan de mots, de noms, et la langue remue au rythme des grandes marées d’équinoxe. L’écriture de Valère Novarina est tout aussi chargée et régulière que la mer. Il y a l’assaut continu des vagues, et les profondeurs, diverses, sondables et insondables. Il y a le reflux du récit donné par L’Historienne-qui dans d’autres pièces s’appelait L’Evangéliste ou La Voix d’Ombre-et les flux de parole des comédiens entrant en scène.

Et «cela ne veut pas rien dire», comme dirait Arthur  Rimbaud. On ne donnera pas de citation du texte : pourquoi prélever une  goutte d’eau dans un pareil vivier ? On ne donnera pas non plus un impossible résumé. Mais on saura qu’il y a tout, là-dedans : le souvenir d’anciennes pièces, des blagues, jeux de mots, calembours et même revue d’actualité : oui, le monde est là, sous la forme de satire. De la métaphysique, aussi, et de la religion : au commencement était la parole, peut-on dire sans être croyant, ou le Verbe, si l’on se veut plus formaliste et respectueux.

On apercevra Adam (et Ève ?) et beaucoup de monde avec lui, et on n’oublie pas leurs cousins du Drame de la vie. Dira-t-on que la pièce est un palimpseste ? En tout cas, Valère Novarina écrit par dessus ce qu’il a écrit auparavant,  sans l’effacer. Les comédiens, eux aussi, gardent fidèlement les traces de ce qu’ils ont dit et joué naguère. Certains s’y sont fait presque un nid trop confortable, d’autres y ont trouvé un épanouissement, un renouveau. Tous puisent dans le texte une énergie qui ne faiblit pas durant presque deux heures et demi.

Plus que jamais, un public jeune et admiratif se demande : comment font-ils pour retenir tout ça ?  Il apprendra que la mise en scène y est pour beaucoup. Comme Cicéron se souvenait de la structure de son discours en imaginant une maison : introduction, la porte d’entrée, première partie, fenêtre de la pièce de gauche, au rez-de-chaussée, deuxième partie, fenêtre de la pièce à droite, et ainsi de suite…, Ici,  l’installation des peintures de l’auteur organise le fil du temps. D’abord, ses figures légèrement tracées, plutôt organiques, animent des panneaux verticaux, chausse-trappes pour magiciens des apparitions et disparitions. Et puis des panneaux au sol, à la géométrie régulière et aux dessins libres et respirants, que les «ouvriers du drame» soulèvent, déplacent et replacent, comme les enfants cherchent un trésor, ou un insecte, sous les cailloux.

Mais trop de parole tue la parole : nous entrons dans ce Vivier des noms avec bonheur, avec soif, puis nous nous essoufflons et aimerions bien respirer un peu… Le texte perd petit à petit de sa fluidité et devient étouffant. Deux heures et demi, c’est trop.  Le public ne demande pas une durée standard, valable pour tout spectacle mais attend que ce qui se dit et agit sur le plateau lui soit nécessaire et vital jusqu’au bout. Dommage …

Christine Friedel

Théâtre 71 Malakoff,  place Du 11 Novembre, Malakoff 92240 jusqu’au 26 janvier.

Soyez vous-mêmes

Soyez vous-même, texte et mise en scène de Côme de Bellescize
6c8038_4ffd2f4f7720430da98cf7dc28dad76c~mv2Côme de Bellecisze avait reçu le prix Beaumarchais du Figaro pour Amédée (2012).  Il créa ensuite ses textes comme Eugénie au Théâtre de Rungis (voir Le Théâtre du Blog). Il aussi réalisé plusieurs opéras dont Jeanne au bûcher de Paul Claudel. Sa dernière pièce a pour thème, un entretien d’embauche cruel mais aussi comique, avec seulement deux personnages : une directrice du recrutement, aveugle, à la fois tyrannique et d’une grande fragilité. Très ambigüe, elle semble vouloir aider la jeune femme à  montrer sa véritable personnalité, tout en étant sans cesse odieuse et en la rabaissant.Candidate idéale, diplômée et travailleuse, celle-ci voudrait parvenir à être elle-même mais ne sait comment. Et elle n’opposera aucune résistance aux humiliations que lui fait subir cette directrice qui, suite à un appel d’offres, recrute un collaborateur pour vendre de l’eau de Javel. Elle doit se soumettre aux épreuves bizarres qu’elle lui impose. «Il faut penser Javel (…) la Javel est morale, lui-dit elle, c’est important de savoir qu’il y a une vision! » Et elle doit  subir les accès de colère de cette femme inquiétante: «Pour exister professionnellement, il faut se connaître ! (…) Humiliez-vous devant moi».

