Rain chorégraphie d’Anne Teresa De Keersmaeker

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Rain chorégraphie d’Anne Teresa De Keersmaeker

 Quel bonheur de découvrir Rain, pour ceux qui ne l’ont pas vu en 2001, lors de sa création, ou à la reprise en 2011 à l’Opéra de Paris. Cette pièce mythique est  la troisième que la chorégraphe  a conçu sur une musique de Steve Reich. Après, en 1982, Fase, four movements to the music of Steve Reich, pour deux danseuses dont Anne Teresa  de Keersmaeker elle-même, et, en 1998, Drumming, sur une partition éponyme (1971).  Le compositeur américain fascine et l’inspire, tout comme Trisha Brown ou Lucinda Childs et plus que Merce Cunningham dont la jeune Flamande de vingt ans, après la Mudra School de Maurice  Béjart,  avait suivi les cours, en 1980, à la New York University.

Music for 18 musicians (1976), avec ses grandes vagues sonores et subtiles variations, déverse ses ritournelles tantôt lascives, tantôt rythmées, envahissantes. À ce tsunami, Anne Teresa De Keersmaeker répond avec la même énergie vibrante et virevoltante, sans qu’on puisse déterminer qui, de la danse ou de la musique, épouse l’autre. Un mariage réussi.

Les dix interprètes se déploient en une infinie cavalcade sur un espace marqué au sol par des traits de couleurs et cerné par un long rideau de cordes blanc nacre, semi-circulaire, figurant la pluie. Ils forment des rondes, des lignes droites ou diagonales, et un ou deux  danseurs se livrent à des figures solitaires avant d’être réabsorbés par le groupe. Mouvements qui pourraient sembler erratiques, mais obéissant en fait à de savantes combinatoires où alternent chorus, solos, duos, trios…  Ils tracent droites, courbes ou diagonales, avec spirales, sauts, chutes, rebonds…

Dans les premières minutes les danseurs évoluent à distance les uns des autres, puis quelques complicités s’établissent et, quand approche la fin du ballet, dans une lumière plus intime, des pas de deux ou trois s’esquissent, avec roulades et portés compliqués…
Les trois hommes se livrent à des démonstrations musclées et, en contrepoint, les sept femmes dansent avec grâce et légèreté. Parfois, quelques danseurs s’esquivent en coulisses pour se changer. Car tout joue sur l’harmonie, jusqu’aux  costumes : d’abord beiges avec quelques touches de rosé, ils auront bientôt des dominantes de rose fuchsia, pour finir avec des teintes nacrées et mordorées.

Nous sommes submergés par les volutes de la musique, nos regards ne savent plus où se porter tant les figures se multiplient sur tous les points du plateau. Il ne faut pas chercher de narration dans cette danse purement abstraite mais on peut lire dans les derniers corps à corps, des fragments d’émotion et d’intimité que la pluie n’a pas tout à fait balayés.

Une soirée inoubliable où la danse s’affirme ici avec toute sa beauté, sans afféterie.

 Mireille Davidovici

Spectacle vu à Bonlieu/Scène nationale d’Annecy le 13 février.

Teatro Central – Seville, les 17 et 18 février.  CC de Belém-Lisbonne, les 22 et 23. février .

 Et le 1er mars, Théâtre de la Ville de Luxembourg – Luxembourg ;  le 3 mars, Scène Nationale d’Orléans; du 8 au 10 mars  30CC/Schouwburg, STUK & 30CC (Dubbeldans) – Leuven, Belgique ; le 14 mars, Charleroi Danses & PBA;  les 19 et 20 mars,  Les Treize Arches  à Brive-la-Gaillarde ;  du 21 au 23 mars MC2 Grenoble ;  le 25 mars,  L’Equinoxe de Chateauroux ; les 28 et 29 mars, L’Onde Vélizy-Villacoublay; 31 mars Théâtre de l’agora,  Evry .

Du 4 au 6 mai, Théâtre  Maisonneuve, Montréal; les 13 et 14 juin, Sadler’s Wells , Londres.

 

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