Dieu, la sexualité, la violence et moi, conférence spectacle sur le rire

 

Dieu, la sexualité, la violence et moi, conférence-spectacle sur le rire, (en cours d’élaboration) de Pierre Trapet

Ce maître du rire est toujours au travail… Qui suis-je, d’où viens-je, où vais-je ?, ces questions  reviennent depuis une trentaine d’années dans les recherches de Pierre Trapet. Avec  ses complices, Cédrick Lanoë, Clémence Fougea et Hugues Bacigalupo, il  se lance une dans l’évocation du passé : «73 ans, une fratrie de six enfants, jusqu’au Christ et à l’origine du monde (…) Entre l’infiniment grand et l’infiniment petit, nous allons parler du rire  et des sources du comique». Puis,  il chante une berceuse Y a pas de comique en soi , avec une voix perchée nasillarde; puis il grimace, et devient prétentieux, très autoritaire!
Tout y passe: rap, opérette, opéra, et, comme s’il avait un petit coup dans le nez, il entonne une chanson à boire qu’il fait aussi décliner à ses partenaires. Très délicat de faire rire tout en parlant du rire! Mais il évoque même Dieu: « Ce que j’en sais, ce qu’on m’en a dit (… ) Dieu tient son existence de lui-même et non d’un autre, c’est bien simple, tout est compliqué, on ne peut pas vivre sans croire !».

Il parle sexualité, jalousie et évoque aussi son enfance. «L’amour, dit-il, c’est donner ce qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas!» Ce voyage dans ses souvenirs, allègrement décliné avec ses complices, se termine par des disputes de couple et des claques… Sa recherche en cours sur  les sources du rire se poursuit. Pierrot n’en a pas fini, et c’est un vrai bonheur! Merci, Pierre Trapet…

Edith Rappoport

Spectacle vu au Théâtre de Ménilmontant, 20 rue du Retrait, Paris XX ème le 24 février.

 


Archive pour 9 mars, 2017

Idiot-Syncrasy et Paradise Lost

 

Idiot-Syncrasy  d’Igor Urzelai et Moreno Solinas et Paradise Lost de Ben Duke

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©Alicia Clarke- Zoé Mander

Une association atypique d’un duo et d’un solo; les deux premiers font sourire le public venu découvrir ces artistes qui chantent a capella des chansons du Pays Basque et de Sardaigne d’où ils sont originaires. Mais leurs belles voix vont laisser place à une danse de plus en plus rapide.
Tels des walabis, ils sautillent sans cesse sur le plateau et dans la salle, et se permettent même d’offrir en même temps un petit verre de liqueur à quelques spectateurs! A la fin, cette remarquable performance physique qui doit faire souffrir les tendons d’Achille, se transforme en une lente valse tendre. Mais une heure de sautillement… c’est un peu long et fastidieux.

Ben Duke lui, a reçu le prix de The Critics’ Circle National Dance Awards à Londres pour Paradise Lost, une illustration scénique du Paradis Perdu, le long poème épique de John Milton (1608-1674) qui évoque la création du monde, la tentation d’Adam et d’Eve par Satan, et leur expulsion du Jardin d’Eden. Ce danseur anglais un peu « fou » mêle, avec une belle autodérision, les personnages de la Genèse à des épisodes de sa propre vie. Avec une vraie présence sur scène, il danse et joue, tel un Philippe Caubère à ses débuts…

Bien accompagné par de belles création-lumière et bande-son (musique religieuse, Janis Joplin, etc.), Ben Duke est facilement Dieu, Lucifer, Jésus, Adam ou Eve, et sait donner une  tonalité poétique douce-amère, façon Buster Keaton, à cette performance délirante à laquelle le public adhère avec joie.
Le genre humain ne sort pas indemne de ces soixante-quinze minutes de création au sens réel du terme, mais, à la fin, tout semble pardonné, et c’est tant mieux…

Jean Couturier

Spectacle vu le 3 mars au Théâtre des Abbesses, 31 rue des Abbesses, 75018 Paris. T : 01 42 74 22 77.

theatredelaville-paris.com

La Mouette d’après La Mouette d’Anton Tchekhov

Clément Camar-Mercier

Clément Camar-Mercier

 

La Mouette d’après La Mouette d’Anton Tchekhov, mise en scène de Thibault Perrenoud

 

Anton Tchekhov critique le théâtre commercial de son temps qui,  traditionnellement, loin de rendre hommage aux auteurs, acteurs et public, se moque un peu d’eux. Aussi est-il souvent question de l’art de la scène dans les œuvres du dramaturge russe, un fil infini et radieux du théâtre dans le théâtre, solide à l’extrême. Anton Tchekhov n’aimait pas non plus les « décadents »; La Mouette (1896) se lit comme une satire contre le langage grandiloquent et abstrait de la nouvelle école, et évoque les disputes sur les tendances d’un petit monde fermé, cruel et suffisant.