La postulante doit donc se mettre nue, dans un strip-tease où, pudiquement, elle s’accroupit derrière une chaise. Elle se révolte par instants : «Je suis entrée joyeuse et efficace, positive, et maintenant je n’y crois plus». Ce à quoi, la directrice du recrutement répond : «Il n’y a rien de plus fort que d’être enfin face à soi-même, je vais vous demander de me séduire. » Mais au terme de cet entretien mené avec la dernière des cruautés, on ne saura pas si la jeune femme a réussi à être recrutée: la chef de service, cachée derrière ses lunettes d’aveugle, finit par exploser.

Éléonore Jonquez incarne avec un certain humour noir, révélateur de notre époque, cette inquiétante recruteuse, et Fanny Outero joue la jolie postulante, pleine de bonne volonté, qui craque parfois mais qui  tient bon. Côme de Bellescize avait lui-même travaillé comme formateur à la prise de parole en public pour financer ses études de théâtre : «Le marketing de soi-même, la définition de soi-même comme un produit tend à devenir la norme du marché du travail (…) Soyez le produit que vous voulez vendre! »

Un spectacle mis en scène avec rigueur et bien interprété, qui en dit long sur le monde du travail dans les petites, moyennes et grandes entreprises contemporaines…

Edith Rappoport

Théâtre de Belleville 94 rue du Faubourg du Temple, 75011 Paris T: 01 48 06 72 34, jusqu’au 16 avril à 19 h.


 

Une longue peine, mise en scène de Didier Ruiz

© Emilia Stéfani-Law

© Emilia Stéfani-Law

 

Une longue peine, mise en scène de Didier Ruiz

 

Le titre ne comporte pas de nom d’auteur, mais pas de hasard : les cinq personnes sur scène ne sont pas en quête d’auteur, puisqu’elles le sont elles-mêmes, avec  leurs témoignages terribles que Didier Ruiz a mis en scène avec une clarté, une force et une modération exemplaires. À peine quelques projections vidéo, une bande-son d’une constante discrétion (et sans le pathos d’usage quand on parle des prisons), des éclairages soignés : bref, du beau travail.
Le principal, ces hommes et cette femme. Cinq personnes normales, graves, parfois drôles, qui racontent les horreurs de la prison. Pas trop de détails sur leur parcours mais un arrière-fond social, familial, qui, sans y mener fatalement, a savonné la pente…  André, Eric, Alain, Louis, et aussi Annette , ont effectué de longues peines. L’un d’eux plaide toujours son innocence, les autres ont, comme ont dit, payé leur dette à la société.

Tout le propos de ce témoignage mis en forme (difficile de parler de spectacle) est de montrer la réalité vécue du système carcéral. On en connaît la surpopulation, l’enfer du mitard, le manque scandaleux de soins médicaux, et mille autres tortures et souffrances infligées en toute illégalité et en toute injustice aux prisonniers. Comme s’il ne suffisait pas de surveiller et punir,  pour reprendre le titre du livre bien connu de Michel Foucault.

La réalité prend ici un nouveau sens, quand on entend la voix de  ceux qui ont enduré tout cela. On entend aussi comment l’un s’en est sorti grâce aux études et à l’écriture, l’autre par une belle-mais courte-évasion, comment certains gardiens ferment les yeux sur des parloirs très intimes, comment là-bas on avale couleuvres, honte et dignité.

