Adieu, Jean Louis Jacopin

 

Adieu, Jean Louis Jacopin

 

14920_1« La voix est cette partie de soi qui, point de non-retour, marque dans sa mue, la perte de l’enfance. L’entendre, la comprendre, l’écouter, la travailler, lui donner corps, lui reconnaître son corps, dans l’intimité ou sur les scènes, c’est tenter de garder du corps sous les artifices », écrivait Jean-Louis Jacopin dans Voix d’acteurs in Médiation et Information n°9, en 1998. Il y abordait la voix au théâtre, à l’opéra, à la radio et au cinéma, tissant des liens entre des pratiques qu’il connaissait bien. Il était alors enseignant à l’Atelier-Théâtre du Rond-Point.

Sa voix, claire et sensible, on a pu aussi l’entendre sur France-Culture, interprétant des textes de philosophie ou de théâtre  Nombre de ses élèves, se souviendront longtemps de son enseignement  à L’ENSATT, à l’Hippodrome de Douai, et dernièrement au conservatoire régional de musique de Douai. Il sut transmettre son art et apprit à ses élèves à déchiffrer les textes le plus difficiles, comme il le faisait lui-même si bien. Il les initia aussi aux écritures d’auteurs contemporains dont il se fit souvent l’interprète et le metteur en scène, celles de Lars Noren, Sergi Belbel, Roland Topor, Danièle Sallenave, Jacques-Pierre Amette…
Mais aussi à celles Carlo Goldoni, William Shakespeare, Bertolt Brecht…

Depuis 1972, à sa sortie de l’école du Théâtre National de Strasbourg, Jean-Louis Jacopin né en 1946, fut acteur dans une quarantaine de spectacle chez Philippe Adrien, Jean-Pierre Vincent, Roger Planchon, Alain Françon, Richard Demarcy, René Loyon… Puis metteur en scène d’opéras comme  le Don Quichotte de Francesco Conti, Opéra-Bouffe d’Offenbach ou encore Sauvé des os, spectacle musical  d’Erik Satie.

Parti? Pas vraiment. On peut le retrouver sous les traits d’Urbano, son double poétique qui s’exprime au fil des jours, avec  366 mini-histoires (l’année 2013 était bi-sextile): «J’ai beaucoup marché dans les rues de Paris. Je partais chaque jour, pour voir ce qu’à force d’habitude, on ne voit plus. Je n’avais aucune idée préconçue, sinon que, le soir, j’aurais fait un dessin accompagné d’un court texte, une réflexion rapide sur ce qui se serait imprimé en moi. » Ainsi, il continuera à nous accompagner de par les rues, captant les instants fugaces, des scènes banales, les petites joies et les grandes peines…

Un hommage vibrant lui a été rendu ce 6 mars au cimetière du Père Lachaise, par ses amis et les artistes qui l’ont côtoyé.

Mireille Davidovici

 Urbano, almanach poétique, est publié aux éditions Mauconduit

 

 

 

 


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