D’autres vies que la mienne

©Annabelle Jouchoux

©Annabelle Jouchoux

D’autres vies que la mienne d’après le roman d’Emmanuel Carrère, mise en scène de Tatiana Werner

On se souvient de L’Adversaire, un autre texte d’Emmanuel Carrère, créé  l’an dernier  dans ce même lieu qui avait pour thème l’histoire de Jean-Claude Romand, 39 ans, qui, en 1993, avait tué femme, enfants, et parents puis avait essayé, en vain, de se suicider. L’enquête avait révélé qu’il n’était pas médecin et Jean-Claude Romand et qui se faisait passer pour un brillant chercheur à l’OMS à Genève, comme il le prétendait depuis dix-huit ans et qu’il ne faisait rien de ses journées. Sentant que sa supercherie allait être découverte, il avait préféré assassiner  sauvagement toute sa famille dont il ne pouvait plus supporter le regard. Il fut condamné en 1996, à une peine de sureté incompressible de vingt-deux ans.Il a maintenant 63 ans.

 Ici, comme dans L’Adversaire et Un roman russe, Emmanuel Carrère écrit à la première personne et se met lui-même en scène. Le récit débute au Sri Lanka où il passe ses vacances avec sa compagne Hélène, son fils Jean-Baptiste et le fils d’Hélène, Rodrigue. Mais  un tsunami dévaste  le Sri Lanka en 2004.Et une  famille française en vacances perd elle Juliette leur fille, emportée par la vague.  L’auteur avait fait connaissance avec cette famille, raconte leur vie et à son retour à Paris, va être confronté à la mort de sa belle-sœur Juliette, mariée et mère de trois filles atteinte d’un cancer. Il va faire le récit de son agonie. La famille ira voir son ami et ancien collègue à elle qui va raconter son métier de juge, devenu unijambiste à la suite d’un cancer lui ayant fait perdre une jambe.  Ils ont été ensemble juges dans un tribunal d’instance  où ils s’occupaient de familles surendettées.

Ici, c’est un solo déchirant, peuplé de nombreux cadavres. D’abord avec ce voyage au Sri Lanka d’un couple qui avait envisagé de se séparer. À la plage, un temps radieux, puis tout d’un coup, une vague immense! Un tsunami submerge les enfants qui jouaient joyeusement; ce couple part dans une quête éperdue à la recherche de leur fille; ce tsunami avait fait 4.300 morts au Sri Lanka,  et. 10000 morts en Indonésie. Ils finissant par retrouver leur enfant en robe rouge,  qu’ils vont faire incinérer à Colombo.

Puis, nous assistons à la belle rencontre professionnelle entre ce juge devenu unijambiste et sa collègue qui formaient un couple de travail efficace. David Nathanson, seul en scène, incarne tous ces personnages avec un belle vivacité, sur un plateau nu, où il y a juste un canapé et un pupitre. On ne décroche pas une seconde…

Edith Rappoport

Spectacle vu au Théâtre de la Reine Blanche, Paris, le 8 février. T: 01 40 05 06 96.

 


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