Flexible silence de Saburo Teshigawara

Flexible silence chorégraphie de Saburo Teshigawara

©Jean Couturier

©Jean Couturier

Le chorégraphe  vient pour la sixième fois, en dix ans, au Théâtre National de la Danse de Chaillot, et nous avons pu assister aux dernières répétitions de sa nouvelle création. Pour Saburo Teshigawara, «La musique est composée de sons audibles et inaudibles, le son qui ne s’entend pas, c’est-à-dire le silence, coule dans la musique, cette pièce naît de cette dualité».

Après Solaris, (voir Le Théâtre du Blog), l’Ensemble Intercontemporain collabore avec le metteur en scène japonais qui réalise, comme d’habitude chorégraphie, décor, lumières et costumes. A cet orchestre créé par Pierre Boulez, se joint le sextuor d’ondes Martenot du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris.

 Chaque formation, sous la conduite pointilleuse du chorégraphe, répète tour à tour avec les danseurs : l’Ensemble Intercontemporain, avec la musique de Toru Takemitsu, et le sextuor d’ondes Martenot avec celle d’Olivier Messiaen. Les danseurs, tous japonais, à l’exception de Maria Chiara Mezzadri, italienne, connaissent bien l’esthétique de Saburo Teshigawara qui danse avec eux et Rihoko Sato. Ils ont participé à plusieurs spectacles du maître, dont, récemment, Sleeping Water, au théâtre des Salins de Martigues.

«Saburo est mystique à sa façon et dans la pureté du mouvement. Travailler avec lui, c’est comme revenir à la source» dit Aurélie Dupont qui va l’accueillir à l’Opéra de Paris la saison prochaine. De son coté, Rihoko Sato, son interprète fétiche et assistante depuis vingt ans, assure la coordination entre les trois groupes artistiques, et avec l’équipe technique.

Lors de la première rencontre avec les musiciens, elle a improvisé un solo de quarante-cinq minutes, pour permettre à Saburo Teshigawara de finaliser ses lumières et les fait littéralement danser.  En véritable démiurge, le chorégraphe vérifie chaque détail, déplace lui-même tel ou tel instrument de musique, puis invite les danseurs à improviser. Ils épousent son style si particulier: mouvements continus, ondulations des corps, avec des cassures de rythme brutales. Ils oscillent en permanence, sur les indications vocales de Saburo Teschigawara. Parfois la danse se fait dans le silence, parfois soudain les artistes se croisent dans un faible trait de lumière. Une danseuse se colle au sol, rampant tel un insecte, et longe le cercle lumineux.

Nous assistons, fascinés, à la construction de tableaux hypnotiques d’une grande beauté. Le public va découvrir une œuvre mouvante, empreinte de spiritualité,  à la fois grâce aux musiques choisies et à l’énergie qui habite le cerveau de ce créateur hors normes. Pour un voyage d’une heure quarante, servi par des artistes en parfaite osmose avec ce travail unique de Saburo Teshigawara.

Jean Couturier

Théâtre National de Chaillot 1 Place du Trocadéro Paris XVIème du 27 février au 3 mars.

www.theatre-chaillot.fr

       

 

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