Meurtres de la princesse juive

Meurtres de la princesse juive, bon titre, publicité mensongère d’Armando Llamas, mise en scène de Michel Didym, avec la collaboration de Luc-Antoine Diquéro

 

 © Eric Didym

© Eric Didym

Quelle bonne idée de mettre en scène cette pièce pour un travail de fin d’études  à l’ENSATT. Pour de jeunes comédiens, un pari aussi risqué que jouissif! Cette réalisation haute en couleurs et en musique emporte le public dans l’univers très original d’Armando Llamas : «Celui ou celle qui a pris parti pour le père, périra par le père. Le père est un leurre. Pourtant, l’humanité entière se fait chier à cause du père. Les princesses font obstacle à toute vie. Mes personnages essayent d’y échapper. Quelques-uns réussissent. D’autres échouent. Des destinées se tissent en pure perte. Mais n’est-ce pas l’amour,  la perte la plus grande à laquelle on puisse prétendre ? »

La pièce, composée d’une succession de tableaux, la plupart introduits par un intermède musical ou chanté, est portée par l’interprétation sensible de ces jeunes comédiens, et le travail soigné et inventif des techniciens, scénographes, costumiers, musiciens… tous fraîchement sortis de cette 75ème promotion Ariane Mnouchkine de l’ENSATT. Mais Armando Llamas renverse les codes classiques de l’écriture théâtrale; ce qui, chez lui, peut aller parfois jusqu’à brouiller l’entendement du spectateur.

Dans cette comédie, où burlesque, absurde et étrange se côtoient, il est question, avant tout, d’amour sous toutes ses formes, et non de sexe, dans un contexte de mondialisation et de métissage. La pièce commence par une déception amoureuse: Serge, quitté par son amant, décide, pour combattre sa douleur, de s’envoler pour le Pakistan.
Ce voyage, existentiel et géographique, sera pour lui l’occasion de rencontrer d’autres couples très fantasques, et des intrigues aux situations diverses vont se nouer: comiques, caricaturales au meilleur sens du terme, crues ou romantiques. La richesse de l’écriture, inventive et bigarrée, laisse l’imagination du spectateur libre de cheminer vers des horizons surprenants mais inscrits dans un réalisme social et contemporain. Ce que confirme Michel Didym: «Il s’agit d’une œuvre extraordinairement ouverte et il faudra de nombreuses générations pour épuiser les richesses de ce texte magique… ».

Les jeunes acteurs s’emparent avec fougue et sincérité de ces histoires d’amour,  joyeuses ou cruelles, de ces couples aux destins multiples, poétiques, voire délirants, qui laissent certains spectateurs un peu déroutés, mais heureux. Cet atelier donne aux élèves sortants une matière forte à explorer et un riche terreau de création. Il y a ici un rythme enthousiasmant et nous (re)découvrons  un grand auteur contemporain (1950-2003), visionnaire quant à l’avenir de notre humanité. Une belle performance de cette équipe déjà très professionnelle!

Elisabeth Naud

Ce spectacle, créé à l’ENSATT de Lyon en 2016, a été joué à La Manufacture-Nancy. Puis au Théâtre Le Manège de Maubeuge, au NEST de Thionville, au Théâtre National Populaire Villeurbanne et à  l’Espace Malraux, Scène Nationale de Chambéry.

 

 


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