 Dignité retrouvée ici, sur le théâtre. Ces anciens taulards,  racontent et l’affirment de telle façon, qu’ils existent d’abord sous cette étiquette. Ce moment de représentation (est-ce le terme juste ?), avec des bons moments partagés, révèle une évidence : la prison est leur histoire, non leur nature.

Reste une gêne : à l’exception de la victime d’une erreur judiciaire (autorité de la chose jugée, pesanteurs administratives et négligences criminelles du système), on ne peut s’empêcher de penser que,  derrière les horreurs de la prison, il y a eu l’ombre du sang. Et, en même temps, il est juste de ne plus en parler : affaire close, dette payée.

 On est dans cette contradiction : le public, ici, écoute André, Eric, Alain, Louis et Annette avec le respect qu’ils méritent. Soit. Qu’il les applaudisse avec fougue est une autre affaire. La souffrance, qu’ils ont vécue de façon inutile et injuste, ne fait pas d’eux des êtres christiques, et n’ajoute rien au pardon. Ceux qui le croiraient, donneraient paradoxalement raison au système actuel. Restons-en à sa dénonciation : il reste inacceptable d’un point de vue moral, judiciaire et politique.

Christine Friedel

Spectacle joué du 11 au 15 janvier à la Maison des Métallos, 94, rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris. T : 01 48 05 88 27

 

Œdipe à Colone de Sophocle

 

Œdipe à Colone de Sophocle, mise en scène de Jean-Christophe Blondel

13892235_10210362870017403_8730100259904703969_nAprès L’Échange de Paul Claudel (voir Le Théâtre du blog), le metteur en scène a choisi de monter la tragédie de l’immense Sophocle qui l’écrivit à plus de quatre vingt ans, et dont les  thèmes restent aussi essentiels que contemporains  : l’acceptation des étrangers, des plus âgés, de ceux qui ne sont plus « rentables ». Le chœur des citoyens d’Athènes se demande ce qu’ils vont coûter, alors que leur roi Thésée décide de les accueillir. (Cela sonne comme un petit rappel : l’Europe actuelle, avec ses bases de décisions politiques à Bruxelles, ne sait pas mieux comment résoudre l’arrivée des  centaines de milliers de migrants). Que faire justement de cet Œdipe, ce vieil homme, seul ou presque, qui arrive à Colone, un village près d’Athènes près du bois sacré des déesses Euménides : selon les oracles, il devrait y finir sa vie, bénissant par son corps la patrie où il serait enterré.

La pièce ? Juste le temps d’une bataille pour conquérir ce droit à mourir sur cette terre  mais le peuple athénien a peur de cet homme au destin maudit qui a eu une vie gâchée ; ses deux fils, qui se disputent le trône de Thèbes que leur a laissé par leur père : sa dépouille sacrée leur garantirait la victoire. Pourront-ils, malgré leurs graves divergences arriver encore à se parler,  avant la mort de leur père ?  Y-a-t-il une fatalité ? Pouvons-nous, nous, arriver à dépasser nos vieilles querelles nationales et faire preuve d’une véritable générosité ?

Le vieil Oedipe aveugle arrive, guidé par sa fille Antigone. Accueillis par le roi Thésée qui  les assure de son hospitalité. Mais Oedipe se méfie, même si Ismène la sœur d’Antigone, le protège de ses rythmes et de ses chants. Thésée, ici, entre deux scènes où il  fait preuve de son autorité royale, joue de son instrument. Oedipe ne veut pas partir, jusqu’au moment où on annonce l’arrivée de son fils aîné Polynice qui revendique la royauté dont Etéocle, son frère jumeau l’a privé, alors qu’il se considérait comme l’héritier légitime du royaume. Rejeté par son père, il disparaît, alors qu’Oedipe va mourir.