Dans la mise en scène de Thibault Perrenoud, le poète Constant Treplev (Mathieu Boisliveau) s’associe à cet esprit novateur en s’insurgeant contre les académismes à la mode ;  à un moment savoureux, on voit Nina, apprentie comédienne, incarner l’idéal artistique rêvé. De la terre déversée sur le plateau, des sacs de jardinage jetés et vidés en vrac, et l’actrice en herbe, vêtue d’une peau d’ours, se roule dans la terre fraîche en proférant. Chloé Chevalier joue de sa belle énergie, d’une volonté et d’une joie d’être.

D’une façon générale, Anton Tchekhov recherche les «formes nouvelles » et, voulant «décrire la vie telle qu’elle est », rend compte à petit feu de sa banalité, selon une esthétique nouvelle. L’homme de théâtre reprend à son compte les paroles de l’écrivain Trigorine (Marc Arnaud), amant d’Arkadina (Aurore Paris), la mère de Constant-et amant prochain de Nina qu’aime d’un amour sans retour le jeune homme : «Jour et nuit, je suis poursuivi par la même idée obsédante, je dois écrire, je dois écrire, je le dois…»
Mais Anton Tchekhov fait résonner en même temps la parole de Constant, le fils d’Arkadina, actrice capricieuse et choyée qui ne rêve que de théâtre en vogue. Dans la pièce, le jeune poète amoureux de Nina ne s’intéresse pas tant à la forme mais plutôt à l’existence de l’âme.

 Le dramaturge Anton Tchekhov/Constant s’insurge contre l’idée d’un héroïsme, producteur d’effets scéniques : «Pourtant, dans la vie, ce n’est pas à tout bout de champ qu’on se tire une balle, qu’on se pend, qu’on déclare sa flamme, et ce n’est pas à jet continu qu’on énonce des pensées profondes. Non ! Le plus souvent, on mange, on boit, on flirte, on dit des sottises. C’est ça qu’on doit voir sur la scène… »

Il faut laisser la vie telle qu’elle est, et les gens tels qu’ils sont, vrais et non exagérés, des êtres éclairés qui éprouvent plus ou moins toutes les sensations et émotions. Thibault Perrenoud prend au pied de la lettre la banalité quotidienne de la vie, une dimension privilégiée qu’il déploie à l’excès, faisant de cette Mouette, un spectacle flirtant avec le café-théâtre et les clins d’œil au public. Sur une scène quadri-frontale et de plain-pied, comme pour être dans le vif du sujet, et les comédiens agiles de Kobal’t surgissent des quatre coins.

 Scènes d’été en maillot de bain et lunettes de soleil ; plancha pour l’instituteur qui fait griller poivrons et autres petits légumes ; bouteille de rosé pour Macha (Caroline Gonin), l’amoureuse éconduite du poète ; bottes de pêche pour l’écrivain (Marc Arnaud), tandis que le médecin Dorn (Eric Jakobiak) joue les sages et le vieux Sorine (Pierre-Stefan Montagnier), les fieffés impénitents. Tout ce petit monde se laisse un peu vivre, à fleur de peau, toujours sur le qui-vive, et au présent : l’une retient dans les cris d’une scène pathétique son amant volage, l’autre regrette bruyamment sa jeunesse perdue qu’il aurait voulu vivre à plein régime, et le troisième pleure à chaudes larmes, avant de se donner la mort…

Que de nervosité, comme il est dit dans La Mouette, mais ici l’électricité devrait laisser passer un peu plus ce courant poétique qui fait entendre «ce qui coule de l’âme».

Véronique Hotte

Théâtre de la Bastille, rue de la Roquette, Paris XIème, jusqu’au 11 mars, et du 13 au 25 mars puis du 27 mars au 1er avril. T : 01 43 57 42 14.

 

 

 

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