Ma Solange, comment t’écrire mon Désastre, Alex Roux

Ma Solange, comment t’écrire mon désastre, Alex Roux de Noëlle Renaude, mise en scène de François Gremaud

Ma Solange, comment t’écrire mon désastre, Alex Roux -de Noëlle Renaude -THEATRE OUVERT -

photo Christophe Reynaud De Lage

Aventure littéraire et défi théâtral, menés par l’auteure avec l’acteur Christophe Brault, ce feuilleton écrit de 1994 à 1997, et joué au fur et à mesure de sa rédaction, en livraisons de quarante-cinq minutes, interrompues arbitrairement par la sonnerie d’un réveil, apparaissait alors comme un objet expérimental dans le paysage. Aujourd’hui, quatre comédiennes donnent corps à ces voix multiples; assises à une table avec quelques accessoires sonores (clochettes, klaxon, boîtes à musique, magnétophone et vieux tourne-disques), elles lisent-jouent l’intégrale de l’œuvre en dix-huit épisodes, d’une heure chacun. Non pas des personnages (elles n’ont pas le temps d’en composer) mais des êtres prennent ici soudain la parole pour dire leurs petits et grand désastres.

François Gremaud a découvert ce texte à l’INSAS de Bruxelles, quand son professeur, Jean-Marie Piemme proposa aux élèves, comme exercice d’acteurs, de s’emparer d’une page par jour. Quelques années plus tard, ce metteur en scène suisse passe à l’acte, à la demande d’Heidi Kipfer, à l’origine de ce quatuor de femmes qu’elle forme avec Valérie Liengme, Stefania Pinnelli, Anne-Marie Yerly.

Saisis au vol, ces fragments foisonnants et protéiformes nous transmettent les bruits des gens, avec leurs accents et leurs défauts de langue: zozotements, bégaiements, hésitations, etc. Les interventions sont réglées avec minutie, interprétées comme une partition musicale. S’y mêlent des chansonnettes et, à plusieurs reprises, des cantates de Jean-Sébastien Bach, entonnées en chœur, comme autant de respirations dans un cet amoncellement de vivants et morts, où personnages, récurrents et sporadiques, cohabitent. A une longue plainte d’épouse insatisfaite, succède ainsi la demande d’un voisin en manque de tire-bouchon, puis c’est l’interminable liste de décès —parents, voisins et animaux confondus— que débite, par intermittence, une actrice sur un hymne funèbre…

Le metteur en scène a su trouver les bonnes pistes pour nous guider à travers ce texte inépuisable et en faire un spectacle populaire et réjouissant. Il ne faut pas manquer Ma Solange, comment t’écrire mon Désastre, Alex Roux, même si on attrape seulement un ou deux épisodes de ce feuilleton en cours. Espérons qu’une tournée suivra. Et, bien sûr, on peut aussi le lire.

 Mireille Davidovici

Théâtre Ouvert, 4 Cité Véron, 75018 Paris T. 01 42 55 74 40, jusqu’au 18 mars. Le texte de Noëlle Renaude est publié aux Editions Théâtrales

* Michel Corvin in Noëlle Renaude, Atlas alphabétique d’un nouveau monde, Edtions Théâtrales

 


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2 commentaires

  1. mireilled dit :

    Bonjour
    Ce blog semble quand même toucher du monde. J’espère que vous reviendrez souvent nous lire

  2. sylvie lefebvre pavard dit :

    J ai  » partagé » par mails avec mon entourage mais comment faire pour que ce blog touche davantage de monde ?

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