Reste à savoir comment on peut monter une tragédie de Sophocle, et cela vaut aussi pour celles d’Eschyle et d’Euripide, quelque vingt-cinq siècles après leur création, et qui continuent à fasciner les metteurs en scène; toute la difficulté est de donner tout son sens à une fable qui garde toute sa virulence, à condition de savoir la rendre crédible.

Ici, sur le plateau, juste un praticable jonché de feuilles mortes, avec au centre, un débris de colonne. Mais seuls Oedipe et Antigone, interprétés avec finesse par Claude Merlin et Albertine Villain-Guimara incarnent vraiment leurs personnages mais Franck Andrieu, Claire Bergerault, Benjamin Duboc, Michel Grand, sautent de leurs instruments et de leurs chants pour interpréter  leurs personnages mais aussi servir la technique.

Reste donc surtout de ce spectacle quelque peu décevant, un texte salutaire qui peut nous aider à éclairer les fractures criminelles de notre monde…

Edith Rappoport

Le spectacle s’est joué du 11 au 14 janvier au Théâtre Berthelot, 6 rue Marcellin Berthelot 93100 Montreuil.

 

Histoire d’un Allemand, Berlin 1933

 

Histoire d’un Allemand, Berlin 1933, lecture par René Loyon, d’après Histoire d’un Allemand -Souvenirs 1914-1933  de Sebastian Haffner, traduction de Brigitte Hébert  

 

«Je vais conter l’histoire d’un duel. Un duel entre deux adversaires très inégaux, un État extrêmement puissant, fort, impitoyable-et un petit individu anonyme. L’Etat, c’est le Reich allemand ;  l’individu, c’est moi… » écrivait l’auteur à Londres en 1939. Il y a du plaisir à écouter un beau texte. Mais cette lecture publique d’extraits de ce livre nous apporte autre chose: l’occasion de revenir à une réflexion politique qui paraissait perdue, engluée entre cynisme et désillusion.

Quand il nous lit cette Histoire d’un Allemand, René Loyon défend un texte à la force incontestable, mais aussi sa place de citoyen. Expliquons-nous : on a assez dit  que le comédien n’a pas à s’engager, que les œuvres parlent pour lui, et qu’il n’a pas à être un donneur de leçons… ». Oui, mais quand les choses deviennent graves, il  n’a pas à s’effacer. Et ce qui secoue le monde actuellement, est grave.

Sebastian Haffner décrit sa jeunesse sage de jeune bourgeois allemand au lendemain de la première guerre mondiale, puis vers la fin de la République de Weimar. En cette année 1933, un petit homme ridicule qu’on n’avait pas vu venir, et dont la droite pensait se servir, a pris le pouvoir. Hitler est élu chancelier ! Rien de changé en apparence, les amoureux peuvent s’embrasser dans les parcs, mais les écoliers saluent joyeusement en disant : Mort aux juifs. Des uniformes bruns sévissent par surprise. Le Reichstag brûle, tout le monde sait que ce n’est pas un fait divers mais la presse court derrière la version du pouvoir. Le nazisme triomphe, et Sebastien Haffner quitte alors l’Allemagne pour l’Angleterre.

On n’en dira pas plus. Il faut lire ou entendre ce récit qui fait terriblement écho à la situation politique actuelle, en Europe et dans le monde. L’histoire ne se répète pas, mais l’aveuglement des peuples, la soumission, si… La force de cette parole au théâtre, c’est, en même temps qu’une analyse impeccable des événements, un texte de colère dont son auteur nous fait écouter la vérité de l’émotion.

Attention, les deux dernières présentations de travail d’Histoire d’un Allemand, Berlin 1933 par René Loyon sont presque complètes. À guetter sur une prochaine scène mais aussi à lire d’urgence…

Christine Friedel

mercredi 25 et jeudi 26 à 19h, à l’Atelier RL, 11 rue Saint-Luc, Paris 18 ème. Attention: réservation indispensableT :  01 55 79 76 10.

Le texte a été publié aux éditions Actes Sud en 2002.

 

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