Sylvia Plath et Ted Hughes

 

Sylvia Plath et Ted Hughes

738_12592779424_1bfa889e8f_o La Maison de la poésie rassemblait, ce soir-là, les traducteurs Sylvie Doizelet et Jacques Darras, mais aussi Dorothée Zumstein, auteure d’une pièce consacrée au célèbre couple Sylvia Plath et Ted Hughes, accompagnée de son équipe de création, la metteuse en scène Marie-Christine Mazzola et les comédiens Thibault de Montalembert et Sarah-Jane Sauvegrain qui nous firent, alternativement, entendre quelques merveilleux textes dont Le Brochet de Ted Hughes et La Lune et le Cyprès, paru dans Ariel, dernier recueil de la poétesse à être publié de son vivant, La lune n’offre aucune issue, c’est un visage morne/ D’une blancheur d’os effroyable. (…)/ Trou béant de désespoir total. J’habite ici (…) /  Je suis tombée de trop haut. Des nuages fleurissent/ Mystiques et bleus, à la face des étoiles. »

Sylvie Doizelet citant Sylvia Plath :  » Dying is an art I do it exceptionally well »  (Mourir est un art  j’y excelle), nous a rappelé l’itinéraire de la jeune Américaine de Boston, abreuvée, par ses parents allemands, au romantisme germanique. Elle nous raconte le coup de foudre de Sylvia, en 1956, à Cambridge, pour l’auteur de The Hawk in the rain, poèmes à elle dédiés, qui lui valurent une immédiate célébrité.

Son épouse et admiratrice restait modestement dans son ombre tutélaire. Jusqu’au jour où il trahit sa confiance, avec Assia Wevill, une amie de leur couple, elle aussi écrivaine. Jamais poètes n’avaient atteint, au cours du XXe siècle pareille notoriété. Par leur talents croisés mais aussi par leur destin tragique qui défraya la chronique : son suicide à elle dans l’hiver 1963, puis celui d’Assilia six ans après, la nouvelle compagne de Ted qui entraîna leur fille dans la mort.  Point de départ de Never never never de Dorothée Zumstein qui sera prochainement mise en scène par Marie-Christine Mazzola*.

 Nous sommes en 1984. Ted Hughes va être nommé « Poète Lauréat », titre prestigieux au Royaume-Uni. Il reçoit ce soir-là, tour à tour, la visite de son épouse et celle de sa maîtresse. Le vivant (Ted) est balloté, en une série de  retours en arrière, par l’irruption alternative des défuntes, d’un lieu et d’une époque à l’autre… L’auteure s’inspire des vies de Ted Hughes, Sylvia Plath et Assia Wevill, mais sans emprunter de citations de leurs œuvres respectives. Ces deux femmes hantent cet homme rongé par la culpabilité qui ne cessera, sa longue vie durant, d’adresser à Sylvia des Lettres d’anniversaire. Pour conclure la soirée, les comédiens nous donnèrent une aperçu de cette pièce labyrinthique.

 Comme souvent, la Maison de la poésie conjugue littérature et théâtre pour faire vivre les textes et nous inciter à aller plus loin.

 Mireille Davidovici

 Rencontre à la Maison de la poésie, passage Molière Paris 75003, le 27 février.

 *Never never never à Gare au Théâtre à Vitry-sur-Seine du 11 au 15 avril. 

 Poèmes de Ted Hughes , 1957-1994, traduits par Jacques Darras et Valérie Rouzeau, et l’œuvre de Sylvia Plath sont édités chez Gallimard.

Never never never, est publié aux éditions Quartett.

 

 

 


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