A nos enfants,(train fantôme)

A nos enfants, (train fantôme), écriture collective, conception et mise en scène de Nicolas Struve

La compagnie créée en 1999 pour la création d’Une aventure de Svetlana Alexievitch, avait monté Ensorcelés par la mort et De la montagne et de la fin d’après la correspondance de Marina Tsvétaeva. Ici, deux familles en vacances au bord de la mer, deux couples : Junon et Massi, Daisy et René. Junon,elle préfère regarder des films plutôt que d’aller à la plage. On assiste à un drôle d’accouchement, avec un commentaire : « Il est devenu tout à fait irresponsable d’avoir des enfants ! ». Mais sur la table de travail, ça pisse le sang partout, l’accouchée demande un cigarette, et fume avec la sage-femme.

 

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© David Gouhier

Le  bébé, enfin né, sert de ballon et se casse en morceaux. On appelle Merveille et Anadyomède pour  aller à la plage. Sur l’écran, on voit une petite fille laper du fromage blanc…Des rapports de plus en plus étranges ont lieu entre les deux couples : «J’arrête mon travail, je pars dans la Creuse. Tu vas faire quoi, chanteur ! Je prépare un disque… les personnages parlent de fins de mois difficiles, d’espoirs, de sexualité mais aussi d’éducation. Puis ils décident de faire un spectacle pour la fête du village.

« À nos enfants s’est construit collectivement, dit Nicolas Struve, et comme une fête parfois loufoque, parfois cruelle. Les séquences s’y succèdent, jouées, filmées, chantées…Très vite, est venu le désir que le spectacle soit le constat, quelque peu comique, de la difficulté d’être père et mère mais aussi, formellement, qu’il soit ce «train fantôme» où entreraient en collision séquences, genres et disciplines (théâtre, films, chansons), une façon de rendre compte des difficultés, fractures, doutes,  inquiétudes, joies et parfois drames de quatre adultes aux prises avec eux-mêmes, leurs enfants, le monde, sa crise et, in fine , avec la complexité de leur âme. De faire théâtre de notre situation de parents, un état à la fois quasi universel, et très solitaire derrière lequel peut se lire la question de notre avenir. »

Ils énumèrent les courses en rigolant, balancent des cartons. Ils répètent aussi Tartuffe. «Si je ne me regarde pas dans une glace, j’ai l’impression d’avoir vingt-cinq ans (… ) Tu m’aimes, mais de toutes façons, les enfants prendront la dureté du monde dans la figure (…) Me manquent les orangs-outans, les loups, les singes, les perroquets et les éléphants !».

Cette bizarre vie de famille en vacances, bien jouée par Farid Bouzenad, Adama Diop, Philippe Frecon, Gaëlle le Courtois, Dominique Parent et Stéphanie Schwarzbrod, nous captive étrangement, mais, au soir de la première, un rodage s’imposait encore…

Edith Rappoport

Théâtre Gérard Philipe/Centre Dramatique national, 59 Boulevard Jules Guesde, 93200 Saint-Denis jusqu’au 12 mars. T: 01 48 13 70 00
http://www.theatregerardphilipe.com

 

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